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 Conférence dans l’avion Cartagena-Rome

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11092017
MessageConférence dans l’avion Cartagena-Rome




Durant sa traditionnelle conférence de presse de retour de ses déplacements internationaux, dans l’avion qui le ramenait de Cartagena à Rome, ce 11 septembre 2017, le pape a salué « le témoignage de joie, d’espérance, de patience dans la souffrance de ce peuple ».

Paroles du pape :

Pape François – J’ai été touché par la joie, par la tendresse des jeunes, par la noblesse du peuple colombien. Un peuple noble qui n’a pas peur de s’exprimer, de ressentir et de faire voir ce qu’il ressent. C’est comme cela que je l’ai perçu… Je remercie pour le témoignage de joie, d’espérance, de patience dans la souffrance de ce peuple. Cela m’a fait beaucoup de bien.

Vous êtes arrivé dans un pays divisé et entre ceux qui acceptent et ceux qui n’acceptent pas le processus de paix, que faire concrètement pour que les parties divisées dépassent la haine ? Si vous deviez revenir dans un an ou deux, comment aimeriez-vous que soit la Colombie ?

Pape François – Que la devise soit : faisons le second pas. Je pensais que cela faisait plus longtemps, il y a environ 54 ans de guérilla et là s’accumule beaucoup de haine, beaucoup de rancœur, beaucoup d’âmes malades. La maladie n’est pas coupable, elle vient, la maladie n’est pas coupable, elle vient… Ces guérillas et les paramilitaires ont fait des péchés graves qui ont provoqué cette maladie de la haine. Mais il y a des pas qui donnent de l’espérance. Le dernière est le cessez-le-feu du ELN, je le remercie beaucoup. Il y a quelque chose de plus que j’ai perçu : l’envie d’aller de l’avant dans ce processus va au-delà des négociations qui sont en train de se faire, c’est une envie spontanée et là, il y a la force du peuple. Le peuple veut respirer, nous devons l’aider, avec la proximité et la prière. Surtout avec la compréhension de toute la douleur qu’il y a chez ces gens.

Paroles de conclusion du pape

Je voudrais remercier l’exemple du peuple colombien. Je voudrais finir avec une image. Ce qui m’a le plus touché des Colombiens des quatre villes visitées était la foule le long des rues, les papas et les mamans qui portaient leurs enfants pour les faire voir au pape pour que le pape les bénisse. Comme s’ils disaient : « C’est mon trésor. C’est mon espérance. C’est mon avenir. J’y crois ». Cela m’a frappé : la tendresse, les yeux de ces papas et de ces mamans. Très beaux, très beaux. C’est un symbole, un symbole d’espérance, d’avenir. Un peuple capable de faire des enfants et ensuite de les faire voir comme cela, comme pour dire « c’est mon trésor », c’est un peuple qui a de l’espérance et qui a un avenir. Merci beaucoup.

La Colombie a souffert de violence pendant des décennies à cause d’un conflit armé et à cause du narcotrafic. Même si la corruption dans notre pays n’est pas nouvelle, maintenant qu’il n’y a plus de nouvelles sur la guerre, elle est devenue très visible. Que faire de ce fléau ? Comment châtier les corrompus ? Faut-il les excommunier ?

Le corrompu a-t-il le pardon ? Je me le suis demandé quand il y a eu, dans la province de Catamarca en Argentine, un cas de mauvais traitement et d’abus, de violence sur une petite fille et les pouvoirs politiques étaient impliqués dans cette histoire. J’ai écrit un petit livre intitulé « Péché et corruption ». Nous sommes tous pécheurs et nous savons que le Seigneur est proche de nous et ne se lasse pas de pardonner. Le pécheur demande pardon, le problème est que le corrompu se lasse de demander pardon et oublie comment demander pardon : c’est un état d’insensibilité devant les valeurs, l’exploitation des personnes… c’est très difficile d’aider un corrompu mais Dieu peut le faire.

Vous avez parlé du premier pas, aujourd’hui vous avez dit que, pour arriver à la paix, il fallait intégrer différents acteurs. Pensez-vous que le modèle de la Colombie soit reproductible dans d’autres conflits ?

Ce n’est pas la première fois que l’on intègre d’autres personnes. D’autres personnes ont été intégrées dans de nombreux conflits, c’est une manière sage d’aller de l’avant, la sagesse de demander de l’aide, mais je crois qu’aujourd’hui j’ai voulu le souligner dans l’homélie, qui était un message. Ces recours techniques, politiques, aident et demandent parfois l’intervention de l’ONU pour sortir de la crise, mais un processus de paix n’avancera que si le peuple le prend en main. Si le peuple ne le prend pas, on arrivera à un compromis mais… Ou le protagoniste est le peuple ou bien on n’arrivera que jusqu’à un certain point.

Comment allez-vous après votre incident à la tête ?

Je me suis penché pour saluer les enfants et je n’ai pas vu la vitre et… boum !

Pendant notre vol, nous passons près de l’ouragan Irma qui, après avoir causé des dizaines de morts dans les Caraïbes, se dirige maintenant vers la Floride, avec 6 millions de déplacés. Après l’ouragan Harvey, il y a eu presqu’en même temps trois ouragans dans la région. Les scientifiques pensent que le réchauffement des océans rend les ouragans saisonniers plus intenses. Y a-t-il une responsabilité morale des responsables politiques qui refusent de collaborer avec d’autres nations pour contrôler les émissions des gaz à effet de serre, parce qu’ils nient que ce changement soit aussi l’œuvre de l’homme ?

Qui nie ceci doit aller voir les scientifiques et leur demander : ils parlent très clairement, ils sont précis. L’autre jour, lorsqu’est sortie la nouvelle de ce bateau russe qui est allé de la Norvège au Japon, jusqu’à Taïpei, avec le Pôle nord sans glace, une autre nouvelle est sortie d’une université, disant ceci : « Nous n’avons que trois ans pour faire marche arrière, sinon les conséquences seront terribles ». Je ne sais pas si c’est vrai, trois années ou non, mais si nous ne faisons pas marche arrière… On voit les effets du changement climatique et les scientifiques disent clairement la voie à suivre. Et nous avons tous une responsabilité morale – petite ou grande – : accepter, donner son opinion, prendre des décisions et nous devons le prendre au sérieux. Je crois que c’est quelque chose de très sérieux. Chacun a sa responsabilité morale, les politiques ont la leur. Qu’on demande aux scientifiques, ils sont très clairs et qu’on décide ensuite et l’histoire jugera sur ces décisions.

Très souvent, dans les discours en Colombie, vous avez rappelé la nécessité de faire la paix avec la création et de respecter l’environnement pour créer une paix sociale stable. Nous voyons les effets des changements climatiques aussi en Italie, d’après ce que je sais, il y a eu beaucoup de morts en Italie…

Après trois mois et demi de sécheresse.

Pourquoi une prise de conscience tarde-t-elle, surtout de la part des gouvernements qui, en revanche, sont rapides dans d’autres secteurs, par exemple dans le domaine des armements ? Nous voyons par exemple la crise en Corée. Et sur ce point aussi j’aimerais avoir votre opinion.

Il me vient à l’esprit une phrase de l’Ancien Testament, je crois du psaume : l’homme est stupide, il s’entête et ne voit pas. Le seul animal de la création qui mette son pied sur le trou est l’homme. Le cheval, etc, ne le fait pas. Il y a l’orgueil, la suffisance… et puis il y a le « dieu poche », sur beaucoup de décisions, pas seulement sur la création, cela dépend de l’argent. Aujourd’hui, à Carthagène, j’ai commencé par une partie pauvre de la ville, de l’autre côté, la zone touristique, luxe et luxe sans mesures morales. Mais ceux qui y vont ne s’en aperçoivent-ils pas ? Les analystes sociopolitiques ne s’en aperçoivent-ils pas ? L’homme est stupide, disait la Bible. Quand on ne veut pas voir, on ne voit pas, on ne regarde que d’un côté. De la Corée du nord, vraiment, je ne comprends pas ce monde de la géopolitique, mais je crois qu’il y a là une lutte d’intérêts qui m’échappe, je ne peux pas l’expliquer mais l’autre est important, il ne prend pas conscience.

Récemment l’Église italienne a exprimé une sorte de compréhension envers la nouvelle politique du gouvernement de restreindre sur la question des départs de la Libye et par conséquent des débarquements. On a aussi écrit que, sur ce point, vous avez rencontre le président du Conseil, Gentiloni. Nous voudrions savoir si cette rencontre a eu lieu et si cette question a été abordée. Et surtout, que pensez-vous de cette politique de fermeture des départs, considérant aussi le fait qu’ensuite les migrants qui restent en Libye, comme cela a été prouvé par des enquêtes, vivent dans des conditions inhumaines, dans des conditions vraiment très précaires ? Merci.

Avant tout, la rencontre avec le (premier) ministre Gentiloni a été une rencontre personnelle et non sur cette question. C’était avant ce problème qui a émergé quelques semaines plus tard… Deuxièmement, je ressens un devoir de gratitude envers l’Italie et la Grèce parce qu’elles ont ouvert leur cœur aux migrants. Mais il ne suffit pas d’ouvrir son cœur. Le problème des migrants est : premièrement, un cœur ouvert, toujours, entre autres parce que c’est un commandement de Dieu, recevoir, parce que « tu as été esclave », migrant, en Égypte. Mais un gouvernement doit gérer ce problème avec la vertu propre au gouvernant, à savoir la prudence. Qu’est-ce que cela signifie ? D’abord, combien de places j’ai. Deuxièmement, ne pas seulement recevoir, (mais) intégrer.

J’ai vu ici, en Italie, des exemples de très belle intégration. Je suis allé à l’Université Roma Tre, quatre étudiants m’ont posé des questions. J’en regardais une, la dernière : mais ce visage, je le connais. C’était une étudiante qui, moins d’un an plus tôt, était venu de Lesbos avec moi en avion, elle a appris la langue, elle étudiait la biologie dans sa patrie, elle a fait l’équivalence et maintenant elle continue. Cela s’appelle intégrer. Sur un autre vol, je rentrais de Suède, j’ai parlé de la politique d’intégration de ce pays comme un modèle. Mais la Suède aussi a dit avec prudence : le nombre est celui-ci, je ne peux pas plus.

Troisièmement, il y a un problème humanitaire. Ce que vous disiez. L’humanité prend-elle conscience de ces camps, des conditions dans le désert ? J’ai vu des photos, ceux qui exploitent. Je crois, j’ai l’impression que le gouvernement italien fait tout, par des travaux humanitaires, pour résoudre même des problèmes qu’il ne peut assumer. Mais le cœur toujours ouvert, prudence et intégration, et proximité humanitaire. Et il y a une dernière chose que je veux dire et qui vaut surtout pour l’Afrique. Il existe, dans notre inconscient collectif, une devise, un principe : il faut exploiter l’Afrique.

Aujourd’hui, à Carthagène, nous avons vu un exemple d’exploitation, humain dans ce cas-là. Sur ce point, un chef de gouvernement a dit une belle vérité : ceux qui fuient la guerre, c’est un autre problème ; mais beaucoup qui fuient la faim, investissons là-bas pour qu’ils se développent. Mais dans l’inconscient collectif, il y a le fait que chaque fois que tous les pays développés vont en Afrique, c’est pour exploiter. Nous devons renverser cela. L’Afrique est une amie et il faut l’aider à grandir.

Cela fait déjà des mois que vous demandez la fin de toutes les violences au Venezuela. Mais le président Maduro, d’un côté a des paroles très violentes contre les évêques et de l’autre il dit qu’il est avec le pape François. Ne serait-il pas possible d’avoir des paroles plus fortes et peut-être plus claires ?

Je crois que le Saint-Siège a parlé fort et clairement. Ce que dit le président Maduro, c’est à lui de l’expliquer. Je ne sais pas ce qu’il a dans l’esprit. Le Saint-Siège a envoyé un nonce de premier niveau. Puis il a parlé, il a parlé avec des personnes, il a parlé publiquement. Bien souvent, à l’angélus, j’ai parlé de la situation. En cherchant toujours une voie de sortie, en aidant, en offrant une aide pour sortir. Il me semble que c’est très difficile. Ce qui est le plus douloureux, c’est le problème humanitaire. Les gens fuient et souffrent. Un problème humanitaire que nous devons aider à résoudre de toutes les manières possibles. Je crois que les Nations Unies doivent se faire entendre là aussi pour aider.

Chaque fois que vous rencontrez les jeunes, vous leur dites toujours : ne vous faites pas voler l’espérance, l’avenir. Il y a eu aux États-Unis l’abolition de la loi des « dreamers », rêveurs, huit cent mille jeunes qui perdent leur avenir…

J’ai entendu parler de cette loi, je n’ai pas pu lire les articles, comment la décision a été prise. Je ne connais pas bien, mais détacher les jeunes de leur famille n’est pas quelque chose qui donne un bon fruit, ni pour les jeunes ni pour la famille. Cette loi qui, je crois, viens de l’exécutif et non du Parlement, s’il en est ainsi, j’ai l’espérance que l’on y repense un peu. J’ai entendu parler le président des Etats-Unis qui se présente comme un homme pour la vie et s’il est un bon « pro-vie », il comprend l’importance de la famille et de la vie et il faut défendre l’unité de la famille.

C’est pourquoi j’ai l’intention de bien étudier cette loi. Quand les jeunes se sentent – je parle en général – exploités, à la fin, ils se sentent sans espérance. Et qui la vole ? La drogue, les autres dépendances, le suicide, qui survient quand on est détaché de ses racines. Le rapport avec les racines est très important, les jeunes déracinés, aujourd’hui, demandent de l’aide, ils veulent retrouver leurs racines, c’est pourquoi j’insiste tellement sur le dialogue entre jeunes et personnes âgées, parce les racines sont là, pour éviter les conflits avec les racines plus proches des parents.

Tout ce qui va contre les racines vole l’espérance. Cela dit, je ne veux pas m’exprimer sur la loi parce que je ne l’ai pas lue, et je n’aime pas parler de ce que je n’ai pas bien étudié.
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Sources : https://fr.zenit.org/
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http://papefrancois.jeun.fr
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