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 Le pape encourage des séminaristes à « écouter le cri de l’humanité »

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Date d'inscription : 17/03/2013

24112018
MessageLe pape encourage des séminaristes à « écouter le cri de l’humanité »




Le pape François a encouragé les séminaristes du diocèse d’Agrigente, à « être des personnes capables d’écouter les autres », car « comme Jésus, l’Eglise est envoyée dans le monde pour écouter le cri de l’humanité ». Lors d’une audience au Vatican ce 24 novembre 2018, il a mis en garde contre les démarches individuelles, plus que fraternelles.

Discours du pape François (Texte prévu initialement) :

Chers frères,

Je vous souhaite la bienvenue et je vous remercie pour votre visite. Je remercie en particulier votre Recteur, pour ses paroles d’introduction.

Dans le bref temps de notre rencontre, je voudrais vous donner quelques points de réflexion personnelle et communautaire, et je les prends dans le récent Synode des jeunes.

Avant tout, l’icône biblique : l’Evangile des disciples d’Emmaüs. Je voudrais vous remettre cette icône, parce qu’elle a guidé tout le travail du dernier Synode et peut continuer à inspirer votre chemin. Et chemin est le mot-clef : Jésus Ressuscité nous rencontre sur le chemin, qui est en même temps la route, c’est-à-dire la réalité dans laquelle chacun de nous est appelé à vivre, et c’est le parcours intérieur, le chemin de foi et d’espérance, qui connaît des moments de lumière et des moments d’obscurité. Ici, sur le chemin, le Seigneur nous rencontre, nous écoute et nous parle.

D’abord il nous écoute. C’est le deuxième mot-clef : écouter. Notre Dieu est Parole, et en même temps il est silence qui écoute. Jésus est la Parole qui s’est faite écoute, accueil de notre condition humaine. Quand il apparaît au côté des deux disciples, il marche avec eux en les écoutant, et en les encourageant à sortir ce qu’ils ont en eux, leur espérance et leur déception. Cela, dans votre vie de séminaire, veut dire qu’à la première place, il y a le dialogue avec le Seigneur, fait d’écoute réciproque : Il m’écoute et je L’écoute. Aucune dissimulation. Aucun masque.

Cette écoute du cœur dans la prière nous éduque à être des personnes capables d’écouter les autres, à devenir si Dieu le veut, des prêtres qui offrent le service de l’écoute – et comme il y en a besoin ! – et nous éduque à être toujours plus Eglise à l’écoute, communauté qui sait écouter. Vous le vivez à présent spécialement au contact des jeunes, en les rencontrant, en les écoutant, en les invitant à s’exprimer… mais cela vaut pour toute la vie pastorale: comme Jésus, l’Eglise est envoyée dans le monde pour écouter le cri de l’humanité, qui souvent est un cri silencieux, parfois réprimé, étouffé.

Chemin ; écoute ; le troisième mot est discernement. Le séminaire est lieu et temps de discernement. Et cela exige accompagnement, comme le fait Jésus avec les deux disciples et avec tous les disciples, en particulier les Douze. Il les accompagne avec patience et avec sagesse, il les éduque à le suivre dans la vérité, en démasquant les fausses attentes qu’ils portent dans le cœur. Avec respect et avec décision, comme un bon ami et également comme un bon médecin, qui parfois doit utiliser le bistouri. Tant de problèmes qui se manifestent dans la vie d’un prêtre sont dus à un manque de discernement dans les années du séminaire. Pas tous et pas toujours, mais beaucoup. C’est normal, la même chose vaut pour le mariage : certaines choses qui ne sont pas affrontées avant peuvent devenir des problèmes ensuite. Jésus ne feint pas avec les deux d’Emmaüs, il n’est pas évasif, il ne contourne pas le problème : il les appelle « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire » (Lc 24,25), parce qu’ils ne croient pas aux prophètes. Et il leur ouvre l’esprit aux Écritures, et ensuite, à table, il leur ouvre les yeux à sa Présence nouvelle, dans le Signe du pain rompu.

Le mystère de la vocation et du discernement est un chef d’oeuvre de l’Esprit Saint qui demande la collaboration du jeune appelé et de l’adulte qui l’accompagne.

Le quatrième mot, nous le savons, est mission ; et le Synode des jeunes a beaucoup valorisé la dimension synodale de la mission : aller ensemble à la rencontre des autres. Les deux d’Emmaüs retournent ensemble à Jérusalem et surtout s’unissent à la communauté apostolique qui, par la puissance de l’Esprit, devient toute missionnaire. Cette mention est importante, parce que  la tentation d’être de courageux missionnaires individuels est toujours en embuscade. Déjà comme séminaristes, l’on peut tomber dans cette tentation : se sentir courageux parce que l’on est brillant pour prêcher, ou pour organiser des événements, ou dans les belles cérémonies, etc. Trop souvent, notre démarche a été individuelle, plus que collégiale, fraternelle. Et ainsi le prêtre et la pastorale diocésaine présentent peut-être des individualités splendides mais peu de témoignage de communion, de collégialité. Grâce à Dieu l’on grandit en cela, contraint par la pénurie de clergé, mais la communion ne se fait pas par contrainte, il faut y croire et être dociles à l’Esprit.

Chers frères, voici les points que je vous laisse, tous contenus dans l’icône évangélique des disciples d’Emmaüs : marcher ; écouter ; discerner ; avancer ensemble. Je demande au Seigneur et à la Vierge Marie de vous accompagner, je vous bénis et je prie pour vous. Et vous, s’il vous plaît, souvenez-vous de prier pour moi.
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Source : https://fr.zenit.org/

Discours (Réel) du pape François :

Il y a un discours préparé, avec l’icône des disciples d’Emmaüs, que vous pourrez lire tranquillement chez vous et méditer en paix. Je le remets au recteur. Je me sentirai plus à l’aise de parler un peu spontanément.

Dans ce discours, le dernier mot était la “mission”. J’aime ce qu’a dit le recteur sur l’horizon de l’Albanie. Parce que la mission, c’est vrai, c’est l’Esprit Saint qui nous pousse à sortir, sortir, toujours sortir ; mais s’il n’y a pas l’horizon apostolique, il y a le danger de se tromper et de sortir non pas pour apporter un message, mais pour “se promener”, c’est à dire mal sortir. Au lieu de faire un chemin de force, de sortir de soi-même, on fait un labyrinthe, où l’on ne réussit jamais à trouver une route, ou à se tromper de route ! “Comment puis-je être sûr que ma sortie apostolique est celle que le Seigneur veut, celle que le Seigneur veut de moi, aussi bien durant la formation qu’après ?”. Il y a l’évêque ! L’évêque est celui qui dit au nom de Dieu : “C’est le chemin”. Tu peux aller voir l’évêque et dire: “Je sens ceci”, et il discernera si c’est cela ou non. Mais en définitive, celui qui donne la mission est l’évêque. Pourquoi dis-je cela ? On ne peut pas vivre le sacerdoce sans une mission. L’évêque ne donne pas seulement une charge : “Occupe-toi de cette paroisse”, comme le chef d’une banque donne des charges aux employés. Non, l’évêque donne une mission : “Sanctifie ces personnes, apporte le Christ à ces gens”. C’est un autre niveau. C’est pour cela que le dialogue avec l’évêque est important : je voulais en arriver là, au dialogue avec l’évêque.

L’évêque doit vous connaître comme vous êtes : chacun a sa propre personnalité, sa façon de sentir, sa façon de penser, ses qualités, ses défauts… L’évêque est père : c’est un père qui aide à grandir, c’est un père qui prépare pour la mission. Et plus l’évêque connaît le prêtre, moins il y aura des risques de se tromper dans la mission qu’il lui donnera. On ne peut pas être un bon prêtre sans un dialogue filial avec l’évêque. Ce n’est pas négociable, comme certains aiment le dire. “Non, je suis un employé de l’Eglise”. Tu te trompes. Ici il y a un évêque, il n’y a pas d’assemblée où l’on négocie sa place. Il y a un père qui fait l’unité : c’est ce que Jésus a voulu. Un père qui fait l’unité. C’est beau ce que Paul écrit à Tite, à Tite qu’il a laissé en Crète, pour “organiser” les choses. Et il donne les vertus du prêtre, de l’évêque et des laïcs, des diacres aussi. Mais il laisse l’évêque pour organiser : organiser dans l’Esprit, qui n’équivaut pas à organiser dans l’organigramme. L’Eglise n’est pas un organigramme. C’est vrai que parfois nous utilisons un organigramme pour être plus fonctionnels, mais l’Eglise va au-delà de l’organigramme, c’est autre chose : c’est la vie, la vie “organisée” dans l’Esprit-Saint.

Et qui a la place du père ? L’évêque. L’évêque n’est pas chef d’entreprise, non. Il n’est pas le patron. Ce n’est pas celui qui commande : “ici c’est moi qui commande”, certains obéissent, d’autres font semblant d’obéir et d’autres ne font rien. Non, l’évêque est le père, il est fécond, il est celui qui engendre la mission. Ce mot mission, que j’ai voulu prendre, est chargé, chargé de la volonté de Jésus, il est chargé de l’Esprit Saint. C’est pourquoi, j’insiste, apprenez dès le Séminaire à voir l’évêque comme le père qui a été mis là pour vous aider à grandir, à avancer et pour vous accompagner dans les moments de votre apostolat : dans les beaux moments, dans les mauvais moments, mais toujours vous accompagner ; dans les moments de succès, dans les moments de défaite que vous aurez toujours dans la vie, tous… c’est quelque chose de très, très important.

Autre chose : l’argile du potier. J’aime prendre Jérémie. Il dit : quand le vase n’est pas bon, le potier le refait. Si pendant que l’on fait le vase il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, il y a le temps de tout reprendre et de recommencer ; mais une fois cuit… S’il vous plaît, laissez-vous former. Ce ne sont pas des caprices, ce que demandent les formateurs. Si vous n’êtes pas d’accord, parlez-en. Mais soyez des hommes, pas des enfants, des hommes, courageux, et dites-le au recteur : “Je ne suis pas d’accord avec cela, je ne le comprends pas”. C’est important, de dire ce que tu sens. La personnalité peut ainsi être formée, pour être vraiment un vase plein de grâce. Mais si tu restes silencieux et que tu ne dialogues pas, si tu n’exprimes pas tes difficultés, si tu ne racontes pas tes anxiétés apostoliques et tout ce que tu veux, (si tu es) un homme silencieux, une fois “cuit”, on ne peut pas changer. Et toute la vie est ainsi. C’est vrai que parfois ce n’est pas agréable que le potier intervienne de façon catégorique, mais c’est pour votre bien. Laissez-vous former, laissez-vous former. Avant la cuisson, parce qu’ainsi vous serez courageux.

Et puis, deux autres choses. Quelle est la spiritualité du clergé diocésain ? Comme le disait ce prêtre aux religieux : “J’ai la spiritualité de la congrégation religieuse qu’a fondée saint Pierre”. La spiritualité du clergé diocésain, quelle est-elle ? C’est la diocésanité. La diocésanité a trois orientations, trois relations.
La première est la relation avec l’évêque, mais j’en a déjà suffisamment parlé. La première relation : on ne peut pas être un bon prêtre diocésain sans relation avec l’évêque. Deuxièmement : la relation entre les prêtres. Amitié entre vous. C’est vrai qu’on ne peut pas être amie de tous, parce que nous ne sommes pas identiques, mais de braves frères, oui, des frères qui s’apprécient. Et quel est le signe qu’il y a de la fraternité dans un presbytérium ? Quel en est le signe ? Quand il n’y a pas de médisance. La médisance est la peste du presbytérium. Si tu as quelque chose contre lui, dis-le lui en face. Dis-le lui d’homme à homme. Mais ne parlez pas mal dans le dos : ce n’est pas être un homme ! Je ne parle pas d’un homme spirituel, non, ce n’est pas être un homme, tout simplement. Quand il n’y a pas de médisance dans un presbytérium, quand cette porte est fermée, que se passe-t-il ? Eh bien, il y a un peu de bruit, dans les réunions on dit les choses en face, “je ne suis pas d’accord !”, on élève un peu la voix… Mais comme des frères ! Chez nous, nous nous disputions ainsi entre frères. Mais dans la vérité. Et puis, prenez soin de vos frères, aimez-vous. “Oui, Père, mais vous savez, celui-là m’est antipathique…”. Mais à moi aussi, beaucoup me sont antipathiques, et je suis antipathique à d’autres, c’est une chose naturelle de la vie; mais le niveau de notre consécration nous conduit à autre chose, à être harmonieux, en harmonie. C’est une grâce que vous devez demander à l’Esprit Saint. Il y a une phrase de saint Basile – que d’aucuns disent qu’elle n’est pas de saint Basile – dans le Traité sur l’Esprit Saint : “Ipse harmonia est”, Il est l’harmonie. L’Esprit-Saint semble un peu étrange, parce qu’avec les charismes – parce que vous êtes tous différents – il fait, disons-le, comme un désordre: tous différents. Mais ensuite il a le pouvoir de faire de ce désordre un ordre plus riche, avec tant de charismes différents qui n’annulent pas la personnalité de chacun. L’Esprit Saint est celui qui fait l’unité : l’unité entre les prêtres.

La relation avec l’évêque, la relation entre vous. Signe négatif : la médisance. Aucune médisance. Signal positif : se dire les choses clairement, discuter, même se mettre en colère, mais c’est sain, c’est être des hommes. La médisance vient des peureux.

La relation avec l’évêque, la relation entre vous et troisièmement : la relation avec le peuple de Dieu. Nous sommes appelés par le Seigneur pour servir le Seigneur dans le peuple de Dieu. D’abord, nous avons été tirés du peuple de Dieu ! Cela aide beaucoup ! La mémoire, celle d’Amos, quand il dit : “Tu es prophète…”. Moi ? Quel prophète ? J’ai été pris parmi le troupeau, j’étais pasteur… chacun de nous a été tiré du peuple de Dieu, il a été choisi et nous ne devons pas oublier d’où nous venons. Parce que si souvent, quand nous oublions cela, nous tombons dans le cléricalisme et nous oublions le peuple duquel nous sommes venus. S’il vous plaît, n’oubliez pas la maman, le papa, la grand-mère, le grand-père, le village, la pauvreté, les difficultés des familles : ne les oubliez pas ! Le Seigneur vous a pris là, parmi le peuple de Dieu. Parce qu’avec ça, avec cette mémoire, vous saurez comment parler au peuple de Dieu, comment servir le peuple de Dieu. Le prêtre qui vient du peuple et qui n’oublie pas qu’il est pris au sein du peuple, de la communauté chrétienne, au service du peuple. “Mais non, j’ai oublié, maintenant je me sens un peu supérieur à tout le monde…”. Le cléricalisme, très chers frères, est notre pire perversion. Le Seigneur vous veut pasteurs, pasteurs du peuple, pas clercs d’Etat.

C’est la spiritualité [du prêtre diocésain]: la relation avec l’évêque, la relation entre vous et le contact, la relation avec le peuple de Dieu dans la mémoire – d’où je viens – et dans le service – où je vais. Et comment fait-on pour faire grandir cela ? Par la vie spirituelle. Vous avez un père spirituel ; ouvrez votre cœur à votre père spirituel. Et il vous enseignera comment prier, la prière ; comment aimer la Vierge Marie… : n’oubliez pas cela, parce qu’elle est toujours proche de la vocation de chacun de vous. L’échange avec le père spirituel. Qui n’est pas un inspecteur de la conscience, mais quelqu’un qui, au nom de l’évêque, vous aide à grandir. La vie spirituelle. Merci de votre visite. J’ai oublié de vous apporter un livret que je voulais vous donner, mais je l’enverrai à votre évêque, pour chacun de vous. Et priez pour moi, je prierai pour vous. N’oubliez pas cela : la spiritualité du clergé diocésain. Courage !
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Source : https://fr.zenit.org/
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