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 Meeting de Rimini : cultiver la « capacité de s’étonner »

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20082020
MessageMeeting de Rimini : cultiver la « capacité de s’étonner »

Meeting de Rimini : cultiver la « capacité de s’étonner »  Audience2

Lundi 17 Aout 2020

Meeting de Rimini : cultiver la « capacité de s’étonner »

Le pape François a adressé un Message daté du 5 août 2020 à l’évêque de Rimini, Mgr Francesco Lambiasi, à l’occasion du 41ème Meeting pour l’amitié entre les peuples, par l’intermédiaire du cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin. Le rassemblement, qui se tiendra du 18 au 23 août, est intitulé : « Sans émerveillement, nous restons sourds au sublime ».

Message du pape François :

Excellence,

Le Saint-Père désire à travers vous exprimer ses vœux pour la réussite de la XLI édition du Meeting pour l’amitié entre les peuples, qui se déroulera essentiellement selon le mode numérique. Le pape François assure les organisateurs et tous les participants de sa proximité et de sa prière.

Qui ne s’est pas découvert semblable aux autres en faisant l’expérience dramatique de la pandémie ? « Nous nous sommes rendu compte que nous nous trouvions sur le même bateau, tous fragiles et désorientés. La tempête démasque notre vulnérabilité et laisse découvertes les sécurités fausses et superflues avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et nos priorités. Elle nous montre que nous avons abandonné et laissé dormir ce qui nourrit, soutient et donne force à notre vie » (Pape François, Moment extraordinaire de prière, Parvis de la Basilique Saint-Pierre, 27 mars 2020).

Le titre de cette année : « Sans émerveillement, nous demeurons sourds au sublime » (A. J. Heschel, Dieu à la recherche de l’homme, Turin 1969, 274), offre une contribution précieuse et originale à un moment vertigineux de l’histoire. Dans la recherche des biens, plus que du bien, nombreux sont ceux qui avaient compté exclusivement sur leurs propres forces, sur leur capacité de produire et de gagner, renonçant à cette attitude qui, chez l’enfant, constitue l’étoffe du regard sur la réalité : l’étonnement. A ce propos, G. K. Chesterton écrivait : « Les écoles et les sages les plus hermétiques n’ont jamais eu la gravité qui émane dans les yeux d’un nouveau-né de trois mois. C’est la gravité de l’étonnement devant l’univers, et cet étonnement n’est pas du mysticisme, mais un bon sens transcendant » (Le défenseur)

Vient à l’esprit l’invitation de Jésus à devenir comme des enfants (cf. Mt 18,3), mais également l’émerveillement devant l’être, qui constitua le principe de la philosophie dans la Grèce antique. C’est cet étonnement qui met et remet en mouvement la vie, lui permettant de repartir quelles que soient les circonstances : « C’est l’attitude à avoir, parce que la vie est un don qui nous offre la possibilité de toujours recommencer », a dit le pape François, insistant ensuite sur la nécessité de retrouver l’étonnement pour vivre : « sans étonnement, la vie devient grise, routinière ; il en va de même de la foi. Et l’Eglise aussi a besoin de s’étonner à nouveau d’être la demeure du Dieu vivant, l’Epouse du Seigneur, la Mère qui engendre des fils » (Homélie, 1er janvier 2019).

Ces derniers mois, nous avons fait l’expérience de cette dimension de l’étonnement qui revêt la forme de la compassion en présence de la souffrance, de la fragilité et de la précarité de l’existence. Ce noble sentiment humain a poussé médecins et infirmiers à affronter le grave défi du Coronavirus avec un dévouement extrême et un admirable engagement. Le même sentiment plein d’affection pour leurs étudiants a permis à de nombreux enseignants d’accueillir la fatigue de la didactique à distance pour assurer la conclusion de l’année scolaire. Il a également permis à beaucoup de retrouver dans les visages et dans la présence de leurs proches la force d’affronter les désagréments et la fatigue.

En ce sens, le thème du prochain Meeting constitue un puissant rappel à plonger dans les profondeurs du cœur humain avec la corde de l’étonnement. Comment ne pas éprouver un sentiment originel d’émerveillement devant le spectacle d’un paysage de montagne, ou en écoutant des musiques qui font vibrer l’âme, ou simplement devant l’existence de ceux qui nous aiment et devant le don de la création ? L’étonnement est vraiment la route pour saisir les signes du sublime, c’est-à-dire de ce mystère qui constitue la racine et le fondement de toutes choses. En effet, « ce n’est pas seulement le cœur de l’homme qui se présente comme un signe, mais c’est aussi la réalité tout entière. Pour s’interroger devant les signes, il faut une capacité extrêmement humaine, la première que nous ayons en tant qu’hommes et femmes : l’étonnement, la capacité de s’étonner, comme l’appelle Giussani. Seul l’étonnement connaît » (J. M. Bergoglio, dans A. Savorana, Vita di don Giussani, Milan 2014, 1034). C’est pourquoi J. L. Borges a pu dire : « Toutes les émotions passent, seul l’étonnement demeure » (Le désert et le labyrinthe).

Si ce regard n’est pas cultivé, on devient aveugle devant l’existence : replié sur soi, on reste attiré par l’éphémère et l’on cesse d’interroger la réalité. Même dans le désert de la pandémie, des questions souvent assoupies ont ré-émergé : quel est le sens de la vie, de la souffrance, de la mort ? « L’homme ne peut se contenter de réponses réduites ou partielles, s’obligeant à censurer ou à oublier certains aspects de la réalité. Il possède en lui-même une soif d’infini, une tristesse infinie, une nostalgie qui ne s’apaise qu’avec une réponse également infinie. La vie serait un désir absurde si cette réponse n’existait pas ». (J. M. Bergoglio, dans Vita di don Giussani, cit., 1034).

Différentes personnes se sont lancées à la recherche de réponses ou même seulement de questions sur le sens de la vie, auxquelles tous aspirent même sans en être conscient. C’est ainsi que s’est produit quelque chose d’apparemment paradoxal : au lieu d’éteindre en eux leur soif la plus profonde, le confinement a réveillé chez certains la capacité de s’émerveiller devant des personnes ou des faits auparavant considérés comme acquis. Une circonstance aussi dramatique a rendu, au moins un peu, une façon plus authentique d’apprécier l’existence, sans cet ensemble de distractions et de préconçus qui polluent le regard, brouillent les choses, vident l’étonnement et empêchent de se demander qui nous sommes.

Au cœur de l’état d’urgence sanitaire, le pape a reçu une lettre signée par différents artistes qui le remerciaient d’avoir prié pour eux au cours d’une messe à Sainte-Marthe. Il avait dit à cette occasion : « Les artistes nous font comprendre ce qu’est la beauté et, sans le beau, on ne peut comprendre l’Evangile » (Méditation du matin, 7 mai 2020). Le théologien Hans Urs von Balthasar, entre autres, a montré combien est déterminante l’expérience de la beauté pour atteindre la vérité : « Dans un monde sans beauté, même le bien a perdu sa force d’attraction, l’évidence qu’il doit être accompli ; et l’homme reste perplexe devant lui et il se demande pourquoi il ne doit pas plutôt préférer le mal. Celui-ci en effet constitue une possibilité, qui est même bien plus excitante. Dans un monde qui ne se croit plus capable d’affirmer ce qui est beau, les arguments en faveur de la vérité ont épuisé leur force de conclusion logique : le processus qui mène à la conclusion est un mécanisme qui n’accroche plus personne et la conclusion même ne conclut plus » (Gloria I, Milan 2005, 11).

C’est pourquoi le thème qui caractérise le Meeting lance un défi déterminant aux chrétiens, appelés à témoigner de l’attraction profonde qu’exerce la foi en vertu de sa beauté : « l’attraction Jésus », selon une expression chère au serviteur de Dieu, Luigi Giussani. Le Saint-Père a écrit, à propos de l’éducation à la foi, dans ce qui est en général considéré comme le programme de son pontificat : « toutes les expressions d’authentique beauté peuvent être reconnues comme un sentier qui aide à rencontrer le Seigneur Jésus […] Si, comme affirme saint Augustin, nous n’aimons que ce qui est beau, le Fils fait homme, révélation de la beauté infinie, est extrêmement aimable, et il nous attire à lui par des liens d’amour. Il est donc nécessaire que la formation à la via pulchritudinis soit insérée dans la transmission de la foi » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, 167).

Le pape vous invite donc à continuer de collaborer avec lui en témoignant de l’expérience de la beauté de Dieu, qui s’est fait chair pour que nos yeux s’étonnent en voyant son visage et que notre regard trouve en lui l’émerveillement devant la vie. C’est ce qu’a dit un jour saint Jean-Paul II, dont nous avons récemment rappelé le centenaire de la naissance : « Cela vaut la peine d’être un homme parce que Toi, Jésus, tu as été un homme » (Homélie, 15 avril 1984). Cette stupéfiante découverte n’est-elle pas la contribution la plus grande que les chrétiens puissent offrir pour soutenir l’espérance des hommes ? C’est une tâche à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire, surtout en ce tournant étroit de l’histoire. C’est l’appel à être transparents à la beauté qui a changé notre vie, témoins concrets de l’amour qui sauve, surtout dans le regard de ceux qui souffrent davantage maintenant.

C’est avec ces sentiments que le Saint-Père envoie de tout cœur la bénédiction apostolique à Votre Excellence et à la communauté tout entière du Meeting, demandant que l’on continue de se souvenir de lui dans la prière. Je vous adresse mes salutations cordiales et l’assurance de mes sentiments dévoués.
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