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 Catéchèse : « Comment naît l’espérance ? De la croix »

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Date d'inscription : 17/03/2013

13042017
MessageCatéchèse : « Comment naît l’espérance ? De la croix »




« Écoutez bien comment est la transformation que produit Pâques : Jésus a transformé notre péché en pardon, notre mort en résurrection, notre peur en confiance. (…) Avec Jésus, toutes nos obscurités peuvent être transformées en lumière, tous nos échecs en victoire, toutes nos déceptions en espérance ». C’est ce qu’a affirmé le pape François, ce Mercredi Saint 12 avril 2017, au cours de l’audience générale.

Catéchèse du pape François :

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dimanche dernier, nous avons fait mémoire de l’entrée de Jésus dans Jérusalem, parmi les acclamations festives des disciples et d’une grande foule. Ces gens mettaient beaucoup d’espoirs en Jésus : beaucoup attendaient de lui des miracles et de grands signes, des manifestations de puissance et jusqu’à la liberté par rapport aux occupants ennemis. Qui d’entre eux aurait imaginé que, peu après, Jésus serait au contraire humilié, condamné et tué sur la croix ? Les espérances terrestres de ces gens s’écroulent devant la croix. Mais nous croyons que c’est précisément dans le Crucifié que notre espérance renaît. Les espérances terrestres s’écroulent devant la croix, mais des espérances nouvelles renaissent et elles durent pour toujours. L’espérance qui naît de la croix est différente. C’est une espérance différente de celles qui s’écroulent, de celles du monde. Mais de quelle espérance s’agit-il ? Quelle espérance naît de la croix ?

Ce que dit Jésus juste après être entré dans Jérusalem peut nous aider à le comprendre : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24). Essayons de penser à un grain ou à une petite graine, qui tombe dans la terre. S’il reste fermé sur lui-même, il ne se passe rien ; si en revanche il se fend, il s’ouvre, alors il donne vie à un épi, à un germe, puis à une plante et la plante donnera son fruit.

Jésus a apporté dans le monde une espérance nouvelle et il l’a fait à la manière de la graine : il s’est fait tout petit, comme un grain de blé ; il a laissé sa gloire céleste pour venir parmi nous : il est « tombé en terre ». Mais cela n’était pas encore suffisant. Pour porter du fruit, Jésus a vécu l’amour jusqu’au bout, se laissant rompre par la mort comme une graine qui se laisse rompre sous la terre. C’est justement là, au point extrême de son abaissement – qui est aussi le point le plus élevé de l’amour – qu’a germé l’espérance. Si quelqu’un de vous demande : « Comment naît l’espérance ?  – De la croix. Regarde la croix, regarde le Christ crucifié et de là t’arrivera l’espérance qui ne disparaît plus, celle qui dure jusqu’à la vie éternelle ». Et cette espérance a germé précisément par la force de l’amour : parce que l’amour qui « espère tout, supporte tout » (1 Cor 13, 7), l’amour qui est la vie de Dieu a renouvelé tout ce qu’il a atteint. Ainsi, à Pâques, Jésus a transformé, en le prenant sur lui, notre péché en pardon. Mais écoutez bien comment est la transformation que produit Pâques : Jésus a transformé notre péché en pardon, notre mort en résurrection, notre peur en confiance. Voilà pourquoi là, sur la croix, notre espérance et née et renaît toujours ; voilà pourquoi, avec Jésus, toute nos obscurités peuvent être transformées en lumière, tous nos échecs en victoire, toutes nos déceptions en espérance. Toutes, oui, toutes. L’espérance surpasse tout, parce qu’elle naît de l’amour de  Jésus qui s’est fait comme le grain de blé en terre et qui est mort pour donner la vie et c’est de cette vie pleine d’amour que vient l’espérance.

Quand nous choisissons l’espérance de Jésus, nous découvrons petit à petit que la manière gagnante de vivre est celle de la graine, celle de l’amour humble. Il n’y a pas d’autre voie pour vaincre le mal et donner l’espérance au monde. Mais vous pouvez me dire : « Non, c’est une logique perdante ! » C’est ce qu’il semble, que ce soit une logique perdante, parce que qui aime perd le pouvoir. Avez-vous pensé à cela ? Qui aime perd le pouvoir, qui donne se dépossède de quelque chose et aimer est un don. En réalité, la logique de la graine qui meurt, de l’amour humble, est la voie de Dieu et elle seule donne du fruit. Nous le voyons aussi en nous : posséder pousse toujours à vouloir quelque chose d’autre : j’ai obtenu quelque chose pour moi et aussitôt j’en veux une autre plus grande et ainsi de suite, et je ne suis jamais satisfait. C’est une mauvaise soif ! Plus tu as, plus tu veux. Qui est vorace n’est jamais rassasié. Et Jésus le dit de manière nette : « Qui aime sa vie la perd » (Jn 12,25). Tu es vorace, tu cherches à avoir beaucoup de choses mais… tu perdras tout, même ta vie en fait : qui aime ce qu’il a et vit pour ses propres intérêts se gonfle uniquement de lui-même et perd. En revanche, qui accepte est disponible et sert, il vit à la manière de Dieu : alors il est gagnant, il se sauve et il sauve les autres ; il devient semence d’espérance pour le monde. Mais c’est beau d’aider les autres, de servir les autres… Peut-être nous lasserons-nous ! Mais la vie est ainsi et le cœur se remplit de joie et d’espérance. C’est l’amour et l’espérance ensemble : servir et donner.

Certes, cet amour vrai passe à travers la croix, le sacrifice, comme pour Jésus. La croix est le passage obligatoire, mais elle n’est pas le but, elle est un passage : le but est la gloire, comme nous le montre Pâques. Et là, une autre très belle image vient à notre aide, celle que Jésus a laissée à ses disciples pendant la dernière Cène. Il dit : « La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde » (Jn 16,21). Voilà : donner sa vie, ne pas la posséder. Et c’est ce que font les mamans : elles donnent une autre vie, elles souffrent, mais ensuite elles sont joyeuses, heureuses parce qu’une autre vie est venue au monde. Cela donne de la joie ; l’amour donne la vie au monde et il donne même du sens à la souffrance. L’amour est le moteur qui fait avancer notre espérance. Je le répète : l’amour est le moteur qui fait avancer notre espérance. Et chacun de nous peut se demander : « Est-ce que j’aime ? Ai-je appris à aimer ? Est-ce que j’apprends tous les jours à aimer plus ? », parce que l’amour est le moteur qui fait avancer notre espérance.

Chers frères et sœurs, ces jours-ci, jours d’amour, laissons-nous envelopper par le mystère de Jésus qui, comme un grain de blé, en mourant nous donne la vie. C’est lui la semence de notre espérance. Contemplons le Crucifié, source d’espérance. Petit à petit nous comprendrons qu’espérer avec Jésus, c’est apprendre à voir dès maintenant la plante dans la graine, Pâques dans la croix, la vie dans la mort. Je voudrais maintenant vous donner un devoir à faire à la maison. Cela nous fera du bien à tous de nous arrêter devant le crucifix  – vous en avez tous un à la maison – le regarder et lui dire : « Avec toi, rien n’est perdu. Avec toi, je peux toujours espérer. Tu es mon espérance ». Imaginons maintenant le crucifix et tous ensemble, disons à Jésus crucifié trois fois : « Tu es mon espérance ». Tous : « Tu es mon espérance ». Plus fort : « Tu es mon espérance ». Merci.
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Source : https://fr.zenit.org/
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