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 Evêques italiens : on « ne peut pas parler de pauvreté et vivre comme un pharaon »

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Date d'inscription : 17/03/2013

22052018
MessageEvêques italiens : on « ne peut pas parler de pauvreté et vivre comme un pharaon »



On « ne peut pas parler de pauvreté et vivre comme un pharaon », a asséné le pape François devant les évêques italiens, dans la soirée du 21 mai 2018. Il les a rencontrés au Vatican dans le cadre de la 71e Assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne (CEI).

Discours du pape François :

Chers frères, bonsoir !

Bienvenus au Vatican. Mais je crois que cette salle [celle du Synode] n’est au Vatican que quand il y a le pape, parce qu’elle est sur le territoire italien. La Salle Paul VI aussi … C’est comme ça, n’est-ce pas ?

Merci beaucoup de votre présence pour inaugurer cette journée de Marie Mère de l’Eglise. Disons de tout notre cœur, tous ensemble : « Monstra te esse matrem ». Encore : « Monstra te esse matrem ». C’est la prière : « Fais-nous sentir que tu es la mère », que nous ne sommes pas seuls, que tu nous accompagnes comme mère. C’est la maternité de l’Eglise, de la Sainte Mère l’Eglise Hiérarchique, qui est rassemblée ici … Mais qu’elle soit mère. « Sainte mère l’Eglise hiérarchique », comme aimait dire Saint Ignace [de Loyola]. Que Marie, notre Mère, nous aide afin que l’Eglise soit mère. Et – suivant l’inspiration des pères – que notre âme aussi soit mère. Les trois femmes : Marie, l’Eglise et notre âme. Toutes les trois mères. Que l’Eglise soit Mère, que notre âme soit Mère.

Je vous remercie pour cette rencontre que je voudrais être un moment de dialogue et de réflexion. J’ai pensé, après vous avoir remercié pour tout le travail que vous faites – il y en a pas mal ! –, partager avec vous trois préoccupations que j’ai, mais pas pour vous « frapper », non, mais pour dire que ces choses m’inquiètent, après à vous de voir … Et pour vous donner la parole afin que vous me posiez toutes les questions, les inquiétudes, les critiques – critiquer le Pape ici n’est pas un péché ! Ce n’est pas un péché, on peut le faire – et les inspirations que vous portez dans le cœur.

La première chose qui m’inquiète est la crise des vocations. C’est notre paternité qui est en jeu ici ! J’ai déjà parlé de cette préoccupation, ou plutôt de cette hémorragie de vocations, à la Plénière de la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostoliques, expliquant qu’il s’agit du fruit empoisonné de la culture du provisoire, du relativisme et de la dictature de l’argent, qui éloignent les jeunes de la vie consacrée ; à côté, certainement, la tragique diminution des naissances, cet « hiver démographique » ; ainsi que les scandales et un témoignage tiède. Combien de séminaires, d’églises et monastères et couvents seront fermés les prochaines années par manque de vocation ? Dieu le sait. Il est triste de voir cette terre qui a pendant de longs siècles été fertile et généreuse pour donner des missionnaires, des religieuses, des prêtres, pleines de zèle apostolique, entrer en même temps que le vieux continent dans une stérilité vocationnelle, sans chercher de remèdes efficaces. Je crois qu’on les cherche, mais n’arrivons pas à les trouver !

J’en propose par exemple un plus concret – parce que nous devons commencer par les choses pratiques, celles qui sont dans nos mains –, je vous en propose un plus concret et plus généreux le partage fidei donum entre les diocèses italiens qui enrichirait certainement tous les diocèses qui donnent et ceux qui reçoivent, renforçant dans les cœurs du clergé et des fidèles le sensus ecclesiae et il sensus fidei. Voyez si vous pouvez … Faire un échange de [prêtres] fidei donum d’un diocèse à l’autre. Je pense à des diocèses du Piémont : il y a une grande aridité … Et je pense aux Pouilles, où il y a une surabondance … Imaginez, une belle créativité : un système fidei donum à l’intérieur de l’Italie. Quelqu’un sourit … Mais voyons si vous êtes capables de faire cela.

Deuxième préoccupation : pauvreté évangélique et transparence. Pour moi, toujours – parce que je l’ai appris comme jésuite dans la constitution – la pauvreté est « mère » et elle « mur » de la vie apostolique. Elle est mère parce qu’elle la fait naître, et mur parce qu’elle la protège. Sans pauvreté il n’y a pas de zèle apostolique, il n’y a pas de vie de service aux autres … C’est une préoccupation qui concerne l’argent et la transparence. En réalité, celui qui croie ne peut pas parler de pauvreté et vivre comme un pharaon. On voit parfois ces choses … parler de pauvreté et mener une vie de luxe… c’est un contre-témoignage ; et traiter l’argent sans transparence ou gérer les biens de l’Eglise comme s’il s’agissait de biens personnels est un vrai scandale. Vous connaissez les scandales financiers qu’il y a eu dans certains diocèses … S’il vous plait, cela me fait mal d’entendre qu’un ecclésiastique s’est fait manipuler en se mettant dans des situations qui dépassent ses capacités ou, pire encore, en gérant de manière malhonnête « les monnaies de la veuve ». Nous avons le devoir de gérer de manière exemplaire, avec des règles claires et communes, ce pour quoi nous devrons un jour rendre compte au maitre de la vigne. Je pense à l’un de vous, par exemple – je le connais bien – qui jamais, jamais, n’invite à diner ou à déjeuner avec l’argent du diocèse : il paie de sa poche, sinon il n’invite pas. De petits gestes, comme proposition faite dans les exercices spirituels. Nous avons le devoir de gérer de manière exemplaire à travers des règles claires et communes ce pour quoi un jour nous devrons rendre compte au maitre de la vigne. Je suis conscient – je tiens à vous le dire – et reconnaissant que dans la CEI on a beaucoup fait ces dernières années surtout, sur le chemin de la pauvreté et de la transparence. Un beau travail de transparence. Mais on doit faire encore davantage sur certaines choses, mais je vous en parlerai après.

Et la troisième préoccupation c’est la réduction et fusion des diocèses. Cela n’est pas facile, surtout à notre époque … L’année dernière nous étions sur le point d’en fusionner un, mais sont venus ceux de là-bas et ils ont dit : « ce diocèse est tout petit, Père pourquoi faites-vous cela… ? L’université a fermé ; une école a été fermée ; maintenant il n’y a pas de maire, il y a un délégué ; et maintenant vous aussi … ». On entend ça alors on dit : « Que l’évêque reste, parce qu’ils souffrent ». Mais je crois que des diocèses doivent fusionner. J’ai déjà soulevé cette question le 23 mai 2013, à savoir la réduction des diocèses italiens. Il s’agit certainement d’une exigence pastorale, étudiée et examinée plusieurs fois – vous le savez – avant même le concordat de 1929. En effet, Paul VI, en 1964, parlant le 14 avril à l’assemblée, parla d’un « nombre excessif de diocèses »; et successivement, le 23 juin 1966, il est revenu encore sur la question en rencontrant l’assemblée de la CEI en disant : « Il faudra donc retoucher certains diocèses, mais on devra plutôt procéder à la fusion de plusieurs diocèses, de manière à ce que la circonscription ait une extension territoriale, une consistance démographique, un clergé et des œuvres aptes à soutenir une organisation diocésaine vraiment fonctionnelle et à développer une activité pastorale efficace et unitaire ». Jusqu’ici Paul VI. La congrégation pour les évêques aussi en 2016 – mais j’en ai parlé en 2013 – a demandé aux conférences épiscopales régionales d’envoyer leur avis concernant un projet de réaménagement des diocèses au secrétariat général de la CEI. Nous parlons donc d’une vieille question actuelle, que l’on traine depuis trop longtemps, et je crois que le moment est venu de conclure au plus vite. C’est facile à faire, c’est facile … Il y a probablement un cas ou deux où on ne peut pas le faire maintenant pour ce que j’ai dit auparavant – parce que c’est un terre abandonnée –, mais on peut faire quelque chose.

Voici les préoccupations que j’ai voulu partager avec vous comme éléments de réflexion. Je vous laisse la parole et vous remercie pour la parresia. Merci infiniment.
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Source : https://fr.zenit.org/
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