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 France : le dialogue du pape avec des jeunes de Grenoble

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Date d'inscription : 17/03/2013

21092018
MessageFrance : le dialogue du pape avec des jeunes de Grenoble



Le cadre du message chrétien, c’est « écouter, faire, et puis dire, parler », a expliqué le pape François aux jeunes du diocèse français de Grenoble-Vienne qu’il a reçus le 17 septembre 2018 au Vatican.

Questions des jeunes et réponses improvisées du pape :

Marion – « Effatà« , comme le rituel pour les catéchumènes : « effatà » – « ouvre-toi , pour demander aux jeunes de prendre la parole. C’est ce que nous avons fait : nous avons donné la parole aux jeunes. Pour nous, en revanche, c’est ouvrir nos oreilles et les écouter, puis ouvrir nos cœurs à la présence du Seigneur et à l’Esprit Saint, afin qu’Il guide notre vie diocésaine.

QUESTION 1

Matthieu – Je m’appelle Matthieu, j’ai 16 ans et mes amis, au lycée, me posent des questions sur des faits de l’actualité où l’Église est très critiquée, comme l’homosexualité ou la pédophilie. Je réponds ce que les animateurs m’ont appris, mais au fond, je n’y crois pas vraiment….

Rémi – Saint-Père, je m’appelle Rémi, j’ai 14 ans et voici ma question : comment rendre actuel, aujourd’hui, le message de l’Église pour le comprendre et le retransmettre aux jeunes qui ne croient pas nécessairement ?

Pape François – Je ne peux pas répondre en français… Ce n’est pas facile pour moi… à votre question : « comment transmettre le message de l’Église ? » Je dirai un mot, un mot, qui est le secret pour transmettre le message de l’Église : proximité, être proche. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie tout d’abord faire ce que Dieu a fait avec son peuple. Dans le Livre du Deutéronome, Dieu dit au peuple : « Quel peuple a ses dieux si près de lui, comme toi[tu as près de toi le Seigneur] ? Dieu s’est fait proche de son peuple. Mais ce n’est pas finit. Il voulait se faire tellement proche qu’il s’est fait l’un de nous, homme. Cette proximité chrétienne est le premier pas : je dirais même plus, c’est « le cadre ambiant », le climat dans lequel le message chrétien doit être transmis. Le message chrétien est un message de proximité.

Ensuite, sur l’ effatà : avant de parler, écouter. L’apostolat de « l’oreille » : entendre, écouter. « Et après, père, parler ? » Non, s’arrêter. Avant de parler, fagir. Un jour, un jeune étudiant m’a demandé : « J’ai tant d’amis à l’université qui sont agnostiques, que dois-je leur dire pour qu’ils deviennent chrétiens ? J’ai dit : « La dernière chose à faire, c’est de dire des choses. La dernière. D’abord tu dois « faire », et il verra comment tu gères ta vie. Il te demandera : « Pourquoi fais-tu ça ? » Alors tu pourras parler. Le témoignage avant la parole. C’est le cadre du message chrétien. Écouter, faire, et puis dire, parler.

Et puis, le message chrétien ne se transmet pas « dans un fauteuil » : toujours en marchant. Toujours. Si vous ne vous mettez pas en marche, vous ne pourrez pas la transmettre. Jésus a marché trois ans. On aurait dit qu’il vivait dans la rue. Marcher, en faisant toujours quelque chose. Marcher. Écouter, témoigner, répondre aux questions, mais en marchant. Un jeune homme qui ne marche pas est un jeune retraité à l’âge de 20 ans. C’est pas bien de prendre sa retraite à 20 ans ! Je ne sais pas. J’ai répondu à votre question ou pas ? Oui ? Saurez-vous le répéter ? Au prochain ….

QUESTION II

Gabriel – Bonjour, Saint-Père. Je m’appelle Gabriel, j’ai 21 ans. Avec les jeunes du département de l’Isère, nous sommes animés du désir de nous mettre au service des pauvres autour de nous. Personnellement, j’ai du mal à vivre la solidarité dans l’Église : j’ai besoin d’être accompagné et guidé pour vivre la charité de manière concrète.

Claire-Marie :

Saint-Père, je m’appelle Claire-Marie et j’ai 16 ans. Ma question : qu’attend-on de nous en tant que jeunes chrétiens pour vivre cette charité de manière concrète ?

Pape François – Les deux questions portent sur le même thème. Les pauvres sont au centre de l’Évangile. Quand j’étais jeune séminariste et jeune prêtre en Amérique latine, c’était en 1968 ; vous avez connu vous aussi. Ce qui comptait le plus, c’était la guérilla, le travail politique… Et si un prêtre faisait un travail avec les pauvres, ce prêtre était « communiste ». Parce que la situation politique était comme ça…  C’était comme si le seul groupe qui allait vers les pauvres et luttait pour la justice était les communistes. C’est l’inverse : l’Évangile, l’Évangile met les pauvres au centre, ou plutôt met la pauvreté au centre. Si vous n’êtes pas pauvre d’esprit, vous ne serez pas un bon chrétien, un bienheureux. C’est la première des béatitudes : les pauvres, les pauvres d’esprit. Et puis, approchez-vous des pauvres, mais pas de haut en bas. On ne peut regarder quelqu’un de haut en bas que lorsqu’on s’incline pour le relever. Aller vers les pauvres, se mettre au même niveau, servir les pauvres parce qu’ils sont l’image du Christ. Et quand je dis pauvre, je dis pauvre de tout : les pauvres de santé aussi, les malades, les pauvres d’argent, les pauvres de culture, les pauvres qui sont tombés dans les vices, dans les dépendances. Combien de vos camarades sont dans la drogue, par exemple : ils sont pauvres, pauvres d’Évangile. « Mais non, celui qui est dans la drogue a beaucoup d’argent et une famille riche, ce n’est pas un pauvre ». Non, c’est un pauvre, c’est un pauvre. Aller vers le pauvre pour le servir. S’approchez du pauvre pour le relever. Mais le relever ensemble, en s’agenouillant et le prenant. Quand vous touchez la maladie d’un pauvre, vous touchez les blessures du Christ. C’est un peu le sens des pauvres dans l’Église. Ça va bien ?

QUESTION III

Thérèse – Bonjour, Saint-Père. Je m’appelle Thérèse. J’ai 24 ans. Plusieurs fois dans ma vie personnelle, je me suis confiée à des personnes plus âgées sur des problèmes d’amour et de sexualité. Chaque fois, je me suis heurtée à un manque d’attention et de compréhension ; j’avais l’impression de ne pas être écoutée. Je pense que c’est parce que nous sommes la première génération à parler et, plus précisément, à parler de ces questions.

Manon – Je m’appelle Manon et j’ai 16 ans. Tout-à-coup, ces questions deviennent compliquées, on entend de tout, de tout le monde, on voit tant de choses, il y a des opinions différentes… En général, on se sent perdu. Comment se « positionner » dans une société où le corps est désacralisé ?

Pape François – La sexualité, le sexe, est un don de Dieu. Pas de tabous. C’est un don de Dieu, un don que le Seigneur nous fait. Il a deux buts : aimer et donner la vie. C’est une passion, c’est l’amour passion. Le véritable amour est passion. L’amour entre un homme et une femme, quand il est passionné, vous conduit à donner la vie pour toujours. Toujours. Et à la donner corps et âme. Quand Dieu a créé l’homme et la femme, la Bible dit qu’ils sont tous les deux à l’image et la ressemblance de Dieu. Tous les deux, pas seulement Adam ou seulement Ève, mais tous les deux – ensemble – tous les deux. Et Jésus va plus loin… Il dit : pour cette raison, l’homme, et aussi la femme, quitteront leur père et leur mère et s’uniront , formeront… une seule personne… une seule identité… une seule foi dans le mariage… une seule chair: c’est la grandeur de la sexualité. On doit parler de sexualité comme ça. Et on doit la vivre de cette manière, dans cette dimension : de l’amour entre l’homme et la femme pour toute la vie.

Il est vrai que nos faiblesses, nos chutes spirituelles nous portent à utiliser la sexualité en dehors de ce beau chemin de l’amour entre l’homme et la femme. Mais ce sont des chutes, comme tous les péchés. Le mensonge, la colère… Ce sont des péchés : des péchés capitaux. Mais ce n’est pas la sexualité de l’amour : c’est une sexualité « chosifiée », détachée de l’amour et utilisée pour s’amuser. Il est intéressant de voir comment la sexualité est le plus beau point de la création, en ce sens que l’homme et la femme ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, et que la sexualité est la plus attaquée par la mondanité, par l’esprit du mal. Dites-moi : vous avez vu, par exemple – je ne sais pas s’il y en a à Grenoble – mais vous avez vu une industrie du mensonge, par exemple ? Non. Mais une industrie de la sexualité détachée de l’amour, vous l’avez vue ? Oui ! L’industrie de la pornographie, par exemple, rapporte beaucoup d’argent. C’est une dégénération par rapport au niveau auquel Dieu l’a mis. Et ce commerce rapporte beaucoup d’argent. Mais la sexualité est grande : gardez votre dimension sexuelle, votre identité sexuelle. Gardez-la bien. Et préparez-la pour l’amour, pour l’inclure dans cet amour qui vous accompagnera toute votre vie. Je vais vous raconter une chose, et puis vous en dirai une autre. Sur la place[Saint-Pierre] un jour – je salue les gens sur la place – il y avait deux personnes âgées qui célébraient le soixantième anniversaire de leur mariage. Ils étaient lumineux ! J’ai dit : « Vous vous êtes beaucoup disputés ? » – « Eh bien, parfois… » – « Et ce mariage en vaut-il la peine ? » – Ils me regardaient, se regardaient, puis me regardaient à nouveau, et leurs yeux étaient humides. Ils m’ont dit : « Nous sommes amoureux ». Après 60 ans ! Et puis je voulais vous dire : un jour, un vieil homme – très vieux, avec son épouse, âgée – m’a dit : « Nous nous aimons beaucoup, beaucoup et parfois nous nous embrassons. On ne peut pas faire l’amour à notre âge, mais on s’embrasse, on s’embrasse… C’est la vraie sexualité. Ne jamais l’enlever jamais du plus bel endroit de l’amour. C’est comme ça qu’on doit parler de la sexualité. Ça va ?

QUESTION IV

Paul – Bonjour, Saint-Père, je m’appelle Paul et j’ai 17 ans. L »engagement des chrétiens dans la société est un aspect qui est souvent revenu, cette année, mais ce n’est pas toujours facile, parce que la société elle-même ou les médias reprochent parfois à l’Église d’être à la fois silencieuse et trop active. Vous-même, Saint-Père, vous arrive-t-il de vous sentir « confus » quelquefois entre ces différentes positions. Ma question est : comment pouvons-nous gérer cela en tant que chrétiens et membres de l’Église ?

Pape François – Il y a aussi dans la Bible, au début, dans la Création, une parole qui vous aidera. Quand Caïn tua Abel, Dieu appela Caïn et lui posa la question : « Caïn, où est ton frère ? » Celui-ci s’est un peu énervé et a dit : « Suis-je le gardien de mon frère ? ». On a là [par contraste] l’élément clé de l’engagement avec les autres, celui que l’on a, plus familièrement, avec la famille, avec les amis, et celui que l’on a dans la société. Même l’engagement de faire quelque chose pour le pays, pour le monde. S’engager. Prendre soin de nos frères, comme on a besoin que nos frères prennent soin de nous. C’est la vie du chrétien : nous ne vivons pas dans l’isolement. Nous ne sommes pas isolés, nous sommes un corps, un corps, et Dieu veut que nous vivions en communauté, que nous prenions soin les uns des autres, que nous essayions de nous entraider. L’engagement. C’est la base de l’engagement, de l’engagement, la base. Dans la famille, dans le quartier, avec les amis. Dans la société, un chrétien doit être une personne engagée. Pas seulement ceux qui font de la politique, non, pas seulement eux. Tous, tous. Là où l’on se trouve. Vous êtes expert-comptable ? Voyez comment faire. Vous êtes médecin ? Voyez comment faire. Tout le monde. Mais on ne peut pas être chrétien sans s’engager dans la société, sans créer la société. Ne sois pas choqué par ça. Pour être un bon chrétien, il faut se salir les mains en aidant les autres. Pas seulement des idées, non, des faits. Engagez-vous. Et tant de fois nous faisons des erreurs, c’est humain de faire des erreurs. Je demande pardon et je continue. Mais s’engager. Que puis-je faire pour les autres ? Pour ma famille, pour ma patrie, pour le monde. Toujours chercher… le contraire de Caïn. Caïn s’est lavé les mains. Pilate s’est lavé les mains. Le chrétien se salit les mains. Vous comprenez ? Faire du bien pour les autres.

Et il y a autre chose que je voulais vous dire…. Contre l’engagement chrétien, il y a deux ennemis très laids. Le premier c’est l’égoïsme : « Non… Je regarde mes affaires, mon argent, ma famille… ». La fermeture. L’égoïsme est une fermeture. Les égoïstes ne savent pas regarder l’horizon. Leur cœur est tellement fermé. Pensez à une mère : une mère égoïste, comment ferait-elle ? Imaginons comment elle ferait : elle se lève, regarde le bébé, c’est l’heure du lait, elle lui donne le lait… et part à ses occupations ; puis il est sale, elle le nettoie, et le laisse… C’est une mère égoïste, fermée sur elle-même. Que fait une vraie mère ? Elle ne dort pas pour entendre le bébé ! Elle se lève, le prend dans ses bras, l’embrasse. Elle dépend de son enfant. Elle est impliquée dans la vie de l’enfant. Eh bien, c’est l’un des ennemis : l’égoïsme. L’autre ennemi, puissant, qui vient quand on commence à s’engager davantage dans la société, quand on a un emploi, une place importante, c’est la corruption. La corruption, c’est vivre pour soi-même. Mais elle est si mauvaise qu’elle finit par ne plus vous laisser vivre pour vous-même, mais vivre « pour se remplir les poches » : elle vous attache à l’argent. C’est une mauvaise chose. La corruption du cœur, la corruption coupe tous les idéaux.

Donc : Caïn, la voix de Dieu qui dit : « Où est ton frère ? » c’est-à-dire que vous devez prendre en charge votre frère. Pilate qui se lave les mains ; le chrétien qui se salit les mains pour les autres, s’engage dans la société et travaille. Et puis attention à l’égoïsme qui ferme le cœur, et à la corruption qui enlève le cœur de là où il est pour le mettre dans les poches. Est-ce que c’est clair ? Vous êtes d’accord ou pas ? Etsi  quelqu’un qui n’est pas d’accord, qu’il le dise,  afin que nous puissions en discuter un peu. D’accord…

QUESTION V

Noémie – Je m’appelle Noémie et j’ai 17 ans ; comme les autres jeunes du diocèse, je suis dans une paroisse vivante où on est bien  ; c’est un lieu où les jeunes se connaissent et ont plaisir à se retrouver. C’est pourquoi je me suis demandé, Saint-Père : si vous deviez prendre en charge une paroisse aujourd’hui, quelle serait la première chose que vous feriez ?

Émilie – Je m’appelle Émilie. J’ai 25 ans. Certains de mes amis ont quitté l’Église et je n’ai pas été capable de les accompagner vers le Christ. Saint-Père, comment accompagner les personnes qui nous entourent ? Avez-vous une expérience personnelle d’accompagnement de jeunes à nous raconter ?

Pape François – J’ai été curé de paroisse pendant six ans : c’est le meilleur travail que j’aie jamais fait. Je ne sais pas ce que j’ai fait en premier. Je ne me souviens pas. Mais je pense que si j’étais nommé curé de paroisse aujourd’hui, la première chose que je ferais serait de m’y rendre, d’ouvrir la porte de l’église, de m’y asseoir et d’accueillir les gens. C’est la première chose que je ferais. Et une autre chose que je ferais, et que j’aime tant, c’est sortir dans le quartier et aller saluer les gens : « Quel est votre nom ? Enchanté…. » Regarder dans les yeux. Tu te souviens du mot que j’ai dit tout-à-l’heure ? « Proximité ». La première chose qu’un curé de paroisse doit faire, c’est d’être proche des gens. Un jour, j’ai connu un curé – ce n’était pas un curé de paroisse, il était au service diplomatique du Saint-Siège – mais il avait été curé avant d’entrer. Et il me disait : « J’étais si heureux dans le village où j’étais curé. Je connaissais tout le monde, je connaissais même les noms des chiens ». Elle est bonne, celle-là ! Il est là, il est proche, il sait tout. Un curé de « proximité ». C’est vrai que c’est fatiguant d’être proches des gens parce que, quand ils vous font confiance, ils viennent, ils vous demandent, ils vous disent…

Et puis je dirai quelque chose que tu ne m’as pas demandé, mais qui peut aider : quel serait le premier conseil que je donnerais aux gens comme curé ? De ne pas être bavard. S’il vous plait, une paroisse où l’on ne parle pas sur le dos des autres est une sainte paroisse. Un prêtre français m’a raconté que dans sa paroisse il y avait une dame qui disait du mal de tout le monde, une bavarde. Sa maison était si près de la fenêtre de la paroisse qu’elle pouvait voir l’intérieur de l’église. Un jour, cette femme est tombée malade. Et elle a appelé le curé de la paroisse. Elle lui a dit : « Père, je ne peux pas aller à la messe, pour faire la communion, pouvez-vous me l’apporter ? Et le curé, qu’a-t-il répondu ? « Mais madame, ce n’est pas nécessaire, avec la langue que vous avez, de votre fenêtre elle arrive au Tabernacle ! Pour vous faire comprendre un peu. Mais dire du mal des autres, ce n’est pas bien, Non, non, ne le faites jamais ! Mais c’est beau de dire du mal d’autrui ? Oui, c’est beau, mais on reste le coeur amer. « Et mon père, comment pourrais-je ne pas dire du mal ? » Il y a un médicament qui est très pratique et qui ne coûte rien : mordez-vous la langue.

Il y a une vieille règle des pèlerins, du Moyen Âge plus ou moins, qui disait,  lorsque les personnes âgées et jeunes partaient en pèlerinage : jamais, jamais, jamais dépasser le pas de l’autre. Respecter le pas de l’autre. Accompagner les jeunes, c’est cela : respecter. Et si tu veux lui dire d’aller plus vite ? « Regarde cette belle chose !…. Tu y arrives ? » Donc, s’il y arrive, vous commencez à accélérer. Mais jamais aller plus vite sans lui. Dis-lui quelque chose de beau pour qu’il commence à aller plus vite.

QUESTION VI

Un des jeunes – J’ai une autre question, Saint-Père : à ses débuts, l’Église était omniprésente dans la société, c’était un modèle à suivre. Aujourd’hui, la société a évolué et la France est un pays laïque où le nombre de chrétiens a fortement diminué. L’Église a-t-elle encore sa place ? Et à quoi sert-elle ? Je vous demande alors, Saint-Père : pourquoi s’engager dans une institution qui me semble parfois vide de sens et sans place ?

Pape François – Ta question est très réaliste, très réaliste. Cela me fait penser à un fan de football qui est embauché dans une équipe et l’équipe commence à baisser, baisser, baisser, et demande : comment puis-je rester dans cette équipe ? Peut-être qu’il dit : « Non, ça ne va pas, je change d’équipe. S’il n’a pas une grande passion pour cette équipe, mais qu’il a une passion pour le football, il choisit une autre équipe qui joue mieux. Il change d’équipe, change d’institution. Mais appartenir à l’Église, tout d’abord, n’est pas appartenir à une institution, c’est appartenir à la personne, à Jésus. Le dimanche des Rameaux, Jésus a été porté en triomphe ; quand il a fait la multiplication des pains, ils voulaient en faire un roi – une belle institution ! – or, le Vendredi Saint, il a été crucifié. Il s’agit de suivre Jésus, pas de suivre les conséquences de Jésus. Pas les conséquences sociales : si l’église est grande ou si elle est petite…, non, mais Jésus. Le suivre dans les moments de calme, quand l’Église s’épanouit ; et le suivre dans les moments où l’Église est en crise. Regardez l’histoire de l’Église : c’est comme ça que ça s’est passé avec l’Église. L’Église n’a pas été portée par de grandes organisations, de grands partis politiques, de grandes institutions …… Non. L’Église a été portée par les saints. Et aujourd’hui, ce seront les saints qui la porteront, pas nous, et pas le Pape non plus. Non, les saints. Ils nous ouvrent le chemin. Et pourquoi les saints ? Parce qu’ils suivent Jésus. La foi n’est pas une idée : c’est une rencontre avec Jésus. J’espère pour toi que cette rencontre t’accompagnera toute la vie.

QUESTION VII

Pauline – Bonjour, Saint-Père. Je m’appelle Pauline et j’ai 27 ans. En écoutant les témoignages, comment accompagner la vocation de chacun dans ce contexte ?

Pape François – La vocation est un don de Dieu, et il faut prendre soin d’elle. Tu penses aux vocations sacerdotales, aux vocations religieuses ou à toutes les vocations ?
[Réponse de la jeune femme : aux vocations religieuses et sacerdotales]

Le Seigneur appelle. Et la personne appelée dit : « Je veux être religieuse, je veux être prêtre, je veux être religieuse… ». Et un cheminement commence, qu’il faut accompagner normalement. Normalement. J’ai peur des séminaristes qui font comme ça [qui prennent une « pose »], j’ai peur, car ils ne sont pas normaux. Tu veux être prêtre ? Tu dois être vrai, un homme normal qui avance. Tu veux être religieuse ? Tu dois être une femme mûre qui avance. Jamais renier ‘humanité. Ils doivent être normaux, car le mal commis par un prêtre névrosé est terrible ! Et le mal qu’une religieuse névrosée peut commettre est terrible ! Les accompagner dans la normalité : d’abord. Deuxièmement, les accompagner dans la foi. Ils doivent grandir dans la foi, pour comprendre la beauté de Dieu, comprendre le chemin de Jésus, et que leur vie change dans la relation avec la prière. Troisièmement, les accompagner dans l’appartenance communautaire. Un prêtre isolé par la communauté, ce n’est pas bien. C’est un vieux garçon. Les vieux garçons sont ceux qui ne se marient pas et deviennent vieux. Ceux qui ne se marient pas et restent seuls toute leur vie. Des célibataires, mais j’ai dit un mot plus fort. Non, le prêtre ne doit pas être un vieux garçon isolé, il doit être un père. La paternité : les éduquer à la paternité. Et aussi dans la fraternité. Il en va de même pour la religieuse: celle-ci doit apprendre à être la mère de tant de personnes, et la communauté aussi. Mais la sœur a un avantage sur le prêtre, un grand avantage – pour cette raison je crois que les soeurs sont plus importantes que les prêtres – en ce sens : elles sont l’icône de Marie et de l’Église. Que cela est beau ! L’icône de Marie. Une religieuse est l’icône de la Vierge et de l’Église. L’éduquer comme cela, et en communauté, toujours. Les aider à grandir et les accompagner.

Pape François (salutations finales) :

Je vous salue tous, et vous souhaite bonne continuation ! Dans la vie, nous faisons tous des erreurs, il y a de mauvaises glissades, mais rappelez-vous le chant des alpins : « Dans l’art de l’escalade, le secret n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester par terre. Ça va va bien ?

Maintenant, je vous invite à prier ensemble, « Je vous salue Marie ou… »

[Bénédiction]

Et priez pour moi, je vous prie. J’en ai besoin, parce que ce travail ce n’est pas facile!
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Source : https://fr.zenit.org/
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