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 Le pape François : Dialogue avec les jeunes

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Date d'inscription : 17/03/2013

13082018
MessageLe pape François : Dialogue avec les jeunes




Le pape François a rencontré les jeunes issus de presque 200 diocèses italiens, au Cirque Maxime, ce samedi soir 11 avril 2018. Arrivé sur le site vers 18h30, le pape a d’abord fait plusieurs tours en papamobile, avant d’écouter les paroles de salutations d’un jeune représentant. Puis il a entamé un dialogue en répondant à trois questions avant de délivrer son discours de salutations :

Réponse du pape François à la première question :

Bonsoir ! Je vous dis la vérité : je connaissais les questions et j’ai fait une ébauche de réponse, mais aussi, en les entendant, j’ajouterai spontanément quelque chose. Parce que la manière dont ils ont posé leur question va au-delà de ce qui est écrit.

Toi, Letizia, tu as employé un mot important qui est « le rêve ». Et tous les deux, vous en avez employé un autre très important : « peur ». Ces deux mots nous éclaireront un peu.

Les rêves sont importants. Ils gardent notre regard large, ils nous aident à embrasser l’horizon, à cultiver l’espérance dans toutes nos actions quotidiennes. Et les rêves des jeunes sont les plus importants de tous. Un jeune qui ne sait pas rêver est un jeune anesthésié ; il ne pourra pas comprendre la vie, la force de la vie. Les rêves te réveillent, d’emmènent plus loin, ce sont les étoiles les plus lumineuses, celles qui indiquent un chemin différent pour l’humanité. Voilà, vous avez dans le cœur ces étoiles brillantes que sont vos rêves : ils sont votre responsabilité et votre trésor. Faites qu’ils soient aussi votre avenir ! Et c’est le travail que vous devez fournir : transformer les rêves d’aujourd’hui dans la réalité de l’avenir et pour cela, il faut du courage, comme nous l’avons entendu de tous les deux. À elle, on disait : « Non, non ; étudie l’économie parce qu’avec cela tu vas mourir de faim » et à lui « oui, le projet est bon mais enlevons ce morceau et celui-ci et celui-là… » et à la fin il ne restait plus rien. Non ! Mener à bien avec courage, le courage devant les résistances, les difficultés, tout ce qui fait que nos rêves sont éteints.

Certes, il faut que nos rêves grandissent, qu’ils soient purifiés, mis à l’épreuve et qu’ils soient aussi partagés. Mais vous-êtes-vous jamais demandé d’où viennent vos rêves ? Mes rêves, d’où viennent-ils ? Sont-ils nés lorsque je regardais la télévision ? J’écoutais un ami ? Je rêvais les yeux ouverts ? Est-ce que ce sont des rêves grands ou des rêves petits, misérables, qui se contentent du moins possible ? Les rêves du confort, les rêves du seul bien-être : « Non, non, je vais bien comme cela, je ne vais pas plus loin ». Mais ces rêves te feront mourir, dans la vie ! Ils feront que ta vie ne sera pas quelque chose de grand ! Les rêves de tranquillité, les rêves qui endorment les jeunes et qui font d’un jeune courageux un jeune de canapé. C’est triste de voir des jeunes sur leur canapé, qui regardent passer la vie sous leurs yeux. Les jeunes – je l’ai dit d’autres fois – sans rêves, qui partent à la retraite à 20, 22 ans : mais que c’est triste un jeune à la retraite ! En revanche, le jeune qui rêve de grandes choses va de l’avant, il ne part pas tôt à la retraite. Compris ? C’est comme cela, les jeunes.

Et la Bible nous dit que les grands rêves sont ceux qui sont capables d’êtres féconds : les grands rêves sont ceux qui donnent une fécondité, qui sont capables de semer la paix et de semer la fraternité, de semer la joie, comme aujourd’hui ; voilà, ce sont de grands rêves parce qu’ils pensent à tout le monde avec le « NOUS ». Une fois, un prêtre m’a posé une question : « Dites-moi, quel est le contraire de ‘je’ ». Et moi, ingénu, je suis tombé dans le piège et j’ai dit : « Le contraire de ‘je’, c’est ‘tu’ ». « Non, Père, ceci, c’est le germe de la guerre. Le contraire de ‘je’, c’est ‘nous’ ». Si je dis : le contraire, c’est toi, je fais la guerre. Si je dis que le contraire de l’égoïsme est le ‘nous’, je fais la paix, je fais la communauté, je fais avancer les rêves de l’amitié, de la paix. Réfléchissez : les vrais rêves sont les rêves du ‘nous’. Les grands rêves incluent, impliquent, sont extravertis, partagent, génèrent une nouvelle vie. Et les grands rêves, pour le rester, ont besoin d’une source inépuisable d’espérance, d’un Infini qui souffle dedans et les dilate. Les grands rêves ont besoin de Dieu pour ne pas devenir des mirages ou un délire de toute-puissance. Tu peux rêver de grandes choses, mais tout seul, c’est dangereux, parce que tu pourras tomber dans le délire de la toute-puissance. Mais avec Dieu, n’aie pas peur : avance. Rêve en grand !

Et puis, le mot que vous avez employé tous les deux : « peur ». Vous savez ? Les rêves des jeunes font un peu peur aux adultes. Ils font peur parce que, quand un jeune rêve, il va loin. Peut-être parce qu’ils ont cessé de rêver et de risquer. Souvent, la vie fait que les adultes cessent de rêver, ils cessent de risquer ; peut-être parce que vos rêves remettent en cause leurs choix de vie, des rêves qui vous poussent à exprimer une critique, à les critiquer. Mais ne vous laissez pas voler vos rêves. Il y a un jeune, ici en Italie, vingt ans, vingt-deux, qui a commencé à rêver et à rêver grand. Et son papa, un grand homme d’affaires, a cherché à le convaincre, mais lui : « Non, je veux rêver. Je rêve ce que je sens en moi ». Et à la fin, il est parti, pour rêver. Et son papa l’a suivi. Et ce jeune s’est réfugié à l’évêché, il s’est dépouillé de ses vêtements et les a donnés à son père : « Laisse-moi suivre mon chemin ». Ce jeune, un Italien du XIIIème siècle, s’appelait François et il a changé l’histoire de l’Italie. François a risqué pour rêver grand ; il ne connaissait pas les frontières et il a fini sa vie en rêvant. Réfléchissez : c’était un jeune comme nous. Mais comme il rêvait ! On disait qu’il était fou parce qu’il rêvait ainsi. Et il a fait beaucoup de bien et continue à en faire. Les jeunes font un peu peur aux adultes parce que les adultes ont cessé de rêver, ils ont cessé de risquer, ils se sont bien installés. Mais, comme je vous l’ai dit, vous, ne vous laissez pas voler vos rêves. « Et comment faire, Père, pour ne pas me laisser voler mes rêves ? » Cherchez de bons maîtres capables de vous aider à les comprendre et à les rendre concrets graduellement et dans la sérénité. Soyez à votre tour de bons maîtres, des maîtres d’espérance et de confiance à l’égard des nouvelles générations qui vous suivent. « Mais comment puis-je devenir un maître ? » Oui, un jeune qui est capable de rêver devient un maître, par son témoignage. Parce que c’est un témoignage qui secoue, qui fait bouger les cœurs et fait voir des idéaux que la vie courante recouvre. Ne cessez pas de rêver et soyez des maîtres en rêves. Le rêve a une grande force. « Père, et où puis-je acheter les pastilles qui me feront rêver ? » Non, celles-là, non ! Celles-ci te font rêver : elle endorment ton cœur ! Elles te brûlent les neurones. Elles te ruinent la vie. « Et où puis-je acheter les rêves ? » Les rêves ne s’achètent pas. Les rêves sont un don, un don de Dieu, un don que Dieu sème dans vos cœurs. Les rêves nous sont donnés gratuitement, mais parce que nous les donnons aussi gratuitement aux autres. Offrez vos rêves : personne, en les prenant, ne vous appauvrira. Offrez-les aux autres gratuitement.

Chers jeunes, « non » à la peur. Ce que t’a dit ce professeur ! Il avait peur ? Et oui, peut-être avait-il peur ; mais lui, il était déjà installé, il était tranquille. Mais parce qu’il ne voulait pas qu’une jeune suive son chemin ? Il t’a fait peur. Et que t’a-t-il dit ? « Fais des études d’économie, tu gagneras plus ». C’est un piège, le piège de l’avoir, de s’installer dans un bien-être et de ne pas être un pèlerin sur la route de nos rêves. Chers jeunes, soyez des pèlerins sur la route de vos rêves. Prenez le risque de ce chemin : n’ayez pas peur. Risquez parce que c’est vous qui réaliserez vos rêves, parce que la vie n’est pas une loterie : la vie se réalise. Et tous, nous avons la capacité de le faire.

Le saint pape Jean XXIII disait : « Je n’ai jamais connu de pessimiste qui ait conclu quelque chose de bien » (interview de Sergio Zavoli à Mgr Capovilla, dans Jesus, N.6, 2000). Nous devons apprendre cela, parce que cela nous aidera dans la vie. Le pessimiste te met par terre, il ne te fait rien faire. Et la peur te rend pessimiste. Pas de pessimisme. Risquer, rêver et en avant.
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Source : https://fr.zenit.org/

Réponse du pape François à la deuxième question, posée par Martina sur l’engagement pour la vie : comment s’engager dans une vie de mariage lorsque l’on a des études à terminer et que les adultes nous poussent à attendre ?

Pape François :

Elle est courageuse, Martina, hein ? Elle secoue notre stabilité et en plus elle parle avec feu ! J’aurais envie de lui demander si elle n’est pas par hasard la nièce de saint Jean Chrysostome pour parler comme cela, avec autant de force ! Choisir, pouvoir décider soi-même semble être l’expression la plus élevée de la liberté. Choisir et pouvoir décider soi-même. Et en un certain sens, c’est vrai. Mais l’idée de choix que nous respirons aujourd’hui est une idée de liberté sans liens, sans engagement et toujours avec un chemin de fuite : un « je choisis, mais… ». Tu as mis le doigt sur la plaie, choisir celui-ci pour toute la vie, le choix de l’amour… Là aussi nous pouvons dire : « Je choisis mais pas maintenant, quand j’aurai fini mes études », par exemple. Le « je choisis, mais » : ce « mais » nous arrête, ne nous laisse pas avancer, ne nous laisse pas rêver, nous enlève notre liberté. Il y a toujours un « mais » qui, parfois, devient plus grand que le choix et l’étouffe. C’est ainsi que la liberté s’effrite et ne maintient plus ses promesses de vie et de bonheur. Et nous concluons alors que la liberté aussi est un mensonge et que le bonheur n’existe pas.

Chers jeunes, la liberté de chacun est un grand don, un don qui t’est fait et que tu dois garder pour le faire grandir, faire grandir la liberté, la faire se développer ; la liberté n’admet pas de demi-mesures. Et elle parlait de la liberté la plus grande, qui est la liberté de l’amour : mais pourquoi dois-je terminer ma carrière universitaire avant de penser à l’amour ? L’amour vient quand il veut – le vrai amour. Est-ce un peu dangereux, de parler aux jeunes de l’amour ? Non, ce n’est pas dangereux.

Parce que les jeunes savent bien quand c’est le véritable amour et quand c’est simplement de l’enthousiasme, maquillé en amour : vous faites bien la distinction, vous n’êtes pas bêtes, vous ! Et c’est pourquoi nous avons le courage de parler de l’amour. L’amour n’est pas une profession : l’amour, c’est la vie et si l’amour vient aujourd’hui, pourquoi dois-je attendre trois, quatre, cinq ans pour le faire grandir et pour le rendre stable ? Sur ce point, je demande aux parents d’aider les jeunes à mûrir quand il y a l’amour, que l’amour mûrisse, ne pas le repousser à plus tard en disant : « Non, parce que si tu te maries maintenant, ensuite, tu auras des enfants et tu ne pourras pas finir ta carrière, et tous ces efforts que nous avons fait pour toi » » : cette histoire, nous l’entendons tous… Dans la vie, en revanche, il faut toujours mettre l’amour à la première place, mais l’amour véritable : et là, vous devez apprendre à discerner quand c’est l’amour véritable et quand c’est seulement de l’enthousiasme. « Pourquoi ai-je du mal, disait-elle, à dire que je suis fiancée ? ». C’est-à-dire à montrer, à faire voir cette nouvelle carte d’identité dans ma vie ? Parce que c’est tout un monde de conditionnements.

Mais il y a une autre chose qui est très importante : « Mais toi, tu veux te marier ? »… « Mais, faisons cela : tu avances comme cela, tu fais semblant de ne pas aimer, tu étudies et puis tu commences à vivre une double vie ». Le plus grand ennemi de l’amour, c’est la double vie : vous avez compris ? Ou dois-je être plus clair ? Le plus grand ennemi de l’amour, ce n’est pas seulement de ne pas le laisser grandir maintenant, d’attendre que j’aie fini ma carrière, mais c’est de faire une double vie parce que si tu commences à aimer la double vie, l’amour se perd, l’amour s’en va. Pourquoi est-ce que je dis cela ? Parce que dans l’amour véritable, l’homme a une tâche et la femme en a une autre. Vous savez quelle est la plus grande tâche de l’homme et de la femme dans le véritable amour ? Vous le savez ? La totalité : l’amour ne tolère pas de demi-mesures : ou tout, ou rien. Et pour faire grandir l’amour, il faut éviter les échappatoires. L’amour doit être sincère, ouvert, courageux. Dans l’amour, tu dois te jeter dans le feu : c’est ce que nous disons en Argentine.

Il y a quelque chose dans la Bible qui me touche beaucoup : à la fin de la Création du monde, on dit que Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance : « Il les créa homme et femme, tous deux à son image et à sa ressemblance ». C’est cela l’amour. Quand tu vois un mariage, le couple d’un homme et d’une femme, qui avancent dans la vie de l’amour, il y a là l’image et la ressemblance de Dieu. Comment est Dieu ? Comme ce couple. Voilà l’image et la ressemblance de Dieu. On ne dit pas que l’homme est à l’image et à la ressemblance de Dieu, que la femme est à l’image et à la ressemblance de Dieu. Non, tous les deux, ensemble, sont à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et puis, cela continue dans le Nouveau Testament : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour devenir avec sa femme une seule chair ». Voilà l’amour. Et quelle est la tâche de l’homme dans l’amour ? Rendre sa femme, ou sa fiancée, davantage femme. Et quelle est la tâche de la femme dans le mariage ? Rendre son mari, ou son fiancé, plus homme. C’est un travail à deux, qui grandissent ensemble ; mais l’homme ne peut pas grandir tout seul dans le mariage, si sa femme ne le fait pas grandir et la femme ne peut pas grandir dans le mariage si son mari ne la fait pas grandir. Et c’est cela l’unité et cela signifie « une seule chair » : ils deviennent « un » parce que l’un fait grandir l’autre. C’est l’idéal de l’amour et du mariage.

Pensez-vous qu’un tel idéal, quand on sent qu’il est vrai, quand il est mûr, doive être repoussé à plus tard pour d’autres intérêts ? Non, il ne faut pas. Il faut risquer dans l’amour, mais dans l’amour vrai, pas dans l’enthousiasme amoureux maquillé en amour.

Alors il faut que nous nous demandions : où est mon amour, où est mon trésor ? Où est la chose que je considère comme la plus précieuse dans ma vie ? Jésus parle d’un homme qui avait vendu tout ce qu’il avait pour acheter une perle précieuse de très grande valeur. L’amour, c’est cela : tout vendre pour acheter cette perle précieuse de très grande valeur. Tout. C’est pourquoi l’amour est fidèle. S’il y a infidélité, il n’y a pas d’amour ; ou c’est un amour malade, ou petit, qui ne grandit pas. Tout vendre pour une seule chose. Réfléchissez bien à l’amour, réfléchissez-y sérieusement. N’ayez pas peur de penser à l’amour, mais à l’amour qui prend des risques, à l’amour fidèle, à l’amour qui fait grandir l’autre et réciproquement. Pensez à l’amour fécond.

J’ai vu ici, pendant que je faisais le tour, des enfants dans les bras de leurs parents : voilà le fruit de l’amour, du véritable amour. Risquez sur l’amour !

Troisième question, posée par Dario, sur le besoin qu’ont les jeunes de voir dans l’Église des témoins lorsque le doute est plus grand que les certitudes, et sur le mystère du mal.

Réponse du pape François :

Dario a mis le doigt sur la blessure et a répété plus d’une fois le mot « pourquoi ». Les « pourquoi » n’ont pas tous une réponse. Pourquoi les enfants souffrent-ils, par exemple ? Qui peut me l’expliquer ? Nous n’avons pas la réponse. Nous trouverons seulement quelque chose en regardant le Christ crucifié et sa Mère : nous trouverons là une route pour entendre dans notre cœur quelque chose qui soit une réponse. Dans la prière du Notre Père (cf. Mt 6,13), il y a une demande : « Ne nous induis pas en tentation ». La traduction italienne, récemment, a été ajustée à la traduction précise du texte original, parce que cela pouvait sembler équivoque. Dieu notre Père peut-il « nous induire » en tentation ? Peut-il tromper ses enfants ? Bien sûr que non. Et c’est pourquoi la véritable traduction [italienne, ndlr] est « Ne nous abandonne pas à la tentation ». Empêche-nous de faire le mal, libère-nous des pensées mauvaises… Parfois, même s’ils parlent de Dieu, les mots trahissent son message d’amour. Parfois, c’est nous qui trahissons l’Évangile.

Et lui, il a parlé de cette trahison de l’Évangile et il a dit ceci : « L’Église porteuse de la Parole de Dieu sur la terre semble toujours plus distante et enfermée dans ses rituels ». C’est fort, ce qu’il a dit. C’est un jugement sur nous tous et aussi en particulier pour – disons-le ainsi – les pasteurs ; un jugement sur nous, les consacré(e)s. Il nous a dit que nous sommes toujours plus distants et enfermés dans nos rituels. Écoutons cela avec respect. Ce n’est pas toujours comme cela mais c’est parfois vrai. Pour les jeunes, ce n’est plus suffisant d’imposer d’en-haut : « Nous avons besoin de preuves et d’un témoignage sincère qui nous accompagne et nous écoute, dans les doutes que notre génération porte quotidiennement ». Et il nous demande à tous, pasteurs et fidèles, d’accompagner, d’écouter, de donner un témoignage. Si moi, chrétien, fidèle laïc/que, prêtre, sœur, évêque, si nous, chrétiens, nous n’apprenons pas à écouter, nous ne serons jamais capables de donner une réponse positive. Et bien souvent, les réponses positives ne peuvent pas être données à travers les mots : il faut les donner en se risquant soi-même dans le témoignage. Là où il n’y a pas de témoignage, il n’y a pas l’Esprit-Saint. C’est sérieux.

On disait des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ». Parce que les gens voyaient le témoignage. Ils savaient écouter et puis ils vivaient comme le dit l’Évangile. Être chrétien n’est pas un état de vie, un état qualifié : « Je te remercie, Seigneur, parce que je suis chrétien et je ne suis pas comme les autres qui ne croient pas en toi ». Vous aimez cette prière ? (Ils répondent : non). C’est la prière du pharisien, de l’hypocrite ; c’est ainsi que prient les hypocrites. « Mais, les pauvres, ils ne comprennent rien. Ils ne sont pas allés au catéchisme, ils ne sont pas allés dans un collège catholique, ils ne sont pas allés dans une université catholique… mais, ce sont de pauvres gens… » : C’est chrétien, cela ? C’est chrétien ou pas ? (Ils répondent : non) Non ! C’est scandaleux ! C’est un péché. « Je te remercie, Seigneur, parce que je ne suis pas comme les autres : je vais à la messe le dimanche, je fais ceci, j’ai une vie ordonnée, je me confesse, je ne suis pas comme les autres… » C’est chrétien ? (Ils répondent : non) Non ! Nous devons choisir le témoignage. Une fois, à un repas avec des jeunes, à Cracovie, un jeune m’a dit : « J’ai un problème, à l’université, parce que j’ai un camarade  qui est agnostique. Dites-moi, Père, que dois-je dire à ce camarade agnostique pour lui faire comprendre que notre religion est la vraie ? » J’ai dit : « Mon cher, la derrière chose à faire, c’est de lui dire quelque chose. Commence à vivre en chrétien et c’est lui qui te demandera pourquoi tu vis ainsi ».

Et Dario continuait ainsi : « Les fastes inutiles et les fréquents scandales rendent désormais l’Église peu crédible à nos yeux. Saint-Père, avec quels yeux pouvons-nous relire tout cela ? » Le scandale d’une Église formelle, qui n’est pas témoin ; le scandale d’une Église fermée parce qu’elle ne sort pas. Lui, tous les jours, il doit sortir de lui-même, qu’il soit content, qu’il soit triste, mais il doit sortir pour caresser les malades, pour donner les soins palliatifs qui rendent moins douloureux leur passage dans l’éternité. Et lui, il sait ce que c’est que sortir de soi, aller vers les autres, aller au-delà des frontières qui me donnent une sécurité. Dans l’Apocalypse, il y a un passage où Jésus dit : « Je frappe à la porte ; si vous m’ouvrez, j’entrerai et je dînerai avec vous ». Jésus veut entrer chez nous. Mais je pense bien souvent à Jésus qui frappe à la porte, mais de l’intérieur, pour que nous le laissions sortir, parce que bien souvent, sans le témoignage, nous le gardons prisonnier de nos formalités, de nos fermetures, de nos égoïsmes, de notre façon de vivre cléricale. Et le cléricalisme, qui n’appartient pas qu’aux clercs, est une attitude qui nous touche tous : le cléricalisme est une perversion de l’Église. Jésus nous enseigne ce chemin de sortie de nous-mêmes, le chemin du témoignage. Et c’est cela le scandale – parce que nous sommes pécheurs ! – ne pas sortir de nous-mêmes pour rendre témoignage.

Je vous invite à demander – à Dario ou à quelqu’un d’autre – qu’il fasse ce travail, qu’il soit capable de sortir de lui-même, pour rendre témoignage. Et puis réfléchir. Quand je dis : « l’Église ne rend pas témoignage », puis-je le dire aussi de moi-même, ceci ? Est-ce que je rends témoignage ? Lui, il peut le dire parce qu’il rend témoignage tous les jours, avec les malades. Mais moi, puis-je le dire ? Chacun de nous peut-il critiquer tel prêtre, tel évêque ou tel autre chrétien, s’il n’est pas capable de sortir de lui-même pour rendre témoignage ?

Chers jeunes – et c’est mon dernier mot – le message de Jésus, l’Église sans le témoignage n’est que du vent.
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