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 50e anniversaire de l’encyclique du bienheureux pape Paul VI

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05042017
Message50e anniversaire de l’encyclique du bienheureux pape Paul VI




Le pape a reçu en audience les participants au Congrès organisé par le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, ce mardi 4 avril 2017, dans la Salle du Synode. Le Dicastère s’est réuni à l’occasion du 50e anniversaire de l’encyclique du bienheureux Paul VI Populorum progressio, les 3 et 4 avril au Vatican.

Discours du pape François :

Chers frères et sœurs,

Merci pour votre invitation et votre accueil. Je vous remercie pour votre présence et pour votre activité de promotion humaine et du bien commun. Je remercie le cardinal Turkson pour ses paroles de salutations et pour avoir lancé, non sans fatigue, le nouveau Dicastère pour le service du développement humain intégral. Cela a été un modèle de parcours, dans la paix, la créativité, les consultations, vraiment un modèle de construction ecclésiale : merci, Éminence.

Vous êtes venus pour ce Congrès international parce que la naissance du nouveau Dicastère correspond de manière significative avec le 50ème anniversaire de l’encyclique Populorum progressio du bienheureux Paul VI. C’est lui qui a précisé en détails dans cette encyclique la signification du « développement intégral » (cf. n. 21) et c’est lui qui a proposé cette heureuse formule synthétique : « développement de tous les hommes et de tout l’homme » (n. 14).

Que veut dire, aujourd’hui et dans un avenir proche, développement intégral, c’est-à-dire développement de tous les hommes et de tout l’homme ? Sur les pas de Paul VI, peut-être est-ce dans le verbe intégrer – que j’aime beaucoup – que nous pouvons distinguer une orientation fondamentale pour le nouveau dicastère. Voyons ensemble quelques aspects.

Il s’agit d’intégrer les différents peuples de la terre. Le devoir de solidarité nous oblige à chercher de justes modalités de partage, pour qu’il n’y ait pas ce dramatique déséquilibre entre qui a trop et qui n’a rien, entre qui rejette et qui est rejeté. Seule la voie de l’intégration entre les peuples consent à l’humanité un avenir de paix et d’espérance.

Il s’agit d’offrir des modèles praticables d’intégration sociale. Tout le monde a une contribution à donner à l’ensemble de la société, tout le monde a une particularité qui peut servir pour vivre ensemble, personne n’est exclu d’apporter quelque chose pour le bien de tous. C’est à la fois un droit et un devoir. C’est le principe de la subsidiarité qui garantit la nécessité d’un apport de la part de tous, en tant qu’individus ou en tant que groupes, si nous voulons créer une cohabitation humaine ouverte à tous.

Il s’agit en outre d’intégrer dans le développement tous les éléments qui le rendent vraiment tel. Les différents systèmes : l’économie, la finance, le travail, la culture, la vie familiale, la religion sont, chacun à sa manière, un moment incontournable de cette croissance. Aucun d’eux ne peut être absolutisé et aucun d’eux ne peut être exclu d’une conception du développement humain intégral qui tienne compte de ce que la vie humaine est comme un orchestre qui joue bien si les différents instruments sont accordés et suivent une partition commune à tous.

Il s’agit encore d’intégrer la dimension individuelle et celle communautaire. On ne peut nier que nous sommes les enfants d’une culture, au moins dans le monde occidental, qui a exalté l’individu au point de faire de lui une sorte d’île, comme si l’on pouvait être heureux tout seul. D’autre part, les visions idéologiques et les pouvoirs politiques qui ont écrasé la personne, l’ont massifiée et privée de cette liberté sans laquelle l’homme ne se sent plus homme, ne manquent pas. À cette massifications s’intéressent aussi les pouvoirs économiques qui veulent exploiter la mondialisation, au lieu de favoriser un plus grand partage entre les hommes, simplement pour imposer un marché mondial dont ce sont eux qui dictent les règles et qui en tirent profit. Le je et la communauté ne sont pas concurrents entre eux, mais le je ne peut mûrir qu’en présence de relations interpersonnelles authentiques et la communauté est génératrice quand ses composantes le sont toutes ensemble et individuellement. Cela vaut encore plus pour la famille qui est la première cellule de la société et où l’on apprend à vivre ensemble.

Il s’agit enfin d’intégrer entre eux le corps et l’âme. Déjà Paul VI écrivait que le développement ne se réduit pas à une simple croissance économique (cf. n. 14) ; le développement ne consiste pas à avoir toujours plus de biens à sa disposition, pour un bien-être seulement matériel. Intégrer le corps et l’âme signifie surtout qu’aucune œuvre de développement ne pourra atteindre vraiment son but si elle ne respecte pas ce lieu où Dieu est présent à nous et parle à notre cœur.

Dieu s’est fait pleinement connaître en Jésus-Christ : en lui, Dieu et l’homme ne sont pas divisés et séparés entre eux. Dieu s’est fait homme pour faire de la vie humaine, personnelle et sociale, une voie concrète de salut. Ainsi, la manifestation de Dieu dans le Christ – y compris ses gestes de guérison, de libération, de réconciliation que nous sommes appelés aujourd’hui à reproposer aux nombreux blessés sur le bord de la route – indique la route et la modalité du service que l’Église entend offrir au monde : à sa lumière on peut comprendre ce que signifie un développement « intégral » qui ne fait de tort ni à Dieu ni à l’homme, parce qu’il assume toute la consistance de l’un et de l’autre.

En ce sens, le concept même de personne, né et mûri dans le christianisme, aide à poursuivre un développement pleinement humain. Parce que ‘personne’ dit toujours relation, et non individualisme, affirme l’inclusion et non l’exclusion, la dignité unique et inviolable et non l’exploitation, la liberté et non la contrainte.

L’Église ne se lasse pas d’offrir cette sagesse et son œuvre au monde, consciente que le développement intégral est la route du bien que la famille humaine est appelée à parcourir. Je vous invite à poursuivre cette action avec patience et constance, confiants dans le Seigneur qui nous accompagne. Qu’il vous bénisse et que la Vierge Marie vous protège. Merci.
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Source : https://fr.zenit.org/
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