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 Audience générale : "se lamenter avec dieu est une forme de prière"

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Messages : 2513
Date d'inscription : 17/03/2013

28122016
MessageAudience générale : "se lamenter avec dieu est une forme de prière"




L’Espérance est un chemin difficile, mais elle ne déçoit pas : le Pape l’a rappelé lors de l’audience générale, qu’il a tenue dans la salle Paul VI, ce mercredi 28 décembre. Poursuivant son cycle de catéchèse sur l’espérance chrétienne, le Pape a longuement évoqué la figure d’Abraham, qui malgré sa vieillesse et l’âge avancé de sa femme, Sarah, crut « contre toute espérance » en la Parole de Dieu qui lui promettait un fils.

L’espérance est "cette capacité de croire au-delà des raisonnements humains, de la sagesse et de la prudence du monde pour croire en l’impossible. Elle ouvre de nouveaux horizons, rend capables de rêver ce qui n’est même pas imaginable". "L’espérance est une belle vertu, assure le Pape, mais elle est également un chemin difficile". Abraham l’a d’ailleurs expérimenté, lui qui a quitté sa terre natale, sa maison, ses familles, pour aller dans le pays indiqué par Dieu ; Dieu qui lui avait promis une descendance nombreuse. Pourtant les années passent, le fils tant attendu ne vient pas et le "sein de Sarah reste fermé dans sa stérilité".

Abraham crie alors son découragement à Dieu, il se lamente avec le Seigneur. Et c’est ce qu’il nous enseigne : "se lamenter avec le Seigneur peut être une forme de prière". Car la foi, précise François, "n’est pas un silence qui accepte tout sans répliquer". "Et l’espérance n’est pas une certitude qui mettrait à l’abri du doute ou de la perplexité ; elle ne dispense pas de voir la dure réalité, ni d’en accepter les contradictions".

Abraham se tourne donc vers Dieu, pour qu’Il aide à continuer d’espérer. Et Dieu maintient sa promesse, Il lui répète ce qu’Il lui avait déjà dit. Abraham n’a d’autre choix que de continuer à croire la parole du Seigneur et espérer. Dieu le fait sortir de sa tente, et dans la nuit, lui montre les étoiles du Ciel. Dans la foi, ces étoiles deviennent, pour Abraham, "le signe de la fidélité de Dieu".

Au terme de cette audience générale, la dernière de l'année, le Saint-Père a rappelé la fête des Saints Innocents ;"qu'ils nous aident tous à être forts dans la foi, regardant le Divin enfant, qui, dans le mystère de Noël s'offre pour l'humanité entière". Il a également salué les artistes du Golden Circus, actuellement en tournée à Rome ; plusieurs parmi eux ont rexécuté quelques-uns de leurs numéros, sous les rires et les applaudisseents du Pape et de l'assistance.
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Source : http://fr.radiovaticana.va/

Catéchèse intégrale du pape François :

L’espérance chrétienne – 4. Abraham, père dans la foi et dans l’espérance

Chers frères et sœurs, bonjour !

Saint Paul, dans la Lettre aux Romains, nous rappelle la grande figure d’Abraham, pour nous indiquer le chemin de la foi et de l’espérance. L’apôtre écrit ainsi sur lui : « Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations » (Rm 4,18); “Espérant contre toute espérance”. Ce concept est fort : même lorsqu’il n’y a pas d’espérance, j’espère. Notre père Abraham est comme cela. Saint Paul fait référence à la foi avec laquelle Abraham crut à la parole de Dieu qui lui promettait un enfant. Mais c’était vraiment faire confiance en espérant « contre toute espérance », tant ce que le Seigneur lui annonçait était invraisemblable, parce qu’il était âgé – il avait presque cent ans – et sa femme était stérile. Elle n’y était pas arrivé ! Mais Dieu l’a dit, et il crut. Il n’y avait pas d’espérance humaine parce qu’il était âgé et sa femme stérile: et lui il crut.

Confiant dans cette promesse, Abraham se met en chemin, accepte de quitter sa terre et de devenir un étranger, espérant en cet enfant “impossible” que Dieu devait lui donner malgré le fait que le sein de Sara fut désormais comme mort. Abraham croit, sa foi s’ouvre à une espérance en apparence déraisonnable; c’est la capacité d’aller au-delà des raisonnement humains, de la sagesse et de la prudence du monde, au-delà de ce qui est normalement considéré comme le bon sens, pour croire dans l’impossible. L’espérance ouvre de nouveaux horizons, rend capables de rêver ce qui n’est même pas imaginable. L’espérance fait entrer dans l’obscurité d’un avenir incertain pour marcher dans la lumière. Elle est belle, la vertu de l’espérance ; elle nous donne beaucoup de force pour marcher dans la vie.

Mais c’est un chemin difficile. Et vient le moment, y compris pour Abraham, de la crise du découragement. Il a fait confiance, il a quitté sa maison, sa terre, ses amis, … Tout. Il est parti, il est arrivé dans le pays que Dieu lui avait indiqué, le temps est passé. Faire un tel voyage en ce temps là ce n’était pas comme aujourd’hui, avec les avions – en quelques heures – ; il fallait des mois, des années ! Le temps est passé, mais l’enfant ne vient pas, le sein de Sara reste fermé dans sa stérilité.

Et Abraham, je ne dis pas qu’il perd patience, mais il se plaint au Seigneur. Nous apprenons aussi cela de notre père Abraham : se plaindre au Seigneur est une façon de prier. Parfois j’entends, quand je confesse : “je me suis plaint au Seigneur …”, et [je réponds]: “Mais non ! Plains-toi, Il est père !”. Et c’est une façon de prier : plains-toi au Seigneur, cela est bon. Abraham se plaint au Seigneur en disant : « ‘Mon Seigneur Dieu, […] je m’en vais sans enfant, et l’héritier de ma maison, c’est Élièzer de Damas’. (Elièzer était celui qui gérait toutes les affaires). Abraham dit encore : ‘Tu ne m’as pas donné de descendance, et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier’. Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : ‘Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang’. Puis il le fit sortir et lui dit : ‘Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… ‘ Et il déclara : ‘Telle sera ta descendance !’ Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. » (Gn 15,2-6).

La scène se passe de nuit, dehors tout est noir, mais dans le cœur d’Abraham aussi, il y a l’obscurité de la déception, du découragement, de la difficulté de continuer à espérer dans quelque chose d’impossible. Désormais le patriarche est trop avancé en âge, il semble qu’il n’y ait plus de temps pour un enfant, et que ce sera un serviteur qui succédera en héritant tout.

Abraham s’adresse au Seigneur, mais même si Dieu est présent et parle avec lui, c’est comme s’il s’était éloigné, comme s’il n’avait pas tenu parole. Abraham se sent seul, il est vieux et fatigué, la mort plane. Comment continuer à faire confiance ?

Et pourtant, déjà sa lamentation est une forme de foi, c’est une prière. Malgré tout, Abraham continue à croire en Dieu et à espérer que quelque chose puisse encore arriver. Autrement, pourquoi interpeller le Seigneur, se plaindre à Lui, lui rappeler ses promesses ? La foi n’est pas seulement silence qui accepte tout sans répliquer, l’espérance n’est pas certitude qui te met à l’abri du doute et de la perplexité. Si souvent, l’espérance est obscurité ; mais l’espérance est là … qui te fait avancer. La foi c’est aussi lutter avec Dieu, lui montrer notre amertume, sans “pieuses” dissimulations. “Je me suis mis en colère contre Dieu et je lui ai dit ceci, cela …”. Mais Il est père, Il t’a compris : va en paix ! Il faut avoir ce courage ! Et cela est l’espérance. L’espérance c’est aussi ne pas avoir peur de voir la réalité pour ce qu’elle est et d’en accepter les contradictions.

Abraham donc, dans la foi, s’adresse à Dieu pour qu’il l’aide à continuer à espérer. C’est curieux, il ne demanda pas un enfant. Il demanda : “Aide-moi à continuer à espérer”, la prière pour avoir l’espérance. Et le Seigneur lui répond en insistant avec sa promesse invraisemblable : l’héritier ne sera pas un serviteur, mais un enfant né d’Abraham, engendré par lui. Rien n’a changé, de la part de Dieu. Il continue à confirmer ce qu’il avait déjà dit, et n’offre pas de prétextes à Abraham, pour qu’il se sente rassuré. Son unique sécurité est de se fier à la parole du seigneur et de continuer à espérer.

Et ce signe que Dieu donne à Abraham est une demande de continuer à croire et à espérer : « Regarde le ciel, et compte les étoiles… Telle sera ta descendance » (Gn 15,5). C’est encore une promesse, c’est encore quelque chose à attendre dans l’avenir. Dieu fait sortir Abraham de sa tente, en réalité de ses visions étriquées, et lui montre les étoiles. Pour croire, il faut savoir voir avec les yeux de la foi ; ce sont seulement des étoiles, que tout le monde peut voir, mais pour Abraham elles doivent devenir le signe de la fidélité de Dieu.

C’est cela la foi, c’est cela le chemin de l’espérance que chacun de nous doit parcourir. Si à nous aussi il ne reste comme unique possibilité que celle de regarder les étoiles, alors il est temps de nous confier à Dieu. Il n’y a rien de plus beau. L’espérance ne déçoit pas. Merci.
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Source : https://fr.zenit.org/
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