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 Argentine : «Marchez pour vous rencontrer, vous écouter, réfléchir ensemble»

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Date d'inscription : 17/03/2013

31102018
MessageArgentine : «Marchez pour vous rencontrer, vous écouter, réfléchir ensemble»



Le pape François a adressé un message vidéo aux participants au synode de l’Église de Buenos Aires. L’enregistrement a été diffusé en Argentine dans l’après-midi du samedi 27 octobre 2018.

Message du pape François :

Chers frères et sœurs,

Le cardinal Poli m’a demandé si je pouvais enregistrer un message pour cette Journée synodale et je le fais avec plaisir. Je suis d’ici le Synode, à travers le bulletin diocésain que je comprends mieux, étant donné que maintenant il sort avec des images, des photos, et oui, vous travaillez beaucoup. Je sais en outre que le cardinal a déjà visité presque toutes les paroisses, pendant ce temps synodal ; il les avait déjà visitées auparavant, mais pour parler avec les communautés paroissiales. Autrement dit, on voit qu’il y a du mouvement.

Et c’est cela, le synode : bouger, marcher, marcher ensemble, se mettre d’accord. Et quand tu marches, on suppose que tu rencontres quelqu’un et que tu parles et que tu écoutes et que tu réfléchis. En somme, marcher pour qu’il y ait une rencontre, une écoute et une réflexion. Le plus difficile, savez-vous ce que c’est ? Le second : l’écoute. Parce que pendant que l’autre me parle, je pense déjà à ce que je dois lui dire. Non, écoute-le tranquillement ! Et puis, ce que tu sens, dis-le lui, mais d’abord écoute : « l’apostolat de l’oreille ». S’il vous plaît, n’oubliez pas cela, c’est très important.

Pendant ce chemin, l’Église doit être bénie, parce que marcher ensemble pour grandir ensemble, dans l’Église particulière, attire la bénédiction de Dieu. Et sur ce chemin, vous rencontrerez des choses très bonnes et des choses moins bonnes. Pour ne pas être négatif, je commence par celles qui ne sont pas bonnes et je laisse les bonnes pour la fin, comme le dessert. Je voudrais indiquer trois difficultés, trois choses desquelles vous devez vous garder sur ce chemin.

D’abord, le cléricalisme. Marcher en synodalité signifie que toute la communauté diocésaine, paroissiale et collégiale, par exemple, un collège, marche ensemble. Tous sont le peuple de Dieu. Parfois, on n’aime pas quand, dans une paroisse, la seule chose que font les fidèles est de voir ce que dit le curé, et le curé cesse d’être pasteur pour devenir le chef. Non, tout le monde. Je vous pose une question : par exemple, dans ta paroisse, y a-t-il un conseil pour les affaires économiques ? Dans ta paroisse, y a-t-il un conseil pastoral ? « Non, c’est le curé qui fait tout ». Et bien, là, vous êtes dans le pur cléricalisme. Alors, gardez-vous du cléricalisme qui est une perversion dans le corps de l’Église. C’est le peuple de Dieu tout entier, voilà l’Église, et tout le monde marche ensemble. Marcher pour trouver ce que veut Dieu, pour manifester la foi, pour se réjouir dans la foi. Alors, d’abord, le danger qui existe toujours dans l’Église est le cléricalisme. Défendez-vous !

Deuxièmement, la mondanité spirituelle. Vivre l’Évangile, mais avec des critères mondains. Non, l’Évangile se vit avec des critères évangéliques. Vivre de manière mondaine… Je ne sais pas, je dis des choses un peu « pour la galerie », mais qui ne viennent pas du cœur, avec les valeurs humaines que le Seigneur nous a données et avec les valeurs chrétiennes qu’il nous a révélées. Alors, gardez-vous de la mondanité. Vous voyez que ce n’est pas une expression qui vient de moi ; c’est ce que Jésus demande à son père pour les disciples : « Je ne te demande pas de les enlever du monde, mais de les préserver, de les garder pour qu’ils ne tombent pas dans l’esprit du monde ». Et l’esprit du monde pénètre en nous de partout, de partout ! Maintenant, ceci est à la mode, et tout le monde là, derrière cette mode ; maintenant c’est cette autre chose qui est à la mode, maintenant, c’est à la mode de penser ainsi… » Et, dans cette mondanité, gardez les yeux ouverts, ne buvez pas n’importe quoi.

Il y a une expression qui me parle beaucoup. Gardez-vous des « colonisations idéologiques ». « Coloniser » : nous avons été une colonie, toute l’Amérique latine a été une colonie, l’Afrique a été une colonie, l’Asie a été une colonie… Alors nous pensons que coloniser c’est quand les conquérants viennent, prennent le territoire et commandent, parce que c’est ce que nous avons vu dans l’histoire. Mais il y a aussi la colonisation de l’esprit, la « colonisation idéologique », quand d’ailleurs on t’impose des critères qui ne sont ni humains ni de ta patrie, et encore moins chrétiens : c’est de la mondanité. Vivre naïvement. Alors, deuxième danger : la mondanité.

Le troisième danger qui, pour moi, est celui qui affaiblit le plus les communautés ecclésiales, ce sont les ragots. Les ragots sont comme la rougeole, qui se diffuse toujours plus et on ne peut plus vivre sans critiquer l’autre. Gardez-vous des ragots ! Lisez ce que dit l’apôtre Jacques sur les ragots. Si souvent nous entendons dire : « Oh, cette dame est très bonne, elle va tous les dimanches à la messe, elle va à la messe tous les jours, mais c’est une commère ». Beau service que rend à l’Église une telle personne ! Il y a un remède pour ne pas être cancanier : mordez-vous la langue. Elle gonflera, mais vous guérirez. Et quand tu as envie de faire un commentaire, de critiquer quelqu’un, même pour insinuer simplement quelque chose, mords-toi la langue et demande à Jésus de t’enlever ce vice. Nous, habitants de Buenos Aires, nous sommes cancaniers, mais pas seulement nous, partout. Mais nous sommes cancaniers avec un certain brio.

Que sur ce chemin synodal, chacun fasse l’effort de ne jamais dire un mot, un commentaire qui diminue l’autre.

Les trois dangers que vous rencontrerez sur ce chemin – sur ce chemin fait de rencontre, d’écoute et de réflexion – sont : le cléricalisme, la mondanité et les ragots. Défendez-vous en. « C’est bon, Père. Et maintenant, quelles sont les certitudes ? » Les certitudes, tu ne peux pas les avoir avant le chemin ; il n’y a pas d’assurance sur la vie, il n’y a pas d’assurance sur le chemin pour cela. Chaque jour, tu dois te mettre devant Dieu et marcher. « Oui, mais, je fais cela avec quelle certitude, Père ? Tu as deux certitudes qui sont infaillibles : premièrement, les béatitudes. Mets-toi dans l’esprit des béatitudes. Quelles sont les béatitudes ? Je serais tenté de vous demander de les dire à voix haute. Ce serait une mauvaise pensée, mais je crois que pas même la moitié du stade les connaît par cœur. Les béatitudes… prends l’Évangile de Matthieu et lis-les. Et si tu les veux plus brèves, prends celui de Luc, où elles sont plus brèves ; mais l’esprit est le même, l’esprit des béatitudes. Ce que Jésus veut du disciple, de la disciple, c’est cela. Ce sont les choses belles et ce sont les certitudes. Avec elles, avec cette atmosphère, avec ce climat de béatitude, le synode n’échouera pas. Je vous l’assure. Les béatitudes.

Et l’autre certitude, c’est de lire le protocole sur la base duquel nous serons jugés. Et le protocole sur la base duquel Jésus s’exprimera sur ce synode, quand il sera terminé. Et tu l’as dans Matthieu 25 : les œuvres de charité. Mais il faut les écouter comme les dit le Seigneur. Lisez tous les jours – ceux qui veulent marcher en synode – lisez tous les jours les béatitudes et Matthieu 25, et ainsi vous serez sûrs.

Un chemin, ne vous arrêtez pas, marchez pour vous rencontrer, pour vous écouter, pour réfléchir ensemble. Défendez-vous du cléricalisme, de la mondanité et des ragots. Et fortifiez-vous avec les béatitudes et Matthieu 25. Et tout cela avec la prière, le plus important de tout ce que j’ai dit, c’est cette dernière. Prier, prier comme Jésus nous l’a enseigné. Prier les uns pour les autres : pour ceux qui sont en chemin, pour ceux qui ne veulent pas marcher, pour ceux qui marchent mal, pour ceux qui sont loin, pour l’Église archidiocésaine, pour l’archevêque. Prier. Et dans cet esprit de prière, le synode sera certainement un succès. Que Dieu vous bénisse et, puisque vous priez, priez aussi pour moi. Merci.
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Source : https://fr.zenit.org/
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