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 Angélus: la compassion de Dieu partage les douleurs de l’humanité

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14022021
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Dimanche 14 février 2021

Angélus: la compassion de Dieu partage les douleurs de l’humanité


Pour ce dernier angélus avant l’entrée en Carême le 17 février prochain, le Pape François a livré dimanche une méditation sur la compassion, la proximité et la tendresse avec les malades, les souffrants de tout maux, rappelant combien Dieu se laisse, lui, «contaminer» par ces douleurs afin de mieux les guérir.

Le Pape François a d’abord médité sur l'Évangile du jour (Mc 1, 40-45) présentant la rencontre de Jésus avec un homme malade de la lèpre. «Les lépreux étaient considérés comme impurs et, selon les prescriptions de la Loi, ils devaient rester en dehors de la ville», rappelle le Saint-Père. Ainsi, ils étaient exclus de toute relation humaine, sociale et religieuse.

«Jésus, au contraire, s'est laissé approcher par cet homme, il a été ému, il a même tendu la main et l'a touché. Il a ainsi accompli la Bonne Nouvelle qu'il avait annoncée: Dieu s'est rapproché de nos vies, il a de la compassion pour le sort de l'humanité blessée et il vient briser toutes les barrières qui nous empêchent de vivre notre relation avec lui, avec les autres et avec nous-mêmes», a donc expliqué le Souverain pontife, invitant à bien se rappeler de cette parole de «la proximité». «Trois paroles qui indiquent le style de Dieu: proximité, compassion, tendresse.»

Le Successeur de Pierre a ensuite affirmé que nous pouvions voir, dans cet épisode, deux «transgressions» qui se rencontrent: le lépreux qui s'approche de Jésus et Jésus qui, poussé par la compassion, le touche avec tendresse pour le guérir.

Dieu partage la douleur

La première transgression est celle du lépreux: malgré les prescriptions de la Loi, il sort de l'isolement et vient à Jésus. «Sa maladie était considérée comme un châtiment divin, mais en Jésus, il pouvait voir un autre visage de Dieu: non pas le Dieu qui châtie, mais le Père de la compassion et de l'amour, qui nous libère du péché et ne nous exclut jamais de sa miséricorde», a fait remarquer l’évêque de Rome. Ainsi cet homme peut sortir de son isolement, car «en Jésus il trouve Dieu qui partage sa douleur». «L'attitude de Jésus l'attire, le pousse à sortir de lui-même et à Lui confier son histoire douloureuse.»

Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, a ensuite insisté le Pape, faisant applaudir par les fidèles présents sur la place tous ces prêtres confesseurs qui attirent les personnes découragées, «celles qui ne se sentent ‘’rien’’, ‘’mises par terre’’ à cause de leur péché», en leur offrant la tendresse, la compassion et l’écoute.  

La deuxième transgression est celle de Jésus: alors que la Loi interdisait de toucher les lépreux, Il s’émeut, tend sa main et le touche pour le guérir. «Il ne se limite pas aux paroles, mais il le touche», a ajouté le Pape, précisant: «Toucher avec amour signifie établir une relation, entrer en communion, s'impliquer dans la vie de l'autre au point de partager même ses blessures. Par ce geste, Jésus montre que Dieu n'est pas indifférent, qu'il ne se tient pas à ‘’distance de sécurité’’; au contraire, il s'approche avec compassion et touche nos vies pour les guérir.»

‘’Se contaminer’’ avec l’humanité blessée

Et le Souverain pontife d’interpeller les fidèles sur le nombre de personnes souffrant aujourd’hui de la lèpre, d’autres maladies et conditions «auxquelles sont malheureusement associés des préjugés sociaux».

«Mais il peut arriver à chacun de nous de vivre des blessures, des échecs, des souffrances, des égoïsmes qui nous ferment à Dieu et aux autres. Car le péché nous renferme en nous-mêmes, par honte, humiliation, mais Dieu lui veut nous ouvrir le cœur. Face à tout cela, Jésus nous annonce que Dieu n'est pas une idée ou une doctrine abstraite, mais celui qui se ‘’contamine’’ avec notre humanité blessée et n'a pas peur d'entrer en contact avec nos blessures», a poursuivi le Pape.

Vivre ‘’les transgressions’’ de l’Évangile

Le Saint-Père a enfin pointé du doigt la tentation de dissimuler la douleur «pour respecter les règles de bonne réputation et les coutumes sociales», cette manière de «souvent faire taire notre douleur» ou de porter «des masques pour la dissimuler». «Afin de concilier les calculs de notre égoïsme ou les lois intérieures de nos peurs, nous ne nous impliquons pas trop dans les souffrances des autres», a regretté le Successeur de Pierre.

Et le Pape de conclure sa catéchèse invitant à demander plutôt au Seigneur «la grâce de vivre ces deux ‘’transgressions’’ de l'Évangile».

«Celle du lépreux, pour que nous ayons le courage de sortir de notre isolement et, au lieu de rester là à nous apitoyer sur notre sort ou à pleurer sur nos échecs, allons vers Jésus tel que nous sommes. Et puis la transgression de Jésus: un amour qui nous fait dépasser les conventions, qui nous fait dépasser les préjugés et la peur de nous mêler à la vie de l'autre».  
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Méditation du pape François :

Chers frères et soeurs, bonjour !

La Place est belle avec le soleil ! Elle est belle !

L’Evangile d’aujourd’hui (cf. Mc 1,40-45) nous présente la rencontre entre Jésus et un homme malade de lèpre. Les lépreux étaient considérés impurs, et selon les prescriptions de la Loi, ils devaient rester hors du centre habité. Ils étaient exclus de toute relation humaine, sociale et religieuse : par exemple, ils ne pouvaient pas entrer dans une synagogue, il ne pouvaient pas entrer dans le temple, même religieusement. Jésus, en revanche, se laisse approcher par cet homme, il s’émeut, il étend même sa main et le touche. C’est impensable en ce temps-là. Ainsi, Il réalise la Bonne Nouvelle qu’il annonce : Dieu s’est fait proche de notre vie, il a de la compassion pour le sort de l’humanité blessée et il vient abattre toute barrière qui nous empêche de vivre la relation avec Lui, avec les autres et avec nous-mêmes. Il s’est fait proche… Proximité. Souvenez-vous bien de ce mot, proximité. Compassion : l’Evangile dit qu’en voyant le lépreux, Jésus fut pris de compassion. Et de tendresse. Trois mots qui indiquent le style de Dieu : proximité, compassion, tendresse. Dans cet épisode nous pouvons voir deux “transgressions” qui se rencontrent : la transgression du lépreux qui s’approche de Jésus – il n’avait pas le droit de le faire – et Jésus qui, mû par la compassion, le touche pour le guérir – lui non plus ne pouvait pas le faire. Tous les deux sont des transgresseurs. Ce sont deux transgresseurs.

La première transgression est celle du lépreux : malgré les prescriptions de la Loi, il sort de son isolement et il vient à Jésus. Sa maladie était considérée comme un châtiment divin, mais, en Jésus, Il peut voir un autre visage de Dieu : non pas le Dieu qui punit, mais le Père de la compassion et de l’amour, qui nous libère du péché et jamais ne nous exclut de sa miséricorde. Ainsi cet homme peut sortir de l’isolement, parce qu’en Jésus il trouve Dieu qui partage sa souffrance. L’attitude de Jésus l’attire, le pousse à sortir de lui-même et à Lui confier son histoire douloureuse.

Et permettez-moi ici une pensée pour les nombreux et bons prêtres confesseurs qui ont cette attitude : d’attirer les gens, tant de personnes qui se sentent nulles, qui se sentent “par terre” à cause de leurs péchés… Mais avec tendresse, avec compassion… ces bons confesseurs n’ont pas de fouet à la main, mais ils sont là seulement pour recevoir, écouter, et dire que Dieu est bon et que Dieu pardonne toujours, que Dieu ne se lasse pas de pardonner. Je demande à vous tous aujourd’hui, ici sur la Place, d’applaudir ces confesseurs miséricordieux. [applaudissements]

La deuxième transgression est celle de Jésus : tandis que la Loi interdisait de toucher les lépreux, Il s’émeut, il tend la main et il le touche pour le guérir. On pourrait dire : il a péché, il a fait ce que la loi interdit, c’est un transgresseur. Il ne se limite pas aux paroles, mais il le touche. Toucher avec amour signifie établir une relation, entrer en communion, s’impliquer dans la vie de l’autre jusqu’à en partager aussi les blessures. Par ce geste, Jésus montre que Dieu n’est pas indifférent, il ne se tient pas à “distance de sécurité”; au contraire, il s’approche avec compassion et il touche notre vie pour la guérir avec tendresse. C’est le style de Dieu : proximité, compassion et tendresse. La transgression de Dieu ; c’est un grand transgresseur en ce sens.

Frères et soeurs, encore aujourd’hui dans le monde, un grand nombre de nos frères souffrent de cette maladie, du mal de Hansen, ou d’autres maladies et conditions auxquelles on associe hélas un préjugé social. “C’est un pécheur !”. Pensez à ce moment [cf. Lc 7,36-50] quand cette femme est entrée au banquet et a versé du parfum sur les pieds de Jésus. Les autres disaient : “Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse”. Le mépris. Au contraire Jésus accueille, et même il remercie : “Tes péchés sont pardonnés”. La tendresse de Jésus. Et le préjugé social éloigne les gens avec ces mots : “C’est un impur, c’est un pécheur, c’est un imposteur…”. Oui, parfois c’est vrai, mais il ne faut pas préjuger. Il peut arriver à chacun de nous d’expérimenter des blessures, des échecs, des souffrances, des égoïsmes qui nous ferment à Dieu et aux autres, parce que le péché nous enferme en nous-mêmes, par honte, par humiliation, mais Dieu veut ouvrir notre coeur. Face à tout cela, Jésus nous annonce que Dieu n’est pas une idée ou une doctrine abstraite, mais Celui qui se “contamine” de notre humanité blessée et qui n’a pas peur d’être au contact de nos plaies. “Mais, père, que dites-vous ? Que Dieu se contamine ?”. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est saint Paul : il s’est fait péché (cf. 2 Cor 5,21). Lui qui n’est pas pécheur, qui ne peut pas pécher, s’est fait péché. Regardez comment Dieu s’est contaminé pour s’approcher de nous, pour avoir compassion et pour faire comprendre sa tendresse. Proximité, compassion et tendresse.

Pour respecter les règles de la bonne réputation et des habitudes sociales, nous faisons souvent taire notre douleur ou bien nous revêtons des masques qui la camouflent. Pour faire concorder les calculs de nos égoïsmes ou les lois intérieures de nos peurs, nous ne nous impliquons pas trop dans les souffrances des autres. Demandons au contraire au Seigneur la grâce de vivre ces deux “transgressions” de l’Evangile d’aujourd’hui. Celle du lépreux, pour que nous ayons le courage de sortir de notre isolement et, au lieu de rester là à nous plaindre ou à pleurer nos échecs – les plaintes – que nous allions à Jésus comme nous sommes : “Seigneur, je suis comme cela”. Nous sentirons cette étreinte, cette si belle étreinte de Jésus. Et puis la transgression de Jésus : un amour qui fait aller au-delà des conventions, qui fait dépasser les préjugés et la peur de nous mêler de la vie de l’autre. Apprenons à être “transgresseurs” comme ces deux-là : comme le lépreux et comme Jésus.

Que la Vierge Marie, que nous invoquons à présent dans la prière de l’angélus, nous accompagne sur ce chemin.

Paroles du pape François après l’angélus :

Je regarde toujours avec gratitude l’engagement de ceux qui collaborent en faveur des migrants. Je les remercie tous pour ce qu’ils font pour les migrants. Aujourd’hui en particulier, je m’associe aux évêques de la Colombie pour exprimer ma reconnaissance aux autorités colombiennes pour la mise en oeuvre du Statut de Protection temporaire pour les migrants vénézuéliens présents dans le pays, en favorisant leur accueil, leur protection et leur intégration. Ce n’est pas un pays très riche, surdéveloppé, qui le fait, non, c’est un pays avec de nombreux problèmes, de développement, de pauvreté, de paix, presque 70 ans de guérilla… Mais avec ce problème il a eu le courage de regarder ces migrants et de faire ce Statut. Merci à la Colombie. Merci !

Aujourd’hui, fête des saints Cyrille et Méthode, évangélisateurs des peuples slaves, proclamés co-patrons de l’Europe par saint Jean-Paul II, je salue avec affection toutes les communautés qui vivent dans les territoires évangélisés par les saints Frères. Que leur intercession aide à trouver de nouvelles voies pour communiquer l’Evangile. Ils n’ont pas eu peur, ces deux-là, de trouver de nouvelles voies pour communiquer l’Evangile. Et que leur intercession fasse grandir dans les Eglises chrétiennes le désir de marcher vers la pleine unité dans le respect des différences.

Et on ne peut pas oublier aujourd’hui, le jour de la saint Valentin, d’adresser une pensée et un voeu aux fiancés, aux amoureux : je les accompagne de ma prière et je les bénis.

Et à présent je salue les fidèles de Rome et les pèlerins. Je vois qu’il y a des Français, des Mexicains, des Espagnols, des Polonais… Bienvenue à tous ! Salutations !

Mercredi prochain nous commencerons le Carême. Ce sera un temps favorable pour donner un sentiment de foi et d’espérance à la crise que nous sommes en train de vivre.

Et je ne veux pas oublier les trois mots qui font comprendre le style de Dieu. N’oubliez pas : proximité, compassion, tendresse. Redisons-le ensemble ? Proximité, compassion, tendresse.

Je souhaite à tous un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au-revoir. Merci !
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Source : https://fr.zenit.org/
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