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 Ouverture du Congrès ecclésial romain

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20062017
MessageOuverture du Congrès ecclésial romain



Le pape François a invité le diocèse de Rome à penser sa pastorale « en dialecte romain », avec « les visages de familles bien concrets » afin de ne pas tomber « dans le nominalisme », en ouvrant le Congrès ecclésial diocésain, ce 20 juin 2017, en la basilique Saint-Jean-du-Latran.

Discours du pape François :

Chers frères et sœurs, bonsoir !

Comme disait un prêtre : « Avant de parler, je dirai deux mots ».

Je tiens à remercier le cardinal Vallini pour ses propos et je voudrais une chose qu’il ne pouvait pas dire, parce qu’il est sous le sceau du secret, mais le pape, lui, peut le dire. Quand, après l’élection, on m’a dit que je devais d’abord me rendre à la chapelle Pauline puis sur le balcon pour saluer la foule, j’ai tout de suite pensé au cardinal vicaire: « Je suis évêque, il y a un vicaire général … ». Tout de suite. J’ai senti ça avec sympathie. Et je l’ai appelé. Et d’un autre coté le cardinal Hummes, qui était à mes côtés pendant les scrutins, me disait des choses qui m’ont aidé. Les deux hommes m’ont accompagné et à partir de ce moment-là j’ai dit : « Sur le balcon avec mon vicaire ». Là, sur le balcon. Depuis il m’a accompagné, et je veux le remercier. Il a tant de vertus mais aussi un sens de l’objectivité qui m’a aidé tant de fois, parce que parfois je me mets à « voler » et lui il me fait « atterrir » très charitablement … Je vous remercie, Eminence, pour la compagnie. Mais le cardinal Vallini ne part pas à la retraite, parce qu’il est membre de six congrégations et continuera à travailler, et c’est mieux ainsi, parce qu’un napolitain sans travail serait une calamité, dans un diocèse … [il rit, tout le monde rit, applaudissements]. Je tiens à le remercier publiquement pour son aide. Merci !

Et à vous, bonsoir !

Je vous remercie pour cette opportunité de pouvoir lancer ce congrès diocésain au cours duquel vous aborderez un thème important pour la vie de nos familles : accompagner les parents dans l’éducation de leurs enfants adolescents.

Pendant ces journées, vous réfléchirez sur certains arguments-clés qui correspondent, d’une certaine manière, aux lieux où se joue notre vie de famille (la maison, l’école, les réseaux sociaux, la relation intergénérationnelle, la précarité de la vie et l’isolement familial).

J’aimerais partager avec vous quelques « présupposés » qui peuvent nous aider dans cette réflexion. Souvent, nous ne nous en rendons pas compte, mais l’esprit avec lequel nous réfléchissons est aussi important que les contenus (un bon sportif sait que le réchauffement compte autant que la prestation qui le suit). C’est pourquoi, cette conversation veut nous aider en ce sens : un « réchauffement » et puis ce sera à vous de « tout miser sur le terrain ».

In romanesco ! (en dialecte romain)

La première des clés pour entrer dans ce thème, j’ai voulu l’appeler « in romanesco » (en dialecte romain ») : le dialecte propre aux Romains. Il n’est pas rare que nous tombions dans la tentation de penser ou de réfléchir sur les choses « en général », « dans l’abstrait ». Penser aux problèmes, aux situations, aux adolescents… Et ainsi, sans nous en apercevoir, nous tombons en plein dans le nominalisme. Nous voudrions tout embrasser mais nous n’arrivons à rien. Aujourd’hui, je vous invite à penser « en dialecte ». Et pour cela, il faut faire un effort important, parce qu’il nous est demandé de penser à nos familles dans le contexte d’une grande ville comme Rome. Avec toute sa richesse, ses opportunités, sa diversité et en même temps avec tous ses défis. Non pas pour nous renfermer et ignorer le reste (nous sommes toujours italiens) mais pour aborder la réflexion, et même les moments de prière, avec un réalisme sain et stimulant.

La vie des familles et l’éducation des adolescents dans une grande métropole comme celle-ci exige à la base une attention particulière et nous ne pouvons pas la prendre à la légère. Parce que ce n’est pas la même chose d’éduquer ou d’être une famille dans un petit village et dans une grande métropole. Je ne dis pas que c’est mieux ou pire, c’est simplement différent. La complexité de la capitale n’admet pas de synthèses réductrices, elle nous stimule plutôt à un mode de pensée polyédrique, selon lequel chaque quartier et chaque zone trouve un écho dans le diocèse et ainsi le diocèse peut se rendre visible, palpable dans toutes les communautés ecclésiales avec sa manière d’être propre.

Vous vivez les tensions de cette grande ville. Dans beaucoup des visites pastorales que j’ai effectuées, on m’a présenté certaines de vos expériences quotidiennes : les distances entre la maison et le travail (dans certains cas, jusqu’à deux heures pour y arriver), le manque de liens familiaux proches, à cause du fait que l’on a dû déménager pour trouver un travail ou pour pouvoir payer un loyer, la vie toujours « au centime près » pour arriver à la fin du mois, parce que le rythme de la vie est en soi plus cher (au village, on s’arrange plus facilement), le temps si souvent insuffisant pour connaître ses voisins là où l’on vit, devoir laisser ses enfants seuls, dans de nombreux cas… Et nous pourrions continuer à énumérer une grande quantité de situations qui touchent la vie de nos familles. C’est pourquoi la réflexion, la prière, faites-la « en dialecte romain » avec les visages de familles bien concrets et en pensant comment vous aider entre vous à former vos enfants à l’intérieur de cette réalité. L’Esprit-Saint est le grand initiateur et générateur de processus dans nos sociétés et situations. Il est le grand guide des dynamiques transformatrices et salvatrices. Avec lui, n’ayez pas peur de « marcher » dans vos quartiers et de réfléchir à comment donner une impulsion et un accompagnement aux parents et aux adolescents. A savoir, concrètement.

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Avec le précédent, je m’arrête sur un autre aspect important. La situation actuelle fait petit à petit grandir, dans notre vie à tous et spécialement dans nos familles, l’expérience de se sentir « déracinés ». On parle de « société liquide » – et c’est ainsi – mais aujourd’hui, j’aimerais, dans ce contexte, vous présenter le phénomène croissant de la société déracinée. Cela signifie des personnes, des familles qui perdent peu à peu leurs liens, ce tissu vital si important pour se sentir partie prenante les uns des autres, participants avec les autres à un projet commun. C’est l’expérience de savoir que « nous appartenons » à d’autres (au sens le plus noble du terme). Il est important de tenir compte de ce climat de déracinement, parce que peu à peu il passe dans nos regards et spécialement dans la vie de nos enfants. Une culture déracinée, une famille déracinée est une famille sans histoire, sans mémoire, sans racines, justement. Et quand il n’y a pas de racines, n’importe quel vent finit par t’entraîner. C’est pourquoi une des premières choses auxquelles nous devons penser en tant que parents, que familles, que pasteurs, ce sont les scénarios où nous enraciner, où générer des liens, trouver des racines, où faire grandir ce réseau vital qui nous permette de nous sentir « chez nous ». Aujourd’hui, les réseaux sociaux sembleraient nous offrir cet espace de « réseau », de connexion avec les autres, et pour nos enfants, cela les fait sentir membres d’un groupe. Mais le problème qu’ils comportent, par leur caractère virtuel même, est qu’ils nous laissent comme « dans l’air » et donc très « volatiles ». Il n’y a pas pire aliénation pour une personne que de sentir qu’elle n’a pas de racines, qu’elle n’appartient à personne. Ce principe est très important pour accompagner les adolescents.

Très souvent, nous exigeons de nos enfants une formation excessive dans certains domaines que nous considérons importants pour leur avenir. Nous leur faisons étudier une quantité de choses pour qu’ils donnent le « maximum ». Mais nous ne donnons pas autant d’importance au fait qu’ils connaissent leur terre, leurs racines. Nous les privons de la connaissance des génies et des saints qui nous ont engendrés. Je sais que vous avez un laboratoire dédié au dialogue intergénérationnel, à l’espace des grands-parents. Je sais que cela peut paraître répétitif, mais je le sens comme quelque chose que l’Esprit-Saint pousse dans mon cœur : afin que nos jeunes aient des visions, soient des « rêveurs », qu’ils puissent affronter avec audace et courage les temps futurs, il est nécessaire qu’ils écoutent les rêves prophétiques de leurs pères (cf. Jl 3,2). Si nous voulons que nos enfants soient formés et préparés pour l’avenir, ce n’est pas seulement en apprenant les langues (pour prendre un exemple) qu’ils y parviendront. Il est nécessaire qu’ils se connectent, qu’ils connaissent leurs racines. C’est seulement ainsi qu’ils pourront voler haut, sinon ils seront pris par les « visions » des autres.  Et je reviens sur cette question; je suis obsédé, peut-être, mais … Les parents doivent faire de l’espace aux enfants pour parler avec les grands-parents. Tant de fois le grand-père ou la grand-mère est dans une maison de repos et ils ne vont pas les voir … Ils doivent parler. Voire passer au-dessus de leurs parents, mais prendre les racines des grands-parents. Les grands-parents ont cette qualité de la transmission de l’histoire, de la foi, de l’appartenance. Et ils le font avec la sagesse de qui est sur le seuil de la porte, prêt à s’en aller. Je reviens, ai-je dit, quelque fois, sur le passage de Joël 3,2: « Vos anciens seront instruits par des songes et vos fils et vos filles prophétiseront ». Et vous, vous êtes le pont. Aujourd’hui nous ne laissons pas rêver les grands-parents, nous les rejetons. Cette culture rejette les grands-parents parce qu’ils ne produisent pas: c’est la « culture du rejet ». Mais les grands-parents ne peuvent rêver que lorsqu’ils se rencontrent dans la nouvelle vie, alors ils rêvent, ils parlent … Mais pensez à Siméon, pensez à cette sainte et bavarde Anne qui allait et venait en disant: « Et  lui ! Et lui ! ». Que c’est beau, très beau ! Ce sont les grands-parents qui rêvent et donnent aux enfants l’appartenance dont ils ont besoin. J’aimerais que dans ce laboratoire intergénérationnel vous fassiez un examen de conscience sur cette question. Trouver l’histoire concrète qui en vos grands-parents. Et ne pas les laisser de côté. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit, mais me vient à l’esprit une histoire qu’une de mes grands-mères m’avait racontée quand j’étais enfant. Il était une fois, dans une famille, vivait un grand-père veuf: il habitait dans une famille, mais il avait vieilli et quand il mangeait, il faisait tomber un peu de soupe sur lui ou de la bave et il se salissait un peu. Alors le papa a décidé de le faire manger tout seul dans la cuisine, « comme ça on peut inviter des amis … ». Il en fut ainsi, Quelques jours plus tard, le papa rentre du travail et trouve l’enfant en train de jouer avec un marteau, des clous, du bois … « Mais que fais-tu? » – «  Une table » – « Une table, pourquoi donc ? » – « Une table pour manger » – « Mais pourquoi ? » – «  Pour que lorsque tu seras vieux, tu puisses manger tout seul, là ». Cet enfant avait compris avec intuition où étaient les racines.

En mouvement

L’adolescence est une phase de passage dans la vie, non seulement de vos enfants, mais de toute la famille ; vous le savez bien et vous le vivez ; et en tant que telle, dans sa globalité, nous devons l’affronter. C’est une phase-pont et, pour cette raison, les adolescents ne sont ni d’ici ni de là-bas, ils sont en chemin, en transit. Ce ne sont pas des enfants (et ils ne veulent pas être traités comme tels) et ce ne sont pas des adultes (mais ils veulent être traités comme tels, spécialement au niveau des privilèges). Ils vivent justement cette tension, avant tout en eux-mêmes et puis avec ceux qui les entourent (1). Ils cherchent toujours la confrontation, ils interrogent, ils mettent tout en discussion, ils cherchent des réponses. Ils passent à travers différents états d’âme et leurs familles avec eux. Mais, permettez-moi de vous dire que c’est un temps précieux dans la vie de vos enfants. Un temps difficile, oui. Un temps de changements et d’instabilité, oui. Une phase qui présente de grands risques, sans doute. Mais surtout, c’est un temps de croissance pour eux et pour toute la famille. L’adolescence n’est pas une pathologie et nous ne pouvons pas l’affronter comme si elle l’était. Un enfant qui vit son adolescence (aussi difficile soit-elle pour ses parents) est un enfant avec un avenir et une espérance. Je suis préoccupé par la tendance si fréquente actuellement à « médicaliser » précocement nos jeunes. Il semble que tout soit résolu avec des médicaments ou en contrôlant tout avec le slogan « exploiter le temps au maximum » et de cette manière l’agenda des jeunes est pire que celui d’un haut dirigeant.

Par conséquent, j’insiste : l’adolescence n’est pas une pathologie que nous devons combattre. Elle fait partie de la croissance normale, naturelle de la vie de nos jeunes. Là où il y a la vie, il y a le mouvement, là où il y a le mouvement, il y a des changements, une recherche, des incertitudes, il y a l’espérance, la joie et aussi l’angoisse et la désolation. Situons bien nos discernements à l’intérieur de processus vitaux prévisibles. Il existe des marges qu’il est nécessaire de connaître pour ne pas s’alarmer, pour ne pas être non plus négligeant, mais pour savoir accompagner et aider à grandir. Tout n’est pas indifférents, mais tout n’a pas non plus la même importance. C’est pourquoi il faut discerner quelles batailles sont à mener et lesquelles, non. Pour cela, il est très utile d’écouter des couples qui ont de l’expérience, qui, même s’ils ne nous donnent jamais de recette, nous aideront par leur témoignage à connaître cela ou cette marge ou cette gamme de comportements.
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Source : https://fr.zenit.org/
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