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 La croix du doute est une croix féconde

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Date d'inscription : 17/03/2013

19102018
MessageLa croix du doute est une croix féconde



« La croix du doute est une croix, mais une croix féconde », affirme le pape François. « C’est une croix, le doute, mais c’est une croix qui rapproche de Jésus. »

Le pape répondait ainsi à la question d’un séminariste du diocèse de Mantoue sur « la graine du doute et de la difficulté à suivre Jésus en tant que prêtre dans la société contemporaine », au cours d’un dialogue avec les séminaristes de Lombardie, le 13 octobre 2018, dans la salle Clémentine du palais apostolique, au Vatican.

Pape François :

La croix du doute est une croix, mais une croix féconde. Je n’ai pas confiance dans les gens qui ne doutent jamais. Le doute nous met en crise ; le doute nous fait nous demander : « Mais est-ce bien ou pas bien ? Le doute est une richesse. Je parle du doute normal, pas de ces personnes dubitatives qui deviennent scrupuleuses. Non, ça ne va pas. Mais le doute normal de la personnalité est une richesse, parce qu’il me met en crise et me fait demander : cette pensée vient-elle de Dieu ou pas ? Est-ce une bonne chose ou pas ?

Tu as dit « la croix du doute », et je te réponds sur le doute intérieur, sur le doute que tu as dans ton orientation spirituelle. Tu parles peut-être aussi du doute culturel. Mais aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de doute culturel ; il y a peut-être plus d’affirmations culturelles opposées, chacun a la sienne et je crois que ce qui manque à l’humanité c’est un peu cette capacité à bien douter. Les grandes questions… : pense au doute sur la guerre, sur les migrations… Ce sont des doutes à prendre au sérieux, car autrement, dans ces domaines, le problème ne se résout pas par une recherche intérieure, mais selon les intérêts de toute nation, de toute société, de tout peuple. Alors s’il n’y a pas ces doutes, ce n’est pas bien, parce qu’on devient de plus en plus sûr, on ne se pose pas le problème…. C’est une croix, le doute, mais c’est une croix qui rapproche de Jésus et met en crise. Et comme tu l’as dit – c’est écrit là – « quelles actions concrètes pouvons-nous mettre en pratique chaque jour pour que notre vie quotidienne nourrisse ce chemin de confiance ? ». L’action concrète c’est dialoguer avec la personne qui t’accompagne, dialoguer avec le supérieur, dialoguer avec ses camarades. Mais un dialogue ouvert, un dialogue sincère, des choses concrètes. Et surtout dialoguer avec le Seigneur : « Seigneur, que veux-tu me dire avec ceci, avec ce que tu me fais ressentir, avec cette désolation, avec ce doute ?…. » Prenez le doute comme une invitation à chercher la vérité, à chercher la rencontre avec Jésus-Christ : c’est le vrai doute. Entendu ?
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Source : https://fr.zenit.org/

Réponse à une question d'un séminariste (diocèse de Brescia) sur les « moyens concrets » pour réaliser l’appel à une l’Église « en sortie » :

Réponse du pape François :

Merci.

Une Église en sortie, comme Jésus a voulu : « Allez, prêchez l’Évangile, allez… ». Pas une « Église qui se promène » ! Il peut arriver parfois, dans un plan pastoral, que l’on fasse la confusion, entre sortir, rencontrer des gens, et faire une belle promenade et puis rester là où je suis. C’est important : la sortie n’est pas une aventure, c’est un mandat du Seigneur, c’est une vocation, c’est un engagement. Tu parles de « ce monde de plus en plus sécularisé ». Mais je te dis, quel monde était le plus sécularisé, le nôtre ou celui de Jésus ? Quel monde était le plus corrompu, notre monde ou celui de Jésus ? C’est la même chose, tous les deux. Oui, ce monde est sécularisé avec de nouveaux moyens, des moyens modernes ; l’autre était sécularisé avec les moyens de l’époque. Mais la corruption était la même. Pense à la corruption des habitants d’Athènes, quand Paul a commencé à parler, ce discours si bien fait, que citaient leurs poètes et à la fin, quand il est arrivé à un point quelque peu difficile [celui de la résurrection du Christ], les Athéniens ont dit : « Oui, oui, vas-y…, demain, nous t’écouterons. » C’est toujours le cas aujourd’hui. Si tu te mets à parler de Jésus, dans beaucoup d’endroits, dans beaucoup de villes, on ne t’écoute pas, on ne t’entend pas. Cette époque aussi était sécularisée. Imagine, à cette époque on faisait aussi des sacrifices humains… Et encore aujourd’hui ! d’une autre façon, avec des gants blancs, mais on en fait. La sécularisation est la même, plus ou moins, celle de Jésus et celle de notre temps. Au lieu de cela, que devons-nous faire, concrètement, dans ce monde sécularisé ? Les mêmes choses concrètes que Jésus et que les Apôtres ont faites. Comment l’Église se construit-elle ? Prenez le livre des Actes des Apôtres et vous trouverez, c’est la même chose. Il n’y a pas une autre méthode fondamentale. Oui, il y a des nuances, des changements d’époque, mais l’essentiel est comme ce que Jésus a fait.

Et partant de Jésus, que pouvons-nous dire ? Quel est le « noyau » de son message, de son attitude face à ce monde sécularisé ? Que faisait Jésus ? Il faisait acte de proximité. Être proche, rencontrer. Jésus rencontrait le Père dans la prière et Jésus rencontrait les gens. Il rencontrait aussi ses ennemis, et parfois il les écoutait, il leur expliquait ; d’autres fois il leur disait des choses qui étaient comme des gros mots. Par exemple, lis Matthieu 23 : les choses que Jésus dit ne sont pas belles. Parce qu’il était proche et qu’il pouvait dire les choses clairement. Certains n’aimaient pas ça. Et il a dû en payer le prix, ensuite, sur la croix. Faire la même chose que Jésus : être proche. Proche de Dieu, proche des gens, proche du peuple de Dieu.

C’est pourquoi j’aime dire que vous devez être des prêtres du peuple de Dieu, c’est-à-dire des bergers de peuples, des bergers de personnes et non des « clercs d’État », car Jésus n’y allait pas de main morte contre le cléricalisme de son temps : les scribes, les pharisiens, les docteurs de la loi…, il y allait très fort. Je vous le dis, le cléricalisme est une perversion de l’Église. Quand on voit un jeune prêtre centré sur lui-même, qui pense à faire carrière, c’est plus du côté des pharisiens et des sadducéens qu’il est que du côté de Jésus. C’est la vérité. Quand tu vois un prêtre qui prie, qui est au milieu des enfants, qui enseigne la catéchèse, célèbre la messe avec sa communauté, connaît les noms des gens parce qu’il va les trouver à la fin de la messe, les salue les uns après les autres : « Comment allez-vous ? et la famille ? …” C’est la proximité comme la pratiquait Jésus. Un jour, une personne m’a dit – quelqu’un d’ici, quelqu’un qui travaille au Vatican… parce qu’il y a des saints, ici, il y a des saints ! qu’il était curé d’une paroisse et qu’il connaissait les noms de tout le monde, même ceux des chiens ! C’est cela la proximité d’un prêtre, d’un saint prêtre, mais de cette sainteté ordinaire à laquelle nous sommes tous appelés. Proximité du peuple et proximité de Dieu dans la prière. Un prêtre qui s’essouffle trop dans l’organisation des choses et perd un peu de cette proximité s’éloigne de l’idéal sacerdotal de Jésus.

Mais pourquoi cette proximité ? Je voudrais souligner un aspect théologique de la proximité – je l’ai déjà dit, peut-être l’avez-vous déjà entendu – Dieu, dans le Deutéronome, dit à son peuple : « Pensez : quel peuple a ses dieux aussi proches que je le suis de toi ? ». C’est un choix de Dieu, être proche du peuple. Et il conduisait le peuple comme un berger et le conduisait bien. Mais on le voit bien, il n’était pas satisfait de cela, Il est venu aussi se faire l’un des nôtres : si proche ! C’est la condescendance de Dieu qui descend : c’est ce qu’on appelle la syncatabase. C’est l’attitude fondamentale de Dieu qui se fait homme pour nous, se fait proche de nous. C’est l’attitude du prêtre. On m’a fait cadeau, le Père Rupnik m’a fait cadeau d’une icône de La Vierge faite par lui. La Vierge est au milieu, mais, en regardant bien, ce n’est pas une icône de Marie : Elle est au milieu, grande, et a le petit Jésus ici [sur ses genoux mais debout], un Jésus de quatre ou cinq ans ; les mains de Marie sont comme ceci, comme une échelle, et Jésus descend, descend de nous….. Il tient dans sa main droite la plénitude de la loi [un rouleau] et de sa main gauche il s’accroche à la Vierge, pour ne pas tomber. Dieu est un homme qui descend. C’est la Vierge de la condescendance : le centre est Jésus. La Vierge sert d’échelle pour ce mystère de la proximité. C’est pourquoi cette dévotion à La Vierge Marie nous aide à être proches de Jésus. Il y a une prière qui nous a été enseignée, qui fait beaucoup de bien : « Mère, mets-moi avec ton Fils, laisse-moi être proche de ton Fils ». Voilà, c’est une aide parce que celui qui est proche de Jésus est proche des gens et fait ce que Jésus a fait.

Donc, un monde sécularisé comme au temps de Jésus, c’est clair. L’attitude la plus concrète de Jésus est la rencontre : rencontre les gens, être proche. Proximité pastorale. Et aussi entre vous, la proximité presbytérale… S’il reste du temps – je ne me souviens pas s’il y a des questions à ce sujet – sur le collège presbytéral…. S’il n’y en a pas, rappelez-moi.
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Source : https://fr.zenit.org/

Le pape répond à une question d'un séminariste (diocèse de Bergame) sur la relation entre la prière et l’Écriture et sur les passages de la Bible qui lui sont particulièrement chers :

Réponse du pape François :

Merci.

Je partirais d’une citation du pape Benoît XVI. Cette citation touche un point très important : la relation entre la prière et l’Écriture. Une chose que nous devons apprendre à faire, et à faire continuellement, c’est la lectio divina, c’est-à-dire rencontrer le Seigneur à travers sa Parole : la lectio divina. Allez toujours à l’Écriture. La Parole de Dieu qui nous enseigne à dialoguer avec l’Écriture : c’est la lectio divina. Se tenir devant le Seigneur, en sa présence, avec la Bible, et écouter. Cela peut aussi se faire aussi par petits passages : je recommande aux gens d’avoir l’Évangile dans la poche – un Évangile de poche – ou dans leur sac,[et de le lire] quand ils ont le temps, deux ou trois choses… se familiariser à la Parole de Dieu. Il y a tant d’auteurs spirituels qui nous apprennent à progresser dans la vie spirituelle et nous devons les lire, n’est-ce pas ? mais la Parole de Dieu, cette lectio divina, cette familiarité avec la Parole de Dieu – qui n’est pas se familiariser aux citations, à tel ou tel verset…, non, pas cela – mais la familiarité du cœur, connaître la Parole de Dieu de l’intérieur.

Ensuite, la question : « Nous voudrions vous demander de parler de votre expérience personnelle dans les années de formation, sur la relation entre l’étude et la prière et entre l’étude et l’activité pastorale », et il manque un quatrième élément : ce sont les quatre colonnes, les piliers de la formation : étude, prière, activité pastorale et vie communautaire, et pour cette raison le séminaire est important. Un jour, un évêque plein de sagesse a dit : « Le pire séminaire vaut mieux que pas de séminaire du tout ». Parce que la vie communautaire nous aide : c’est une propédeutique vers le collège presbytéral. La relation entre l’étude, la prière, l’activité pastorale et la vie communautaire : ce sont quatre piliers qui interagissent, et tu dois prier avec ce que tu étudies ou avec ce que tu vois dans la vie pastorale, le week-end ou avec ce qui se passe en communauté. La prière doit s’adresser à tout, elle est en relation avec tout. Les quatre aspects sont interactifs, pas des morceaux séparés : ils forment une unité, les quatre piliers de la formation. Et quand tu vas voir ton père spirituel, ton accompagnateur, ton recteur ou le supérieur de la communauté, tu dois parler des quatre, de comment ils interagissent et chercher la relation qui les lie. Je ne sais pas si c’est clair… Est-ce clair ? Il y en a quatre, mais nous devons parler de la relation, du rapport entre les quatre.

Et puis, il y a cette petite curiosité – mais pauvre Ève, que s’est-il passé avec la curiosité ! – « Enfin, nous voudrions savoir quel passage de l’Écriture, découvert et savouré le plus grâce aux études, vous a accompagné dans la prière pendant vos années de formation et vous accompagne toujours ». Moi, c’est la dimension de la mémoire, la dimension « deutéronomique » qui me touche beaucoup, et c’est pourquoi un passage de la Bible qui m’a accompagné – et j’y reviens toujours – est le Deutéronome 26 : « Souviens-toi, n’oublie pas : lorsque tu seras entré dans le pays que tu n’as pas conquis, lorsque tu auras le ventre plein des choses que tu ne sèmes pas, quand tu vivras dans les maisons que tu n’as pas bâties, souviens-toi : souviens-toi que tu as été esclave en Égypte » (cf. vv.1-7). La mémoire : toujours regarder en arrière, d’où je viens, où le Seigneur m’a sauvé. Cette dimension deutéronomique me fait du bien. « Ah, je suis un grand prêtre, regardez, ils m’ont nommé recteur de ce sanctuaire, je fais ceci et cela… ». Souviens-toi d’où ils t’ont pris. « Je n’étais ni prophète ni fils de prophète, mais tu m’as pris de derrière le troupeau… » (cf. Am 7, 14-15). Cela me touche tellement : revenir, souviens-toi, ne te gonfle pas de vanité, d’orgueil, d’autosuffisance… Tout est un don, tout est grâce, tout t’a été donné. C’est un passage avec lequel je prie beaucoup aujourd’hui, cela me fait du bien.

Et puis, il y a un autre passage que je considère comme l’histoire de ma vie c’est Ézéchiel 16 : Du Nouveau Testament, je m’arrête – ce sera parce que j’aime les fêtes – je m’arrête sur les noces de Cana : comment la Vierge Marie agit en ce moment, discrètement, comment elle remarque, comment elle fait… ; et ce commandement de la Vierge – est le seul commandement que nous fait la Vierge – « Faites ce qu’Il vous dira » (cf. Jn 2,5). J’aime ça. Cela me touche. Ce sont les trois passages qui, je voudrais dire, me touchent beaucoup. Mais la première, je vous recommande : prenez cette dimension deutéronomique de la vie qui vous aidera tant, avec la mémoire, à ne pas vous croire plus que vous n’êtes.
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Source : https://fr.zenit.org/

Piergiorgio

Saint-Père, bonjour, je suis Piergiorgio du diocèse de Crema. Je suis acolyte et samedi prochain, je serai ordonné diacre. Certains d’entre nous, séminaristes, recevront dans les prochains mois le ministère de l’acolyte qui fera d’eux des ministres extraordinaires de la Communion eucharistique. L’approfondissement du très saint mystère de l’Eucharistie accompagne donc et accompagnera tout notre cheminement. A cet égard, et aussi à l’occasion du Synode des jeunes, nous voudrions vous poser une question qui vient de nos expériences pastorales. En voyant tant de jeunes qui ne reconnaissent pas l’Eucharistie comme quelque chose d’important, comment pouvons-nous, nous, leur faire percevoir sa centralité culminante qui peut jaillir dans la vie de chaque homme et de chaque femme ? En ce sens, voudriez-vous partager avec nous un souvenir de jeunesse que vous avez concernant la relation avec Jésus dans l’Eucharistie ?

Papa François :

Hier, à l’autel de la chaire [dans la basilique Saint-Pierre], à six heures moins le quart de l’après-midi, il y avait presque mille jeunes, et j’ai donné une méditation, puis ils ont fait une heure d’adoration eucharistique. Les jeunes ne refusent pas, mais quand ils arrivent à comprendre, à en ressentir le besoin…. C’est vrai, si tu en prends un et lui dis : « Viens, allons faire l’adoration », il s’endort… Mais c’est beau aussi de s’endormir devant le Seigneur ! Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus le faisait souvent, et moi aussi, c’est vrai ! Mais il faut une catéchèse sur ce qu’est l’Eucharistie, une catéchèse de vie. Je vais vous raconter une anecdote. Dans l’une des paroisses de Buenos Aires, le curé faisait son service de faire dîner les sans-abri. Tout était bien organisé : chaque jour de la semaine, il y avait un groupe différent. Des jeunes de bonne volonté, la plupart catholiques, et même certains qui ne croyaient en rien mais voulaient faire ce service, et ça fonctionnait bien. Il y avait ceux qui cuisinaient,… Au total – je pense – une vingtaine de jeunes par jour : 150 jeunes plus ou moins en comptant ceux qui faisaient la cuisine. A un moment donné, le curé de la paroisse a dit : « Ils font bien leur service. Je dois faire plus » Qu’a-t-il proposé avant de sortir ? D’écouter une parole de l’évangile. Donc, tous à l’église, pas plus de cinq minutes : une parole de l’Évangile. Et eux disaient : « C’est bien ! Mais ce n’est pas très…. ». Et le curé a dit : « Jésus est ici avec nous. Vous allez donner à manger à Jésus dans le besoin, mais Jésus est aussi ici dans le pain, caché, nous pouvons le regarder un peu avant de sortir… Voici, oui – pour ne pas faire long – il a commencé cette lecture de la Bible devant le Seigneur, pas plus qu’un quart d’heure. Et ces jeunes ont appris ce qu’est l’Eucharistie, mais peu à peu : la catéchèse sur l’Eucharistie doit se faire petit à petit, car c’est le grand mystère de la présence du Seigneur avec nous. Tu ne peux pas aller avec un livre et dire : « L’Eucharistie c’est ceci, c’est le sacrifice de l’Ancienne Loi qui alors, etc .. etc ». Le jeune homme ne comprendrait pas. Fais-lui sentir le besoin. Dans ce cas, le prêtre a été malin, il a dit : « Ceux-ci vont à Jésus dans le besoin. Je leur ferai voir le Jésus qui leur donne la force avec la Parole, 15 minutes, pas plus ». D’ailleurs il a commencé à faire l’adoration, et beaucoup d’entre eux allaient à l’adoration.

A ce propos, je voudrais aller plus loin sur les célébrations liturgiques. La célébration liturgique est un acte d’adoration, un acte de participation à la passion, à la mort et à la résurrection de Jésus, nous le savons tous. C’est un acte de louange à Dieu, de joie spirituelle. Mais tant de fois ça ressemble à une veillée funèbre ! Et là, nous devons aider les prêtres. Et vous qui serez prêtres, s’il vous plaît, n’ennuyez pas les gens. Il y avait une habitude – je ne sais pas si cela se fait encore ici – : quand le sermon commençait, beaucoup de gens sortaient fumer une cigarette. Le sermon ennuyeux. Le sermon c’est l’homélie : il doit toucher le cœur. Au contraire, s’il est ennuyeux, on ne comprend pas. Vous, les prêtres, lisez ce qui est écrit dans Evangelii gaudium sur l’homélie. C’est long, mais je l’ai voulu comme ça. Toucher. Un prêtre qui nous enseignait l’homilétique, nous disait : « Une idée, une image, un sentiment ». Et ça peut se faire en cinq minutes. Pensez que psychologiquement, les gens ne peuvent pas rester attentifs pendant plus de huit minutes. Une homélie de huit minutes, bien préparée : avec une idée claire, un sentiment clair et une image claire.

L’amour de l’Eucharistie doit se faire avec une catéchèse, mais de cette manière, par la Messe : qu’ils voient comment on célèbre la Messe. Qu’ils comprennent cela. L’adoration est plus facile pour la catéchèse des jeunes que la Sainte Messe, parce que vous pouvez expliquer : ce sera vingt minutes d’adoration, et le prêtre dit un mot toutes les six/sept minutes, ce qui aide. Introduire l’adoration. Mais la célébration eucharistique est importante : il est important de bien la faire, qu’elle soit un culte d’adoration, de joie, de communion entre nous, de communion avec le Christ. En cela nous sommes en crise : nous n’avons pas résolu le problème de la célébration eucharistique. Je parle en général. Il y a de très bons exemples, mais en général nous devons reprendre Et c’est un problème mondial. Certains pensent que nous ne devons pas bien faire les rubriques : ça ne va pas. On doit faire la fête et faire du bruit : ça ne va pas. Il faut de bonnes rubriques, nous avons besoin d’une fête, nous avons besoin de musique, nous avons besoin de prière, nous avons besoin de silence. Mais célébrer l’Eucharistie n’est pas facile, et c’est une tâche qui vous incombe, futurs prêtres. Ensuite, l’Eucharistie – ce n’est pas beau, mais je dois le dire – est souvent célébrée trop « socialement » [comme habitude sociale], pas communautairement. Y a-t-il une messe pour ce père décédé ? Profitez de cet usage social pour évangéliser, pour bien dire les choses, pour célébrer avec beauté. Un évêque ici en Italie disait que certains de ses prêtres, à qui on demandait d’aller dire une messe pour un anniversaire dans les villages, n’y allaient pas si la demande n’arrivait pas en premier. Je n’invente rien. Cet évêque me l’a raconté. C’est exploiter l’Eucharistie. J’insiste là-dessus parce que c’est le centre de notre vie. Mais aujourd’hui, la célébration eucharistique est en crise. Il y a eu des progrès mais nous devons persister. On ne peut pas aller célébrer l’Eucharistie à la hâte, « toucher et s’en aller ». Non, votre cœur doit être présent, dans l’Eucharistie. Et c’est contagieux. Combien de fois les gens disent-ils : « Que ce prêtre célèbre bien ! » et il fait référence à l’onction[spirituelle], la vraie onction. Pensez à cela. Je me souviens, enfant, de l’Eucharistie et de la religieuse qui m’a préparé – c’était une brave femme, elle nous faisait chanter, elle nous enseignait la messe avec un chant qui est peut-être chanté : « Ô Saint autel gardé par les anges ». Elle nous apprenait le chant, puis nous expliquait telle ou telle chose… et nous étions curieux. C’est ainsi qu’elle m’a enseigné la messe, en me préparant à la première communion.

Je ne sais pas, j’ai peut-être été un peu long, mais ceci est une préoccupation pour moi : que la célébration eucharistique soit digne, pieuse, qu’elle implique aussi l’affect du peuple. Et aussi dans l’homélie. Puis, dans ma jeunesse, après ma conversion, à l’âge de dix-sept ou dix-huit ans, j’allais une ou deux fois par mois faire l’adoration perpétuelle chez les Sacramentains le soir. C’était l’époque où il n’y avait pas de vêpres, et les Sacramentains à Buenos Aires ont leur église dans un quartier central et élégant. Je me souviens – il était cinq heures et demie du matin – il y avait la messe, après l’adoration, et les gens venaient des fêtes directement à la messe, pour dormir tout le dimanche. Je me souviens que cela ne me plaisait pas…Je disais : « Mais ces gens ne viennent à la messe que pour satisfaire le précepte ». Et je n’aimais pas non plus beaucoup le luxe des femmes là-bas. Mais ces soirs d’adoration…. Une heure, puis 40 minutes de repos, puis une heure. C’était bon pour moi à l’époque où je me préparais à la décision finale. Oui… Je ne sais pas si j’ai répondu à la question sur l’Eucharistie.

Marco

Saint-Père, je suis Marco, du diocèse de Milan, séminariste en cinquième année de théologie. Votre Sainteté, cette cinquième année en théologie est une année décisive pour le chemin du discernement vocationnel, en vue des ordres sacrés. Nous vous demandons : comment avez-vous vécu la partie du discernement spirituel dans votre vie ? Comment avez-vous compris l’appel à la vie religieuse et au sacerdoce, avec une attention particulière à la vie affective ? Comment les différentes figures de l’accompagnement spirituel dans les années de formation furent les vrais sujets de votre discernement?

Pape François

Comme chacun d’entre vous a fait son discernement dans sa propre vie pour décider d’entrer au séminaire. C’est un chemin, celui de discerner et de voir ce que le Seigneur veut de moi, accompagné de quelqu’un qui m’aide. Comment le voit-on ? A ce que je ressens, ce qui m’apaise, ce qui m’agite, ce qui m’enlève la paix… J’ai eu un grand homme qui m’a beaucoup aidé, en cela : c’était le doyen de la philosophie, mais c’était un homme qui avait beaucoup étudié la vie spirituelle et surtout le discernement du temps des moines jusqu’à nos jours. Et cela m’a beaucoup aidé. Il donnait de vrais conseils, des conseils concrets pour nous aider à progresser. Par exemple, je me souviens qu’une fois, dans une école d’anthropologie, on parlait de la maturité. « Et comment sait-on – dit l’un de mes compagnons – comment sait-on si l’on est mûr ou pas ? » Et il a dit : « Tu as des frères et sœurs, sont-ils mariés ? » – « Oui, deux » – « Et ils ont des enfants ? » – « Oui » – « Tu es capable de jouer avec tes neveux ? » – « Eh, je ne sais pas… » – « Essaie, si tu es capable, alors tout va bien ; si tu ne peux pas, il te manque quelque chose ».

Les choses concrètes de la vie te portent au discernement. Et la capacité de jouer avec les enfants est un signe de maturité. Un homme qui ne sait pas jouer avec les enfants, c’est qu’il lui manque quelque chose. Jouer avec les enfants de la famille ; perdre son temps, comme un père, un père et une mère…, les mères le font plus souvent parce qu’elles sont avec l’enfant, mais le père quand il revient du travail fatigué, doit faire un effort pour jouer avec l’enfant… Ceci est un exemple de discernement. Le discernement c’est la vie chrétienne. Aujourd’hui, pourquoi dois-je faire mon examen de conscience? Pour me rendre compte des péchés que j’ai commis ou des vertus que j’ai eues ce jour-là, mais aussi pour voir ce qui s’est passé dans mon cœur. Un garçon regarde une fille., elle lui plait… Qu’est-ce que c’est ? Puis elle lui plait une autre fois; il en regarde une autre et elle ne lui plait pas… Il va travailler là-dessus, puis finit par lui parler. Ils se fiancent et ça continue. Voilà ce qu’il se passe dans mon cœur: c’est du discernement. Ce qui se passe en moi : quelles pensées me donnent de la joie, quelles pensées me donnent de la tristesse, quelles choses me rendent triste et que je les sens comme des choses qui ne servent à rien… Et l’une des choses les plus difficiles dans la vie chrétienne et dans laquelle il faut du discernement, beaucoup, c’est comment vivre avec le péché.

Nous sommes tous pécheurs, tous ; et pas seulement en théorie, en pratique. Et quand je tombe comment je vis avec cette chute ? Comment je résous cet échec ? Cherchez dans la prière, dans le conseil, comment aller de l’avant avec le péché et le résoudre. Je me souviens d’une fois, j’étais à Buenos Aires, au palais épiscopal, j’avais des rendez-vous, et la secrétaire est venue m’apporter une lettre. Elle m’a dit : « Le père untel est là, il demande juste de lire ceci, entre un rendez-vous et un autre ». Je l’ai prise et cette lettre disait : « Père, j’ai péché. J’ai besoin de votre aide. Je suis calme, j’attendrai en-bas. Quand vous aurez un peu de temps, appelez-moi ». Et il n’a pas quitté le palais jusqu’au moment où je l’ai appelé. C’est un exemple extrême, mais cet homme était en crise parce qu’il ne savait pas comment se relever après avoir glissé. Cela est discerner. Je suis dans les ténèbres après une erreur, à cause d’un péché que j’ai commis, je vais chez trouver le Père, immédiatement ; ou je vais chez cet ami qui me viendra en aide. Mais toujours chercher quelqu’un pour m’aider à vivre avec ce que je fais de mal, avec mes erreurs. Avec les bonnes choses aussi, mais je veux insister sur le fait de vivre avec le péché, parce qu’il semble que nous ne savons pas bien résoudre le vrai problème concret d’être des pécheurs. Nous le résolvons en théorie, mais pas dans les faits. Pour cela il faut du discernement.

J’aimerais vous saluer un par un, mais écoutons l’autre question…

Réponse à une question d’un séminariste sur les scandales dans l’Église :

« Les scandales sont nécessaires » – dit Jésus. Le scandale existe depuis les débuts de l’Église : pensez à Ananie et Saphire qui voulaient tromper la communauté : un scandale. Pierre a clairement résolu le scandale, dans ce cas : il leur a « coupé la tête ». Jésus dit que oui, il faut des scandales pour voir où est votre cœur, mais il avertit aussi : « Malheur à vous si vous scandalisez l’un d’eux ». Scandaliser le peuple de Dieu, c’est horrible. C’est tellement moche. Et je ne parle pas du scandale des faibles, mais du peuple de Dieu : le scandale du prêtre au peuple de Dieu. Dans mon pays, par exemple, le peuple de Dieu ne se scandalise pas beaucoup, mais il agit. Par exemple, il est capable de pardonner à un pauvre prêtre qui a une double vie avec une femme et ne sait pas comment la résoudre : « Ah, pauvre homme, aidons-le… », mais il ne condamne pas immédiatement. Il est capable de pardonner à un autre prêtre qui est un peu seul et boit trop souvent : « Oh, le pauvre, un peu de vin, c’est bon pour lui, c’est… ». Le peuple a une grande sagesse. Mais il ne pardonne pas au prêtre qui maltraite: il ne vous pardonne pas ! Parce qu’il est scandalisé. Et il ne pardonne pas au prêtre attaché à l’argent : il ne pardonne pas. Scandaliser les gens est une mauvaise chose, et scandaliser le presbytère est une mauvaise chose aussi. Si vous allez à une réunion de presbytère et que l’évêque, ou quelqu’un d’autre, parle, et que vous sortez ensuite avec un ou deux amis pour discuter sur le dos de l’évêque ou de l’autre qui a dit cette chose, contre l’autre… c’est un scandale qui blesse le corps. Le scandale fait mal.

Nous devons être clairs : ne pas céder sur ce point. Non, pas de scandales. Surtout quand les scandales font du mal aux petits. Le peuple est plus simple… Toujours condamner le scandale, toujours. Ne pas céder. « Mais comment puis-je faire ? » Vas-y, parle-lui. Parle-lui comme un frère : « Tu scandalises les gens avec ça ». Ou aller voir l’évêque et lui dire : « Parlez-lui, vous, comme un père ». Mais s’il vous arrive de voir un prêtre qui scandalise, s’il vous plaît adressez-vous directement à lui ou à un de ses amis, ou au curé de la paroisse, ou à l’évêque, pour l’aider. En Argentine, on a l’habitude d’inviter les prêtres à la fête de mariage : quand vous célébrez un mariage, on vous invite à la fête. Chez nous, les mariages ont lieu tard dans la journée ; puis il y a la fête. Et beaucoup de prêtres s’y rendent et font mauvaise impression parce qu’ils sont au milieu d’une fête sociale et qu’ils boivent trop…. Un scandale…. « Non, je vais faire de l’apostolat » – s’il vous plaît ! C’est vrai que les jeunes mariés demandent « oui, venez, venez ! », mais les prêtres intelligents disent : « Non, voyez, je viendrai, mais quand vous reviendrez de votre lune de miel, je viendrai chez vous, je bénirai la maison et dînerai avec vous deux ». Ce n’est pas un scandale. Mais, s’il vous plaît, l’art de rester à sa place. Pour être à sa place, un prêtre n’a pas besoin d’être rigide, non, humain, normal. Mais à ta place. Ne jamais scandaliser.

Derrière ta question il y a le scandale des abus. Vous connaissez les statistiques : 2% des abus commis ont été commis par des prêtres. « Ah, ce n’est pas grand-chose, mon Père » Non, parce que ne fut-ce qu’un seul prêtre, c’est monstrueux. Ne nous justifions pas parce que nous ne sommes que 2%. 70% des abus ont lieu dans les familles et dans le quartier ; dans les salles de sport, les entraîneurs ; dans les écoles … C’est un scandale, mais c’est un scandale mondial qui me fait penser aux sacrifices humains des enfants, comme faisaient les païens. Sur ce point, parlez clairement : si vous voyez quelque chose de ce genre, parlez immédiatement à l’évêque. Pour aider ce frère abuseur. Immédiatement à l’évêque. Mais il y a d’autres scandales qui ne sont pas dans l’air du temps, alors on n’en parle pas. Celui du prêtre mondain, un gros scandale, qui vit dans la mondanité spirituelle. Un homme éduqué, bien accepté socialement, mais mondain. Jamais vous ne le voyez prier devant le tabernacle ; jamais vous ne le voyez aller à l’hôpital et s’arrêter prendre la main des malades, jamais. Jamais d’œuvres de miséricorde, celles qui sont difficiles à faire. C’est un prêtre mondain. C’est un scandale. Et la mondanité…. J’ai été très frappé quand j’ai lu, pour la première fois, Méditation sur l’Église du cardinal de Lubac : le dernier chapitre, les deux dernières pages. Il cite un bénédictin qui dit que le pire péché de l’Église est la mondanité spirituelle. C’est convertir la religion en anthropologie. Lisez ces deux pages. Ça vous fera du bien. Ça vous fera du bien.

Réponse à une question sur la formation des séminaristes et sur le cléricalisme :

Ici, dans la question écrite aussi, il y avait : « Une question sur la peur d’être en sortie et de vivre la condition de l’Église comme un hôpital de campagne. Pour vivre cela, il est nécessaire de renouer la conversion et la vocation. Nous sommes frappés de voir que vous invitez souvent l’Église à saisir comment l’Esprit nous sort de nos sécurités : comment pouvons-nous sagement éviter ce risque ? Qu’est-ce que cela signifie pour nous que nous devons aussi prendre soin d’une ancienne tradition de formation séminariste ? Que pouvez-vous nous conseiller pour aider nos jeunes à goûter au risque de l’Évangile et à ne pas s’empêtrer dans des formes de défense et de cléricalisme ? » Je voulais la lire parce qu’il y en avait trois et je voulais….

Tout d’abord, mets-les sur la voie. Une formation sérieuse c’est les mettre sur la voie, qu’ils ne s’arrêtent pas. Mets-les sur le chemin parce qu’un prêtre qui n’est pas en marche pense à des absurdités, dit des absurdités et fait des absurdités. Toujours en marche, pour qu’il ne fasse rien de stupide. « Mais c’est risqué… ». Oui. Il glissera, mais je vais vous dire une chose : j’ai tant de fois prié le Seigneur pour un prêtre – à titre d’exemple pour tant d’autres, mais pensons à un seul – afin qu’il lui jette une peau de banane qui le fasse glisser et l’humilie et puisse ainsi se reprendre. Les mettre en marche, sans trop de sécurité. C’est vrai que c’est un risque, former les gens est un risque, mais prenez le risque. Un jour, un vieux prêtre sage a dit : « Quand l’évêque a demandé à mon recteur : « Savez-vous si cette personne est digne ? à ce moment-là, mon recteur s’était endormi, et il a répondu je ne sais quoi.. ». C’est un risque.

Avant-hier, j’ai dû – écoutez ceci – j’ai dû, depuis Rome ! suspendre une ordination sacerdotale dans un autre continent. Qu’est-ce qu’il a, cet évêque, dans la tête ? Et ces formateurs qui présentent à l’évêque ce genre de personne : les nouvelles étaient terribles ! Il y a ces cas, mais la majorité ne l’est pas. Vous faites l’expérience de la fraternité, vous êtes des frères aînés, et par le dialogue… On risque. Dans la vie, les gens qui ne prennent pas de risques, n’avancent pas. Mais risquer avec prudence, risquer avec prudence. Où prendre cette prudence ? en accompagnant ce jeune homme, et par la prière. Il n’y a pas de « comment » précis. Dans les réunions pour vérifier la pertinence, il y a des avantages et des inconvénients, mais vous devrez prendre une décision prudente et en informer l’évêque, et c’est l’évêque qui décidera. Mais vous êtes coresponsable avec l’évêque.

« Aider nos jeunes à goûter au risque de l’Évangile, c’est les mettre sur la voie, le faire marcher, afin qu’ils sentent tout ce que l’on sent quand on marche : acceptation, rejet, insulte, louange, vanité… Et qu’ils apprennent ceci : à distinguer les choses. Et surtout – j’utiliserai un mot étrange – pour les éduquer à la patience. Il y a un livre de Guardini, je ne sais pas comment il a été traduit en italien, « Glaubenserkenntnis« , « la connaissance de la foi », des chapitres sur différents sujets : le premier est sur l’adoration, le second sur la patience de Dieu. Les éduquer à la patience, parce que Dieu aussi est patient. Ce chapitre est un petit bijou : trouvez-le et faites-le connaître. Dieu est patient avec nous.

Le problème du raidissement : défense, cléricalisme… Quand on voit un jeune – c’est un critère dont je suis sûr – quand on voit un jeune séminariste qui se raidit, qui tombe dans la rigidité, le faire attendre. S’il est rigide, il n’est pas fait pour être ordonné. Aujourd’hui, la rigidité est un obstacle à l’ordination. Si tu vois quelqu’un qui prend tout au sérieux et qui n’a pas le sens de l’humour, envoie-le travailler au cirque pendant un moment, puis quand il reviendra, après deux ans, on verra comment ça se passe. Le sens de l’humour, pas la rigidité : la rigidité est un obstacle. Derrière toute rigidité se cachent des problèmes.

Je pourrais continuer, mais… au dernier.

Réponse à une question sur les tâches des enseignants et des formateurs des séminaires :

Vivre le processus, c’est ne pas avoir peur. La vie se déroule toujours sous forme de processus : les enfants ne sont pas nés adultes, c’est tout un processus en devenir, c’est tout un processus de maturation ou de corruption, mais c’est un processus. Et comment aider les séminaristes et même les prêtres dans ce domaine. Suivre la méthode de Jésus avec les Apôtres ! Nous pouvons faire comme Jésus l’a enseigné aux Apôtres, comme il les faisait entrer dans le travail d’évangélisation… Penser que tous[les séminaristes] sont dans un processus. Ceux qui ont mal fait leur premier pas, si vous ne corrigez pas cela, marcheront mal toute la vie. Penser à « l’arriviste», par exemple : si tu ne corriges pas un séminariste qui donne des signes d’arrivisme, nous ferons du mal à l’Église. J’ai entendu un évêque expérimenté dire : « L’arriviste veut le meilleur, mais si tu lui offres le plus petit diocèse, il le prendra, car il fait un pas en avant : il est maintenant évêque. Mais au lieu de diriger le diocèse, il regardera l’autre, celui de son voisin et – dit cet évêque – c’est de l’adultère épiscopal : regarder l’épouse de l’autre. Jusqu’à arriver là où il veut ». L’arriviste est toujours en progression. J’ai été très touché par les paroles de saint Jean-Paul II quand le préfet de la Congrégation des évêques de l’époque lui a dit : « Donnez-moi des critères pour choisir les évêques ». Et, avec cette voix que Jean-Paul II avait [baisse le ton de sa voix] : « Premier critère : volentes nolumus ». Il voulait dire par là : Il n’y a pas de place pour les arrivistes. Service. Le saint aussi est en marche : s’en aller… jamais on n’arrive à la sainteté, on vit une vie de sainteté en marchant. Chercher à faire comme faisait Jésus : Jésus a misé sur le temps, sur le développement des disciples ; il a su tolérer les erreurs : il a toléré Pierre quand il l’a renié, il a toléré les autres qui avaient fui, car Jésus suivait les processus.

J’ai donné ces deux exemples, « l’escaladeur » (l’arriviste) et le saint, tous deux dans un processus. Je reviens en arrière : la personne rigide n’est pas dans un processus. Avec cela, vous le voyez bien : la personne rigide s’accroche à elle-même, parce qu’elle a peur ou a une maladie intérieure, un déséquilibre, pour couvrir quelque chose…, mais elle est toujours incapable d’entrer dans un processus. Au contraire, le bien et le mal sont toujours dans un processus.

Je ne sais pas, c’est un peu la synthèse de ce que je voulais vous dire. Et je vous remercie de la confiance que vous avez eue en me posant ces questions. La sagesse dans la vie chrétienne, plutôt que de donner des réponses, est de savoir poser des questions : à Dieu, à la communauté, à l’évêque, aux prêtres…, savoir poser des questions. Avec cela, nous irons sur cette route du temps, des processus. Si un jeune ne sait pas poser des questions, il doit apprendre : c’est votre métier, celui des formateurs. Et s’il n’apprend pas, il n’est pas fait pour le sacerdoce.

Merci beaucoup pour votre témoignage !

“Ave o Maria…”
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