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 Le pape invite à sauver les jeunes de « l’aliénation culturelle »

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Date d'inscription : 17/03/2013

17052018
MessageLe pape invite à sauver les jeunes de « l’aliénation culturelle »



« Quel est le cri des jeunes ?… « Sauvez-nous de la drogue ». Mais pas seulement de la drogue matérielle, aussi de la drogue aliénante, de l’aliénation culturelle », a souligné le pape François en dialoguant avec des représentants du diocèse de Rome, ce 14 mai 2018, en la basilique Saine-Jean-de-Latran.

Dialogue avec le pape François :

Mgr De Donatis – Bien cher pape François, tu as écouté de don Paolo une synthèse du travail que nos communautés ont fait sur les maladies spirituelles qui nous affligent. Cela n’a pas toujours été facile pour nous de reconnaître leur racine profonde, c’est-à-dire spirituelle : nous voyons bien les deux blocs qui nous empêchent de décider et de nous consacrer, avec plus de passion et plus d’aisance, à l’évangélisation. C’était comme un devoir de reconnaître que, malgré nos efforts, quelque chose « était malade à la racine », minant l’organisme ecclésial et le rendant en quelque sorte stérile. Comme tu peux imaginer, la tentation de la frustration, de l’amertume, peut faire son chemin, et avec elle une sensation d’impuissance. Cela serait comme entrer dans un mécanisme qui nous ferait à nouveau tourner à vide, et nous on n’a pas envie de tourner à vide. Nous voudrions repartir et bien repartir, en faisant en sorte que ces maladies déclenchent un processus de guérison … Comment faire ? Y-a-t-il une thérapie de base que tu pourrais prescrire pour toutes nos maladies ? Comment le Seigneur veut-il les guérir ? Et comment veut-il nous faire grandir à travers l’expérience que nous avons faite de ces maladies ?

Pape François – Certains mots m’ont frappé : par exemple le mot « racine ». En parlant de péchés, de défauts, de maladies, il faut toujours aller à la racine. Autrement, les maladies restent et reviennent. Puis, cette attitude de frustration, d’amertume – c’est une expérience quotidienne – quand je vais me confesser, je dis toujours les mêmes choses. Si, quand tu vas te confesser, tu t’aperçois de répéter toujours la même chose, arrête-toi et demande-toi ce qu’il se passe. Autrement, tu auras cette amertume : cela ne change pas … Non. Là tu as besoin d’une aide. L’amertume, la frustration c’est quand tu sens que tu ne peux pas changer, que tu ne peux pas guérir. Arrête-toi, pense.

L’impuissance. Le Seigneur veut nous faire grandir avec l’expérience de la guérison : Ce n’est pas par hasard si dans les évangiles, le Seigneur, sans être un guérisseur ou un sorcier, guérissait, guérissait, guérissait … C’est un signe de la rédemption, un signe de ce qu’il est venu faire : guérir nos racines. Il nous a guéris pleinement : la grâce guérit en profondeur. Elle n’anesthésie pas, elle guérit. Et cette expérience de guérison que nous avons vue chez le Seigneur – dans sa vie il guérissait à fond par le dialogue spirituel – nous devons la faire comme Eglise diocésaine.

Mais comment faire ? Chacun doit trouver le chemin. Comment la faire ? Tout seul, tu ne peux pas : tout seul personne ne peut guérir. Personne. Il faut quelqu’un qui m’aide. Le premier c’est le Seigneur. Après avoir trouvé la maladie, on a trouvé le péché, on a trouvé le défaut, on a trouvé la racine –  cette racine amère dont parle la Lettre aux Hébreux – après avoir trouvé cette racine amère, d’abord parler avec le Seigneur : « Regarde ce que j’ai, je n’arrive pas à m’arrêter, je tombe toujours dans la même chose … ». Et puis chercher quelqu’un qui m’aide, aller en «  consultation », c’est-à-dire aller trouver quelque bonne âme qui a ce charisme d’aider. Et pas nécessairement un prêtre : le charisme d’accompagnement spirituel est un charisme laïque qui nous est donné par le baptême – les prêtres aussi l’ont, parce qu’ils sont baptisés, grâce à Dieu ! – ; ce charisme peut être la communauté, peut être une personne âgée, une personne jeune, son conjoint … En somme, se faire aider par un autre et parler : « Regarde ça … ».

Parler avec Jésus, parler avec un autre, parler avec l’Eglise. Je crois que c’est le premier pas à faire. Puis, on peut lire quelque chose sur la question, ça aide. Il y a de belles choses, il y a aussi des méthodes pour résoudre certaines de ces maladies. Il y a deux ans, j’ai offert aux cardinaux, pour les vœux de Noël, une très belle chose écrite par le père Acquaviva : Accorgimenti per curare le malattie dell’anima. Ce livre a été publié par Mgr Libanori et le père Forlai… Cela peut aider, pour voir comment sont les maladies : « Ah, moi j’ai celle-ci ! », et comment les guérir ; ou lire quelque chose qu’on te conseille de lire. Mais toujours regarder devant. Je peux faire tout cela : prier, parler avec une autre personne, lire … Mais le seul capable de guérir c’est le Seigneur. Le seul.

Mgr De Donatis – Deuxième question. Nous voyons bien que la maladie de l’individualisme a produit aussi dans notre corps ecclésial une sorte de cassure, faite de tant d’isolements. La multiplicité et diversité des expériences de foi et de communauté dont nous provenons, bien que très valables en soi ( elles nous ont engendré, nous ont permis d’être ici ce soir!), ont été vécues de manière isolée, autoréférentielle, c’est-à-dire pas vraiment en harmonie pour former une unique Eglise, qui est cette Eglise diocésaine. A Rome on trouve le centre international de « tout » (mouvements, associations, mouvements, instituts religieux, centres universitaires, etc.), et il arrive que chacun se prend ce qui lui plait le plus ou ce qui lui est le plus utile pour son cheminement spirituel et de foi, s’isolant ou prenant les distances de tout le reste. Avec la même logique du supermarché qui produit un fidèle-consommateur : seulement qu’ici le produit qu’on offre est « le bien-être spirituel », détaché de la communion avec les autres. Se perd ainsi l’appartenance au Peuple de Dieu, on ne comprend plus pourquoi l’Eglise est nécessaire, pourquoi les autres sont nécessaires : en particulier cette Eglise qui est le diocèse. Comment récupérer cette communion avec le diocèse ? Comment redécouvrir le goût d’être le saint peuple de Dieu ? Comment pouvons-nous aller au-delà des appartenances exclusives et rassurantes de notre groupe ?

Pape François – Cette question est très importante ici à Rome, où il y a tant de chemins … A Rome on trouve de tout : ici on apprend la « tautologie ». Ici tu peux tout faire, tout et en abondance. Cela fait mal à l’estomac et tu n’arrives pas à digérer les choses dont tu as besoin.

Cet individualisme qui provoque des cassures, une conscience isolée, autoréférentielle, c’est toujours « se regarder le nombril ».  Ces personnes qui se regardent et cherchent – ceci est un grand danger – leur menu personnel : pas celui dont j’ai besoin, celui que m’indique le médecin, non, mais celui qui me plait. Ou bien cherchent des nouveautés. Ceux qui cherchent les nouveautés, ont faim de nouveauté. Je parle de braves chrétiens, qui veulent se donner du mal mais entendent parler de ci, de ça … les nouveautés … Quelqu’un qui cherche les nouveautés a besoin d’une voix réaliste qui dise : « Mais regarde, arrête-toi. Arrête-toi, va à l’essentiel. Cherche ce qui peut te guérir, pas les nouveautés, une derrière l’autre ». J’ai deux anecdotes qui peuvent servir, toutes les deux sur les exercices spirituels. L’une est un fait devenu à la mode, il y a quelques années, en Argentine, de faire la première semaine des exercices [ignaciens], celle de la connaissance de soi, des péchés, du repentir, avec des techniques psychologiques un peu orientalistes, étranges…; et il y avait des gens qui allaient vers ces nouveautés, et elles ne servaient à rien, parce qu’ils trouvaient les nouveautés mais eux ne changeait pas. Tu cherches seulement les nouveautés. Et l’autre anecdote sur les exercices nous dit que ces nouveautés se « dissolvent » uniquement avec une bonne dose de réalisme, qu’avec cette anxiété il faudrait quelqu’un qui me donne une gifle pour me réveiller. Il y avait des exercices pour religieuses et le prêtre qui donnait les exercices était une personne qui avait une doctrine spéciale sur la spiritualité, sur la consonance avec le monde aussi, avec le cosmos, en somme, des choses de ce genre … Et il y avait une soeur – 60 ans environ – qui depuis 40 ans était à l’hôpital, une Espagnole, de ces braves religieuses. C’était la période qu’elle avait pour faire ses exercices et elle s’y était inscrite. Mais ce prêtre avait une méthode orientaliste pour faire les exercices ; par exemple, il conseillait aux soeurs: « Le matin, la première chose que vous devez faire c’est un bain, une douche vitale », toutes ces choses un peu étranges … Il a fait asseoir les sœurs en cercle, une vingtaine de sœurs, et a commencé à dire : « Détends-toi, laisse-toi aller… ». Cette religieuse espagnole avalait … Mais après la seconde méditation elle s’est levée et a dit : « Père, je suis venue faire des exercices, pas de la gymnastique. Merci beaucoup et au revoir », et elle est partie. Parfois, il nous faut des personnes qui nous donnent une gifle, quand nous cherchons les nouveautés : chercher la crème sans le gâteau.

Nous devons chercher ce qui nous rend Eglise, la nourriture qui nous fait grandir comme Eglise. Et le danger dans ce cas est un des deux que j’ai souligné dans l’Exhortation sur la sainteté : le gnosticisme, qui te fait chercher des choses mais sans incarnation, sans entrer dans ta vie incarnée. Et tu deviens ainsi plus individualiste, plus isolé, avec ton gnosticisme. Et le diocèse, quand il y a des gens comme ça, ou quand la majorité est comme ça, ou un bon nombre qui a de l’influence est comme ça, retombe dans cette description d’une Eglise gnostique : « Un Dieu sans le Christ, un Christ sans Eglise, une Eglise sans peuple ». Et quand l’Eglise est sans peuple, il y a ces services liturgiques probablement délicieux mais sans force : il n’y a pas le peuple de Dieu. Un évêque me disait il y a un mois, environ, en parlant du peuple de Dieu, que la piété du peuple de Dieu, incarnée de cette façon, est le « système immunitaire » de l’Eglise. Parlant des maladies, le système immunitaire est cette piété populaire qui s’active toujours en communauté. C’est vrai, comme dit le bienheureux Paul VI au chapitre 48 d’Evangelii nuntiandi, qu’elle a ses défauts, mais elle a tat de vertus. Les défauts doivent guérir, mais les vertus doivent grandir. Toujours valoriser le saint peuple de Dieu qui, dans sa totalité, est infaillible en credendo (c. Lumen gentium, 12). N’oubliez pas cela, ce système immunitaire.

« Comment pouvons-nous aller au-delà des appartenances exclusives et rassurantes de notre groupe ? ». Il faut toujours examiner cet aspect : « Est-ce que je vais avec le Peuple de Dieu ? Améliorant, certes, mais est-ce que je veux toujours un peuple avec l’Eglise, une Eglise avec Jésus Christ incarné, un Jésus Christ avec Dieu ? ». C’est-à-dire le chemin inverse. C’est la seule façon : la communauté nous guérit, la spiritualité communautaire nous guérit.

Mgr De Donatis – La troisième : Une certaine lassitude est présente parmi nous, une chute de tension et de passion qui a pris tout le monde : prêtres, religieux, laïcs. La vie d’une paroisse postconciliaire à Rome (en général une grande paroisse, dans une grande ville) demande beaucoup d’efforts. On dirait que le temps ne suffit jamais pour faire tout ce qu’il y a à faire, pour atteindre tous les objectifs, qu’il ne suffit jamais. La vie ordinaire des paroisses « se mange » tout notre temps, si bien qu’il ne nous reste pas beaucoup pour cultiver une vie spirituelle, penser, projeter, réaliser de nouvelles choses. Nous ne te cachons pas, pape François, que parfois quand une nouvelle initiative est lancée dans le diocèse, elle est accueillie avec suspicion voire comme un fardeau, plus qu’avec enthousiasme. Nous sentons le besoin que tu nous aides à trouver des perspectives de cheminement où nous pouvons concentrer nos efforts les prochaines années à Rome. Pas beaucoup : deux ou trois. Notre magna charta est Evangelii gaudium, certes, mais nous entons le désir que tu nous aides à la traduire en « romanesco ». Avec un horizon et une adresse plus clairs et communs, le temps prend un rythme différent, moins essoufflé, nous fait vivre en participant jusqu’au bout ce que nous vivons.

Pape François – C’est vrai : certaines fois il peut arriver que l’on pense au travail apostolique d’une paroisse comme à une somme d’initiatives, de travaux … Et là il est difficile de tout faire. Ca, et ça, et ça …: faire la somme sans harmoniser. La question, en cette neuvaine de l’Esprit Saint, est sur l’harmonie : comment se porte l’harmonie paroissiale ? comment se porte l’harmonie diocésaine ? Comment se porte l’harmonie familiale ? L’Esprit Saint est l’harmonie – saint Basile le dit dans son traité sur l’Esprit Saint. L’Esprit crée le chaos et crée l’harmonie ! Parce que pour faire le chaos il est un champion, il suffit de lire le livre des Actes des Apôtres. Tout ce chaos qu’il a fait au début de l’Eglise apostolique … Mais il crée aussi l’harmonie. Et sans notre vie c’est la même chose : dans la vie paroissiale il fait le chaos qui va toujours avec l’harmonie, quand c’est Lui qui le fait. Et quand le chaos, c’est-à-dire la quantité de choses que l’on fait, sont de l’Esprit, il devient harmonieux, toujours, et on ne s’en lasse pas, on n’est pas épuisé. Le discernement va dans cette direction : l’harmonie de l’Esprit. L’harmonie de l’Esprit est une des choses que nous devons toujours chercher, mais toujours avec cette variété. Lui est capable d’unir tant de choses différentes, que Lui-même a créées. Ce point permet de résoudre cette difficulté : l’Esprit Saint, comment l’Esprit Saint réalise cette harmonie en moi, dans mon diocèse ? S’interroger sur l’harmonie. Qui n’est pas la même chose que mettre de « l’ordre », non. L’ordre peut être statique ; l’harmonie est quelque chose de dynamique, celle de l’esprit : elle est toujours en marche.

« Mais comment puis-je faire ? ». Je dirai trois points concrets qui peuvent aider à trouver cette harmonie. D’abord, la personne du Seigneur, le Christ, l’Evangile en main. Nous devons nous habituer à lire un passage de l’Evangile tous les jours : chaque jour un passage de l’Evangile, pour arriver à mieux connaître le Christ. Deuxième point, la prière : si tu lis l’Evangile, aussitôt te vient l’envie de dire quelque chose au Seigneur, de prier, d’entrer en dialogue avec lui … Et troisième point, les œuvres de miséricorde. Avec ces trois points je crois que ce sentiment de gêne disparaît et nous allons vers l’harmonie qui est si grande. Mais il faut toujours demander la grâce de l’harmonie dans ma vie, dans ma communauté et dans mon diocèse.

Mgr De Donatis – Nous n’avons pas oublié les réflexions faites l’année dernière sur les jeunes, à l’occasion du congrès diocésain, ni l’engagement pris à ne pas laisser seuls les jeunes et leurs familles. Tes paroles nous ont fait comprendre que nous devions nous « réveiller », sortir de notre sommeil ou de notre paresse, comme communauté chrétienne, et redécouvrir notre vocation maternelle à accompagner les jeunes dans la vie et dans leur cheminement de foi, en faisant attention à leurs vécus, à leur monde, en entrant en dialogue avec eux et accueillant leurs questions de vie … A Rome nous venons tout juste de commencer à repenser la pastorale des jeunes : il y a des expériences généreuses autour de nous, dans les paroisses et dans les associations, mais encore tant de désarroi et d’incertitude dans le monde des adultes. On a donc l’impression que nous ne nous sommes pas encore vraiment mis en jeu. Pour relancer notre réflexion sur ce point, nous voudrions te demander : quelles impressions as-tu eues du pré-synode avec les jeunes, qui s’est tenu en mars au Vatican ? S’il y a un cri qui s’élève du monde des jeunes, quel est-il ? A quoi devons-nous faire attention en particulier ?

Pape François – Du pré-synode, de l’assemblée pré-synodale des jeunes j’ai eu une bonne impression. Au début j’ai été toute la demi-journée avec eux, le jour de la saint Joseph, et puis ils ont continué à travailler. Ils étaient 315, plus ou moins, en liaison avec 30 milles autres. C’était des jeunes du monde entier, chrétiens, non chrétiens, non croyants, bien sélectionnés pour qu’ils aient le courage de parler. Et ils ont travaillé sérieusement. Les secrétaires du synode – le salésien et le jésuite qui travaillent avec eux, le père Sala et père Costa – me disaient qu’ils restaient jusqu’à 4h00 du matin, pour travailler les trois derniers jours sur le document, prenant celui-ci très au sérieux. Les jeunes veulent vraiment parler sérieusement. Au début ils m’ont posé des questions – comme celles-ci, mais elles étaient plus polies ! – mais après entre eux ils se sont encouragés à dire ce qu’ils éprouvaient, et ça s’est bien passé. Le document qu’ils ont fait est très beau, il est fort … Vous pouvez le demander au secrétariat du synode parce qu’il est intéressant. C’est l’impression que j’e ai eue.

Quel est le cri des jeunes ? Le cri des jeunes n’est pas toujours conscient. Je lie cela à un des problèmes plus graves, qui est le problème de la drogue. Le cri est : « Sauvez-nous de la drogue ». Mais pas seulement de la drogue matérielle, aussi de la drogue aliénante, de l’aliénation culturelle. Ils sont vraiment une proie facile pour l’aliénation culturelle : les propositions que l’on fait aux jeunes sont toutes aliénantes, toutes aliénantes. Celles que fait la société aux jeunes. Aliénante des valeurs, aliénante de l’insertion dans la société, aliénante aussi de la réalité : elles proposent une vie fantaisiste. Je suis inquiet de les voir communiquer et vivre dans le monde virtuel. Ils vivent comme ça, n’ont pas les pieds sur terre … Vendredi je suis allé à la clôture d’un cours de Scholas Occurrentes avec les jeunes : Ils venaient de Colombie, d’Argentine, du Mozambique, du Brésil, du Paraguay et d’autres Pays ; une cinquantaine de jeunes qui avaient fait ici une rencontre sur le harcèlement. Ils étaient tous là à m’attendre ; quand je suis arrivé, comme font les jeunes, ils ont fait du vacarme. Je me suis approché pour les saluer et peu m’ont serré la main : la plupart étaient avec leur portable : photo, photo, photo … Selfie. J’ai vu que c’était leur réalité : c’est leur monde réel, pas le contact humain. Et c’est grave. Ce sont des jeunes « virtualisés ». Le monde des communications virtuelles est une bonne chose, mais quand cela devient aliénant tu oublies de donner la main. Ils saluent avec leurs téléphones. Presque tous ! Ils étaient heureux de me voir, de me dire les choses … Et leur authenticité, ils l’exprimaient comme cela. Ils te saluaient comme cela. Nous devons faire « atterrir » les jeunes dans le monde réel. Toucher la réalité. Sans détruire les bonnes choses que peut avoir le monde virtuel, parce qu’elles servent. C’est important : la réalité, la concrétude. Je reviens donc sur une chose que j’ai dite avant sur une autre question : les œuvres de miséricorde aident beaucoup les jeunes. Faire quelque chose pour les autres, parce que ça les rend concrets, les fait « atterrir ». Et ils entrent dans un rapport social.

Et puis, ce que j’ai dit l’année dernière : les jeunes « déracinés ». Parce que si tu vis dans un monde virtuel, tu perds les racines. Ils doivent retrouver les racines, par e dialogue avec les vieux, les personnes âgées, parce que les parents sont d’une génération pour laquelle les racines ne sont pas très solides. Mais on peut aller au dialogue avec les vieux, avec les personnes âgées. N’oublions pas ce que dit le poète : « Tout ce que l’arbre a de fleuri, vient de ce qu’il a sous terre » : aller aux racines. Un des problèmes, à mon avis, aujourd’hui, plus difficile, chez les jeunes, c’est qu’ils sont déracinés. Ils doivent retrouver leurs racines, sans retourner en arrière : ils doivent les retrouver pour avancer.
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Source : https://fr.zenit.org/
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