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 « L’économie ne doit pas pénaliser » la prise en charge

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11092020
Message« L’économie ne doit pas pénaliser » la prise en charge

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Le pape François a reçu en audience les participants au Congrès international d’oncologie gynécologique ce vendredi 11 septembre 2020, dans la Salle Paul VI. Ce congrès annuel, organisé par l’International Gynecologic Cancer Society (IGCS) se tient du 10 au 13 septembre 2020, en partie en streaming. Le pape a salué l’engagement de l’association à « créer des liens de solidarité entre les patients atteints de maladies graves, en impliquant les proches et les professionnels de la santé ».

Discours du pape François :

Mesdames et Messieurs, bonjour !

Je vous souhaite la bienvenue et vous remercie pour cette visite à l’occasion de la réunion annuelle de la Société internationale d’oncologie gynécologique. Cela me donne l’occasion de connaître et d’apprécier l’engagement de votre association en faveur des femmes confrontées à des maladies aussi difficiles et complexes. Je remercie pour son accueil votre président, le professeur Roberto Angioli, qui a lancé cette initiative.

Je suis heureux d’accueillir les représentants de diverses associations, notamment d’anciens patients, qui encouragent le partage et le soutien mutuel. Dans votre précieux service, vous êtes bien conscients de l’importance de créer des liens de solidarité parmi les patients atteints de maladies graves, en impliquant les proches et les professionnels de la santé dans une relation d’aide mutuelle. Cela devient encore plus précieux lorsque l’on est confronté à des maladies qui peuvent gravement compromettre, ou altérer, la fertilité et la maternité. Dans ces situations, qui ont un impact profond sur la vie d’une femme, il est essentiel de prendre soin, avec beaucoup de sensibilité et de respect, de l’état – psychologique, relationnel, spirituel – de chaque patiente.

C’est pourquoi je ne peux qu’encourager votre engagement à considérer ces dimensions des soins intégraux, même dans les cas où le traitement est essentiellement palliatif. Dans cette perspective, il devient très utile d’impliquer des personnes capables de partager le chemin de guérison, en apportant une contribution de confiance, d’espoir et d’amour. Nous savons tous – et il a également été démontré – que vivre de bonnes relations aide et soutient les malades tout au long du parcours de soins, en ravivant ou en augmentant l’espoir en eux. C’est précisément la proximité de l’amour qui ouvre les portes à l’espérance, et aussi à la guérison.

La personne malade est toujours beaucoup plus que le protocole, nécessaire, à l’intérieur duquel elle s’inscrit. Beaucoup plus ! La preuve en est que, lorsque la personne malade voit sa singularité reconnue – votre expérience peut le confirmer – sa confiance dans l’équipe médicale et dans un horizon positif augmente encore.

Mon souhait, et je ne doute pas que ce soit aussi le vôtre, est que tout cela ne reste pas seulement l’expression d’un idéal, mais trouve de plus en plus de place et de reconnaissance au sein des systèmes de soins de santé. Il est souvent dit à juste titre que la relation, la rencontre avec le personnel de santé, fait partie des soins. Quel grand avantage pour les malades d’avoir la possibilité d’ouvrir leur cœur librement et de confier leur condition et à leur situation ! C’est aussi l’occasion de pleurer avec confiance. Cela ouvre des horizons et aide à la guérison. Ou du moins, à bien supporter la maladie en phase terminale.

Mais concrètement, comment développer ce grand besoin au sein de l’organisation hospitalière, fortement conditionnée par les exigences fonctionnelles ? Permettez-moi d’exprimer ma tristesse et mon inquiétude face au risque assez répandu de laisser la dimension humaine des soins donnés aux personnes malades à la « bonne volonté » du médecin individuel, au lieu de la considérer – telle quelle est – comme faisant partie intégrante de l’activité de soins offerte par les structures de santé.

L’économie ne doit pas entrer dans le monde des soins de santé avec une telle force qu’elle pénalise des aspects essentiels comme la relation avec les malades. En ce sens, il faut saluer les différentes associations à but non lucratif qui placent les patientes au centre, en soutenant leurs besoins et leurs questions légitimes et en donnant également la parole à celles qui, en raison de la fragilité de leur condition personnelle, économique et sociale, ne peuvent se faire entendre.

Bien sûr, la recherche nécessite un engagement économique fort, c’est vrai. Je pense toutefois qu’un équilibre peut être trouvé entre les différents facteurs. Cependant, la première place doit être accordée aux personnes, en l’occurrence les femmes malades, mais également – ne l’oublions pas – au personnel qui travaille quotidiennement en étroite collaboration avec elles, afin qu’il puisse travailler dans des conditions appropriées, et qu’il puisse également avoir le temps de se reposer pour reprendre des forces afin de pouvoir aller de l’avant.

Je vous encourage à diffuser les précieux résultats de vos études et de vos recherches dans le monde entier, au profit des femmes dont vous vous occupez. Malgré leurs difficultés, elles nous rappellent des aspects de la vie que nous oublions parfois, comme la précarité de notre existence, le besoin de l’autre, l’absurdité d’une vie centrée uniquement sur soi, la réalité de la mort comme faisant partie de la vie elle-même. L’état de maladie rappelle cette attitude décisive pour l’être humain qui est de se confier : se confier à l’autre frère ou sœur et à l’Autre, avec une majuscule, qui est notre Père céleste. Il nous rappelle également la valeur de la proximité, l’importance de se faire proche, comme nous l’enseigne Jésus dans la parabole du bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37). Combien, combien peut guérir une caresse donnée au bon moment ! Vous le savez mieux que moi.

Chers amis, je vous souhaite tout le succès possible dans votre travail. Sur vous et sur vos familles, sur vos associés et sur les personnes dont vous vous occupez, j’invoque la bénédiction de Dieu. Je vous bénis tous. Chacun d’entre vous, avec sa propre foi, sa propre tradition religieuse. Mais Dieu est l’Unique pour tous. Je vous bénis tous. J’invoque la bénédiction de Dieu, source d’espérance, de force et de paix intérieure. Je vous assure de ma prière et – on dit que les prêtres le demandent toujours ! – Je termine en vous demandant de prier pour moi, car j’en ai besoin. Je vous remercie.
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Source : https://fr.zenit.org
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