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 François signe la préface du livre « Pouvoir et argent. La justice sociale selon Bergoglio »

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Date d'inscription : 17/03/2013

12042018
MessageFrançois signe la préface du livre « Pouvoir et argent. La justice sociale selon Bergoglio »



Le pape François a écrit la préface du livre "Pouvoir et argent. La justice sociale selon Bergoglio" (Potere e denaro. La giustizia sociale secondo Bergoglio) qui sort, en italien, ce jeudi 12 avril 2018. Édité par Michele Zanzucchi dans l’édition Città Nuova Editrice, le volume rassemble les discours et les textes papaux sur la richesse et la pauvreté, la justice et l’injustice sociale, la finance saine et perverse, les entrepreneurs et les spéculateurs.

Préface du pape François :

L’économie est une composante essentielle pour toute société. Elle détermine en grande partie la qualité de la vie, mais aussi celle de la mort, contribue à rendre digne ou indigne l’existence humaine. C’est pourquoi elle tient une place importante dans la réflexion de l’Église qui voit l’homme et la femme comme des personnes appelées à collaborer au plan de Dieu à travers le travail, mais aussi la production, la distribution et la consommation des biens et des services. Dès les premières semaines du pontificat, j’ai pu traiter des questions relatives à la pauvreté et la richesse, la justice et l’injustice, la finance, saine et perverse.

Si aujourd’hui nous regardons l’économie et les marchés dans le monde, il ressort un élément, c’est leur ambivalence. D’une part, jamais comme durant ces années, l’économie a permis à des milliards de personnes de goûter au bien-être, aux droits, à une meilleure santé et à tant d’autres choses. Mais en même temps l’économie et les marchés ont joué un rôle dans l’exploitation excessive des biens communs, dans l’augmentation des inégalités et dans la détérioration de la planète. Une évaluation éthique et spirituelle doit donc savoir se mouvoir dans cette ambivalence qui émerge dans des contextes de plus en plus complexes.

Notre monde est capable du mieux et du pire. Il l’a toujours été, mais aujourd’hui les moyens techniques et financiers ont amplifié les forces du bien et du mal. Alors que dans certaines parties de la planète on se noie dans l’opulence, dans d’autres on est sans le minimum pour survivre. Au cours de mes voyages, j’ai pu voir ces contrastes beaucoup plus que je n’ai pu le voir en Argentine. J’ai vu le paradoxe d’une économie mondialisée qui pourrait donner à manger, soigner et loger tous les habitants qui peuplent notre maison commune, mais qui — comme l’indiquent certaines statistiques préoccupantes — concentre dans les mains de quelques-uns la même richesse qui est l’apanage de la moitié pratiquement de la population mondiale. J’ai constaté que le capitalisme effréné des dernières décennies a encore élargi le fossé qui sépare les plus riches des plus pauvres, générant de nouvelles précarités et de nouveaux esclavages.

L’actuelle concentration des richesses est fruit, en bonne partie, des mécanismes du système financier. En regardant la finance, nous voyons par ailleurs qu’un système économique basé uniquement sur la proximité, à l’époque de la mondialisation, rencontre pas mal de difficultés : les institutions financières et les entreprises multinationales atteignent de telles dimensions qu’elles conditionnent les économies locales, mettant les États de plus en plus en situation de difficulté pour gérer le développement des populations. Par ailleurs, le manque de réglementation et de contrôles adéquats favorise la croissance du capital cumulatif qui ne s’intéresse pas aux investissements productifs à long terme, mais cherche le profit immédiat.

D’abord comme simple chrétien, puis comme religieux et prêtre, puis comme pape, j’estime que les questions sociales et économiques ne peuvent être écartées du message de l’évangile. C’est pourquoi, dans le sillage de mes prédécesseurs, j’essaie de me mettre à l’écoute des acteurs présents sur la scène mondiale, des travailleurs aux entrepreneurs, aux politiques, en donnant la voix en particulier aux pauvres, aux rejetés, à ceux qui souffrent. L’Eglise en diffusant le message de charité et de justice de l’Évangile, ne peut se taire devant l’injustice et la souffrance. Celle-ci peut et veut s’unir aux millions d’hommes et de femmes qui disent non à l’injustice de manière pacifique, en agissant pour une meilleure équité. Partout, il y a des gens qui disent oui à la vie, à la justice, à la légalité, à la solidarité. Tant de rencontres me confirment que l’évangile n’est pas une utopie, mais une espérance réelle, pour l’économie aussi : Dieu n’abandonne pas ses créatures à la merci du mal. Au contraire, Il les invite à ne pas se lasser de collaborer avec tout pour le bien commun.

Tout ce que je dis et j’écris sur le pouvoir de l’économie et de la finance veut être un appel afin que les pauvres soient mieux traités et que les injustices diminuent. En particulier, je demande constamment que l’on arrête de faire du profit sur les armes avec le risque de déclencher des guerres qui, en plus des morts et des pauvres, n’augmentent que les fonds de quelques-uns, des fonds souvent impersonnels et plus importants que les budgets des États qui les accueillent, des fonds qui prospèrent dans le sang innocent. Dans mes messages en matière économique et sociale, je souhaite solliciter les consciences, surtout de ceux qui spéculent et exploitent le prochain, pour que l’on retrouve le sens de l’humanité et de la justice. Et c’est pourquoi je ne peux pas ne pas dénoncer avec l’évangile en main les péchés personnels et sociaux commis contre Dieu et contre le prochain au nom du dieu argent et du pouvoir comme fin en soi. Je m’exprime aussi avec sollicitude parce que je suis conscient que d’autres crises économiques mondiales ne sont pas impossibles. Quand se vérifie l’écroulement d’une finance détachée de l’économie réelle, beaucoup en paient les conséquences et parmi ces nombreuses personnes surtout les pauvres, et que de gens deviennent pauvres, alors que les riches, eux, d’une façon ou d’une autre, s’en tirent souvent.

Que faire ? Une chose qui me semble importante est de conscientiser sur la gravité des problèmes. C’est ce que fait Michele Zanzucchi en recueillant, mettant en bon ordre et rendant accessibles aux lecteurs des synthèses de ce que je pense du pouvoir de l’économie et de la finance. J’espère que cela permettra à conscientiser et responsabiliser, favorisera des processus de justice et d’équité. Il ne suffit pas de passer un peu de pommade sur les blessures d’une société qui traite souvent tous et tout comme des marchandises, des marchandises qui, quand elles deviennent inutiles, sont jetées, selon cette culture du rebut dont j’ai parlé tant de fois. Seule une culture qui valorise toutes les ressources à disposition de la société, mais en premier lieu les ressources humaines, peut guérir les maladies profondes. Les chrétiens et les hommes de bonne volonté sont appelés à se sentir acteurs de cette culture de la valorisation. Conscientiser et valoriser donc, mais aussi renier. Il y a des non à dire à la mentalité du rebut : il faut éviter de s’uniformiser à la pensée unique, en faisant courageusement de bons choix et des choix à contre-courant. Tout le monde, comme enseignent les Écritures, peut revenir sur ses actes, se convertir, devenir témoins et prophètes d’un monde plus juste et solidaire.

Beaucoup, vraiment beaucoup, d’hommes et de femme de tout âge et latitude sont déjà enrôlés dans une impuissante « armée du bien », qui n’a d’autres armes que sa passion pour la justice, le respect de la légalité et l’intelligence de la communion. Est-ce trop demander de penser introduire dans le langage de l’économie et de la finance, de la coopération internationale et du travail ce mot, communion, en le déclinant comme soin des autres et de la maison commune, solidarité effective, collaboration réelle et culture du don ? Le bien n’est pas tranquillité et ne porte pas à être dociles. L’art d’aimer unique mode d’emploi de l’armée du bien, demande au contraire d’être actifs, demande la capacité à être les premiers à s’impliquer, à ne pas se lasser de chercher la rencontre, à accepter quelque sacrifice pour soi et à avoir tant de patience avec tous pour établir une meilleure réciprocité. Les trois attributs qui, traditionnellement, reviennent à plus haut niveau à Dieu sont le vrai, le bien et le beau. Ce n’est pas par hasard si l’Église parle de trois vertus théologales : la foi, la charité et l’espérance. Plus les êtres humains entrent dans le cercle vertueux de Dieu, qui est communion et amour, plus ils peuvent se redécouvrir vrais, bons et beaux. C’est possible : le fait que tant de travailleurs, d’entrepreneurs et administrateurs sont déjà au service de la justice, de la solidarité et de la paix nous confirme que le chemin de la vérité, de la charité et de la beauté, est ardu, mais praticable et nécessaire, même en économie et finance.

Comme en témoigne ce livre, ma pensée se situe sur la voie tracée par le très riche patrimoine de la doctrine sociale de l’Église. Quiconque peut la faire sienne, ne serait-ce qu’en lisant l’Abrégé de la doctrine sociale de l’Église que j’ai tant de fois cité, car, en quelques mots, celui-ci offre un panorama général de ce qu’est la pensée de l’Église en matière sociale. Parmi les textes que j’ai rédigés, l’auteur à juste titre a privilégié l’exhortation apostolique Evangelii gaudium et l’encyclique Laudato si’. En même temps il n’a pas été possible de couper les racines communautaires de ma pensée qui plongent en particulier dans l’Église latine. Je suis par exemple débiteur de la grande assemblée d’Aparecida, dans laquelle est reproposé un modèle aux chrétiens pour la vie sociale : voir, juger, et agir. C’est-à-dire que nous pouvons voir la réalité qui nous entoure à la lumière de la providence de Dieu ; la juger selon Jésus Christ, chemin, vérité et vie ; agir en conséquence dans l’Église et avec tous les hommes de bonne volonté.

Le monde créé aux yeux de Dieu est une bonne chose, l’être humain est une bonne chose (cf. Genèse 1, 4-31). Le péché a taché et continue de tacher la bonté originelle, mais il ne peut effacer l’empreinte de l’image de Dieu présent en tout homme. C’est pourquoi nous ne devons pas perdre espoir : nous vivons une époque difficile, mais pleine d’opportunités nouvelles et inédites. Nous ne pouvons cesser de croire qu’avec l’aide de Dieu et ensemble — je le répète ensemble — on peut améliorer notre monde et ranimer l’espérance, la vertu peut-être la plus précieuse aujourd’hui. Si nous sommes ensemble, unis en son nom, le Seigneur est au milieu de nous selon sa promesse (cf. Mathieu 18, 20) ; Il est donc avec nous au milieu du monde, dans les usines, dans les entreprises, dans les banques et dans les maisons, dans les bidonvilles et dans les camps de réfugiés : Nous pouvons, nous devons espérer.
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Source : https://fr.zenit.org/
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